jeudi 17 mai 2018

Review : Joe Golem - Détective de l'Occulte (Delcourt)

On a tous des "profils", des choses qu'on apprécie, qui nous touchent et qui nous ressemblent tellement que les gens qui nous connaissent bien ne sont pas étonnés qu'on les aime. Quand j'ai parlé de ce premier tome de Joe Golem à mes amis, leur première réaction a été "Ouais, ça m'étonne pas, c'est ton profil". Et je ne peux que confirmer leurs dires.



De la couverture au design retro, au titre savamment vintage en passant par les noms des auteurs et un synopsis mystérieux et alléchant, tout était destiné à me plaire dans cette nouvelle série signée Mike Mignola et Christopher Golden.


Joe Golem nous narre les aventures de Joe, détective New-Yorkais dans un monde où un grand désastre a plongé une grande partie de Manhattan sous les eaux. Travaillant pour son mentor et confrère vieillissant, Simon Church, Joe est assailli de visions aussi nocturnes qu'étranges dans lesquelles il est un golem à qui on a insufflé la vie pour mener un combat sanglant contre des sorcières, quelque part dans l'Europe de l'Est du 15ème siècle.



Ce premier tome verra Joe enquêter tout d'abord sur une série d’enlèvements d'enfants perpétrés par une créature aquatique hantant les canaux de la ville engloutie. Puis, il accompagnera Church dans sa recherche d'un grimoire qu'un nécromancien amateur essaie d'utiliser pour ramener ses proches à la vie. Deux enquêtes, et donc deux aventures, assez basiques dans leur déroulé et leurs rebondissements mais l'objectif de ces premiers épisodes n'est pas encore de nous scotcher à notre fauteuil.


Ici, on découvre un nouveau monde. Comme Lord Baltimore, Joe Golem ne fait pas partie du Hellboy-verse de Mignola. Les influences sont les mêmes que celles qui sous-tendent l'univers du BPRD et tous ses membres, un subtil mélange de films noirs, de culture pulp et de créatures Lovecraftiennes, mais nous n'en saisissons pas encore tous les tenants et les aboutissants. 


On évolue dans une Grosse Pomme inondée dans laquelle les orphelins sont des "Rats des Canaux" et où les monstres se terrent dans les vestiges de la civilisation. Cet univers à peine appréhendé, on commence à se poser les questions que les intrigues nous posent sans y répondre. Quels sont les secrets de Church ? Comment ou pourquoi Joe est-il devenu humain ? Le Grand désastre a-t-il une raison purement tectonique ?


Le tout est porté par le travail graphique de Patric Reynolds, un habitué des intrigues sous-marines qui a déjà oeuvré sur plusieurs histoires de Abe Sapien. Jouant tout en clair obscur, l'artiste donne une personnalité à ses décors et à ses personnages. Petit fait un peu marrant, avant de lire les commentaires du sketchbook situé à la fin du volume, il me semblait reconnaitre les traits de Lino Ventura dans le personnage de Joe avant de réaliser que le sieur Reynolds s'était inspiré de Clancy Brown.


Intriguant et intéressant, ce premier volume de Joe Golem - Détective de l'Occulte saura sans aucun doute les lecteurs qui - comme moi - ont le "profil" de fan de Mignola.

 

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