dimanche 22 novembre 2015

Convention : Val en Bulles

C'est une nouvelle fois avec Raidn de L'Instant Comics que j'ai pris ma besace en ce samedi après-midi pour me rendre au Salon International de la BD à Valenciennes aussi connu sous le nom de Val en Bulles. Une nouvelle convention à mon actif et sans doute l'une des plus jouissives à de nombreux niveaux.


Déjà pour les stands qui étaient nombreux et variés : comics, mangas, franco-belge, jeux vidéos, cosplays, j'en passe et des meilleures... L'occasion de faire quelques achats pas piqués des hannetons.


Deuxième point positif : l'ambiance. Bercé par la musique de The Cure pendant une bonne heure (qui aurait pu durer tout l'après-midi en ce qui me concerne), déambuler dans les allées du salon a été un plaisir de même que les conversations avec les divers exposants et les fans. Notamment avec Jean Depelley, ancien rédacteur en chef de Metaluna et scénariste de cinéma avec qui j'ai eu le bonheur de parler cinéma de genre et du DVD Marvel 14 : Les Super-héros contre la Censure dont je ferais certainement une review dans les semaines à venir.





Alors que certains paient une fortune pour approcher un Frank Miller à la Comic Con Paris, force est de constater que la petite fée des conventions a casté un spell de proximité sur le festival. La plupart des auteurs étaient là - certains ayant annulé leur venue en France en raison de l'actualité - , proches de vous et prêts à vous faire une petite signature, à vous offrir un sketch ou à répondre à vos questions.


Accessibles... Voilà ce qu'ils étaient. Accessibles et nombreux d'ailleurs... Outre des sommités telles que James O'Barr (The Crow) ou Xavier Fournier (rédacteur en chef de Comic Box), il vous était possible de rencontrer les frères Fumiara (Abe Sapien), Laurent Lefeuvre (Fox-Boy), Mast (divers séries chez Marvel), Nora Moretti (Princesse Sara), Jeff Stokely (Six Gun Gorilla), Miran Kim (les covers de X-Files) et encore beaucoup d'autres auxquels je présente mes excuses pour ne pas les avoir présentés et dont vous pouvez trouver la liste sur la page ci-dessous :

http://www.valenbulles.fr/auteurs/


Il n'en fallait pas plus d'ailleurs pour que le bloggueur en moi reprenne le pas sur le fanboy. J'ai donc profité de ces rencontres pour poser une question à chacun des intervenants que j'ai eu l'honneur de rencontrer. N'étant pas un professionnel (en gros... vu que je n'ai pas de dictaphone pour enregistrer les réponses) ces "interviews" sur le vif seront basées sur les quelques notes que j'ai pris après nos discussions.

- Une question à Jeff Stokely (Six Gun Gorilla)

Fun en Bulle : Comment vous est venu le design du Six Gun Gorilla ? Vous êtes vous basé sur les gorilles du cinéma (King Kong, La Planète des Singes...) ?

Jeff Stokely : Pas du tout. En fait, je me suis basé sur de vrais gorilles. Sur mes premiers dessins, j'avais essayé de faire quelque chose de plus humanoïde mais on s'est rendus compte que ça ne marchait pas. Un vrai gorille... sa masse... sa façon de bouger... nous paraissait plus... inquiétante... J'ai donc dessiné un vrai gorille.
 
D'ailleurs, il m'a dessiné un vrai gorille
Anecdote : Alors que j'attendais ma dédicace de Jeff Stokely, un responsable du salon est venu le voir parce que quelqu'un de chez Ankama voulait le voir. L'intéressé a répondu qu'il était là pour le public et non pour l'éditeur et qu'il viendrait seulement quand il le pourrait. Un mec bien...
 
- Une question à Sebastian Fumiara (Abe Sapien)

Fun en Bulle : Vous avez travaillé sur Abe Sapien, mais aussi sur Lobster Johnson qui est complètement complètement ma série préférée dans le Hellboy-verse. Ma question est simple : Comment avez vous vécu cette expérience ?

Sebastian Fumiara : Déjà quand on m'a demandé de travailler sur Abe Sapien, j'étais heureux, mais travailler sur Lobster Johnson avec John Arcudi a vraiment été un honneur. J'aime beaucoup les histoires de John et le look de Lobster Johnson qui est très sympa à dessiner. J'espère vraiment pouvoir retravailler sur cette série dans l'avenir mais on ne me l'a pas encore redemandé...


- Une question à Xavier Fournier (rédacteur en chef de Comic Box et auteur de Super-Héros : Une Histoire Française)

Fun en Bulle : Question qu'on vous a sans doute souvent posé : Comment êtes vous tombé dans les comics ?

Xavier Fournier : A mon corps défendant. Ma grand-mère avait gagné un Strange dans une tombola... Comme elle n'en avait rien à faire, elle l'a donné à mon père... Comme il n'en avait rien à faire, il me l'a donné. A l'époque, on ne trouvait pas les comics aussi facilement qu'aujourd'hui alors je l'ai lu et relu. Puis, une année, en vacances, j'en ai trouvé d'autres. Ma famille m'en a offert d'autres. Comme j'avais beaucoup de Strange, on a commencé à m'offrir des Special Strange... puis des Titans... Voilà... C'est comme que ça a commencé...


- Une question à James O'Barr (The Crow)

Fun en Bulle : Can I take a picture with you ?

James O'Barr : Of course.

Bah oui, face à la légende... Je n'ai pas eu d'idée... et le fanboy a repris le dessus.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Lors d'une escapade à l'extérieur pour... Bon, fumer tue, c'est pas bien... mais ça m'a donné l'occasion de me retrouver tête à tête avec l'auteur californien pour parler de... la météo qui était déplorable en fin d'après-midi.

Fun en Bulle : Shitty weather hey...
James O'Barr : Sure...
 
Ceci est une reproduction fantasmée de la scène...
En guise de conclusion, je souhaiterais adresser un grand merci aux organisateurs passionnés qui ont réussi à monter ce salon qui - même s'il n'était pas l'un des plus grands que j'ai pu faire pourrait être cité en exemple pour la façon dont on a pu être proche des invités - et espère de tout coeur y retourner pour la prochaine édition.

mercredi 11 novembre 2015

Review : Bone : L'Intégrale (Delcourt)

A moins d'être assis sur une montagne d'or, vous avez - comme moi - des difficultés à vous procurer régulièrement tous les comics que vous souhaiteriez. Tout le monde n'a pas la chance d'être un chroniqueur comics célèbre (si tant est que cela existe) et de recevoir gratuitement des exemplaires des volumes qui embelliraient grandement nos collections. Nous nous tournons donc vers des moyens détournés pour assouvir notre soif de lecture : sites de vente d'occasion, brocantes ou médiathèques.
 
NDLR : Cette review vous est présentée par Doritos et Mountain Dew
C'est lors d'une expédition dans l'une de ces dernières que j'ai découvert Bone de Jeff Smith. Par chance, les 11 volumes et les deux hors-séries complétant la saga étaient tous présents sur les rayonnages. De plus - comble du bonheur - ils ne présentaient pas le moindre graffiti, pas la plus petite page cornée ou arrachée et surtout ils ne souffraient d'aucune de ces maladies étranges qui affectent souvent les ouvrages mis à la disposition du public. A savoir la vieille odeur de tabac froid chronique et le décollement du dos dont vous avez peur qu'il soit reproché et qu'une libraire acariâtre vous demande de rembourser le livre.
Je vous jure qu'il était comme ça quand je l'ai emprunté
J'étais donc dans les meilleurs conditions pour me lancer dans une aventure épique. Depuis longtemps - à vrai dire depuis que j'ai eu fini de la lire - j'ai eu envie de l'ajouter dans ma bibliothèque et c'est l'occasion que Delcourt nous offre aujourd'hui avec la sortie d'une intégrale aussi lourde (2,5 kilos) qu'imposante (environ 1200 pages). En voilà une nouvelle qu'elle est... Bone.

Tout commence alors que trois Bones - personnages ressemblant au fruit d'une nuit d'amour entre Casper le gentil fantôme et un Adipose de Doctor Who - Fone Bone et ses cousins Phoney Bone et Smiley Bone se voient exilés de leur foyer de Boneville à cause des magouilles politico-financières de Phoney. Après avoir traversé un désert, nos trois héros se voient séparés à cause d'un nuage de sauterelles avant d'atterrir dans une vallée médiévale où vivent des humains.

Finalement réunis, les trois cousins sont recueillis par Mamie Ben - une vieille dame à la force herculéenne qui aime faire la course contre des vaches - et sa petite fille Thorn dont Fone tombe aussitôt amoureux. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le Sans-Visage, un être aussi sinistre que mystérieux n'avait pas décidé de conquérir la paisible vallée à l'aide de son armée de Rats-Garous. Alors que la guerre se prépare, les Bones devront faire preuve de courage pour sauver leurs amis car le Sans-Visage semble avoir des projets pour la belle Thorn.

Que se passerait-il si Lord of the Rings passait une nuit torride avec Picsou Magazine ? Et bien, il se passerait Bone ! La série de Jeff Smith est un somptueux mélange d'heroic-fantasy et des bandes dessinées de Carl Barks. Si la cupidité de Phoney le font ressembler à l'Oncle Picsou, la simplicité d'esprit et le bon coeur de Smiley en font un émule de Dingo alors que Fone représente le héros au coeur pur que Mickey continue de représenter.
 
Et on sait tous à quel point Mickey peut être un héros badass
Pourtant, on y croit pas au début. Fone sympathise avec les insectes et une famille d'opossums sous l'oeil d'un dragon de dessin animé et n'évite de finir en quiche sous les crocs des Rats-Garous que grâce à leur stupidité. On pense avoir un comics pour enfants entre les mains...

Mais tous ces personnages au potentiel comique seront les acteurs d'une quête qui les dépasse (et NOUS dépasse) mais qu'ils affronteront tels un hobbit destiné à sauver le monde. Les trois cousins se surpasseront pour sauver la vallée des dangers qui la menacent, n'hésitant pas à se mettre en danger et prouvant une fois de plus que "même la plus petite personne peut changer le cours de l'avenir".

Terrifiante - Kingdok ou Rock Jaw sont des créatures de cauchemars - et épique tout en sachant drôle et tendre à la fois, Bone reste à ce jour un des comics qui donne au genre son statut d'art. La critique ne s'y d'ailleurs pas trompé en la récompensant de plusieurs Eisner Awards.

L'édition intégrale que propose Delcourt aujourd'hui comprenant la série dans son intégralité et EN NOIR ET BLANC comme elle l'était à la base et aurait du rester. Si comme moi, vous n'êtes toujours pas assis sur une montagne d'or et que vous avez envie de lire quelque chose d'aussi beau que différent, vous savez ce que vous pouvez mettre en première place sur votre liste au Père Noel.

Parce que vous l'avez bien mérité !

dimanche 25 octobre 2015

Comics Theory - Lenin on a Prayer

Nouvel épisode de Comics Theory !

Explorons ensemble la représentation de la Russie Communiste et de ses citoyens dans les comics des années 60 à nos jours.

Une émission qui sent bon la vodka et le ticket de rationnement.

 

vendredi 23 octobre 2015

VO-Day : Back to the Future #1 (IDW)

Tout le monde aime Retour Vers le Futur ! N'échappant pas à la règle, je dois avouer que je voue un véritable culte aux aventures temporels de Marty McFly et Doc Brown. Je connais les films par coeur et prend toujours le même plaisir à les voir et les revoir en quête d'un détail qui m'aurait échappé lors des 60 visionnages précédents.
 
Un exemple de détails poussés à l'extrême
Ces films sont ma Madeleine de Proust. Le reflet d'une époque où un film de divertissement familial pouvait être intelligent, drôle, émouvant, palpitant et bien pensé. Les répliques sont cultes, le jeu des acteurs impeccable jusque dans les moments où ils surjouent (et Dieu sait qu'ils surjouent)... La trilogie reste pour moi un monument de perfection du cinéma.


Une perfection qui ne saurait d'ailleurs être salie ou pervertie par la mise en route d'une séquelle ou d'un reboot très en vogue à Hollywood ces dernières années, tant Robert Zemeckis et Bob Gale - les papas de la saga - se sont toujours opposés à ce qu'on ajoute quoique ce soit à leur travail (sur grand écran, la série animée c'est une autre histoire)... jusqu'à ce jour du 21 octobre 2015.


Célébrant l'arrivée de Doc et Marty dans le futur où les skate-boards et les voitures volent, IDW nous propose une série de comics Back to the Future qui - au contraire de la série animée ou des comics qui en sont inspirés - s'intègre dans le canon (la continuité) des films.


Le premier numéro nous emmène en 1885 alors que Doc tente de construire un nouvel engin spatio-temporel pour rejoindre Marty. Profitant d'une pause bien mérité, il décide de raconter à ses enfants Jules et Verne (ceci n'a jamais été un prénom) l'histoire de sa rencontre avec Marty.


J'ai rêvé de ce moment ! J'ai passé des soirées entières à me demander comment l'ado le plus cool de Hill Valley et le scientifique à la crinière argentée étaient devenus amis. J'avais des théories basées sur des éléments de décor, des extrapolations, des rêves et des chimères plein la tête et enfin, j'allais avoir ma réponse.


Je ne dirai rien ici pour ne pas spoiler celles et ceux qui ont envie de la découvrir par eux-mêmes... mais... j'aurais préféré ne pas le savoir je crois. Il n'est pas question de retcon ici, ni même de négationnisme comme on peut en trouver dans pas mal de séries dérivées de films ou de séries TV... mais j'aurais préféré ne pas savoir.


A l'instar d'un Blade Runner (réplicant ou pas réplicant ?), d'un Total Recall (rêve ou réalité ?) ou d'un Inception (ava tomber la toupie ou pas ?), ne pas avoir de réponses à certaines questions qu'on peut légitimement se poser face à un film fait un peu tout le sel de ce film et lui permet bien souvent d'acquérir ce statut de "film culte". Pourquoi ? Parce qu'on ne sera jamais satisfaits avec la réponse !


Du coup, et ce bien que l'histoire soit écrite par Bob Gale lui-même, "When Marty Met Emmet" m'a effectivement déçu. La rencontre des deux héros manque de punch, Marty fait montre d'une vivacité d'esprit qui n'a jamais été la sienne dans les films et les dessins de Brent Schoonover ne sont pas terribles. En effet tous les personnages ont l'air de faire une lourde dépression... Seuls points positifs de cette histoire : Needles est égal à lui-même et j'ai appris quel était le deuxième prénom de Doc, le L de Emmett L. Brown.


En revanche, la seconde histoire de ce premier numéro "Looking For a Few Good Scientists" a le mérite d'être déjà plus intéressante. Située en 1943, on y découvre un jeune Doc enseignant à Caltech et recruté par Robert Oppenheimer pour se joindre à un projet gouvernemental.


Ici les dessins de Dapper Dan (qui a entre autres officié sur le comics Ghostbusters) sont bien plus beaux également et sont sans doute basés sur des photos de Christopher Lloyd jeune. Dommage que cette partie de l'issue ne compte que 6 pages, mais elle est à suivre dans le prochain numéro.


Véritable hommage ou tentative de surfer sur la vague nostalgique des 80's ? Back to the Future #1 ne contient pas encore assez d'éléments pour répondre à cette question. Ce qui serait bien, ce serait d'avoir une DeLorean et de foncer à 88 miles à l'heure pour aller se procurer en avance les prochains numéros. Il parait que c'est faisable... et il n'y a qu'une personne au monde qui peut m'aider !


A bientôt les Sidekicks.

vendredi 16 octobre 2015

Review : La Cité d'Oz (Panini Comics)

Vous reprendrez bien une dernière dose d'Oz ?


Sixième et dernier tome de la série d'Oz produite par Marvel, La Cité d'Oz nous plonge encore une fois dans cette contrée féérique et absurde. Force est de constater que contrairement à nos amis américains ont été bien plus bercés par les aventures de Dorothée que nous. Des expressions comme "flying monkeys" trouvant en effet leur origine dans les ouvrages de L. Frank Baum alors que nous avons dû nous contenter d'un dessin animé japonais diffusé sur la défunte 5.
 
Gime five si vous souvenez de celui-là
Adaptation de The Emerald City of Oz, 6ème roman de la série d'Oz (qui aurait dû être le dernier d'ailleurs, mais des soucis financiers ont poussé Baum à écrire 8 séquelles), l'ouvrage met une nouvelle fois la petite Dorothée du Kansas en vedette. Vivant toujours avec son oncle Henri et sa tante Em, la petite famille se voit mettre à la porte de leur ferme par une banque avide de profits et Dieu sait comment l'adolescente va pouvoir gagner de quoi vivre.
 
Je me rends compte de 2 choses :
1 - Ca fait des années que je ruine tout ce qui était beau dans votre enfance
2 - OH MY GOD y'a une naine sur cette jaquette et ça donne pas envie de voir le film


Mais pas de ça dans un conte pour enfants ! Dorothée décide donc de refuser l'appel du trottoir pour celui de la route pavée de briques jaunes. Son oncle et sa tante seront également du voyage cette fois-ci (l'occasion pour eux d'arrêter de croire que leur nièce est bonne à enfermer) et se feront une visite de la fabuleuse contrée d'Oz.
 
Par contre Return to Oz est un film magnifique
Ils rencontreront un peuple de silhouettes découpées dans du papier, des aliments et des ustensiles parlants, rencontreront les habitants des cités d'Alarmiste-Ville et de Charabia-Ville parmi d'autres aventures. Les anciens compagnons de Dorothée : le Lion Poltron, l'Epouvantail et le Bucheron en Fer Blanc seront eux aussi de la partie.
 
On dirait la pub pour Freedent
Et tout l'astuce de cette troupe ne sera pas de trop, car le terrifiant Roi des Nomes est de retour ! Ce sinistre monarque est bien décidé à récupérer la ceinture magique que la Princesse Ozma lui a prise des années auparavant et il n'hésitera pas à s'allier à une armée de créatures sinistres pour envahir le pays d'Oz.


L'univers de La Cité d'Oz a beau être enfantin, il conserve un charme et une innocence que même mes blagues les plus salaces ne parviendront sans doute jamais à dénaturer. Les lieux et les personnages sont enchanteurs et l'humour reste omniprésent comme lors du procès de Dorothée, jugée par des ustensiles de cuisine doués de la parole. Le scénariste Eric Shanower a su adapter le récit d'origine avec brio car jamais les nombreuses scènes ne semblent trop longues ou trop courtes. Ce qui pouvait prendre une page à décrire dans le roman peut être ici résumé en quelques coups de crayons.


Et quels coups de crayons ! Je n'écris à vrai dire cet article que pour pouvoir vous parler du talent de Skottie Young. Le trait est atypique mais parfaitement adapté à l'univers de conte de fées des romans. Young donne vie à un véritable folklore de créatures magiques et on devine le plaisir qu'il a du prendre à s'attaquer aux nombreux personnages non humains du pays d'Oz. Rien que ses planches constituent en elles-même une excellente raison de foncer chez votre libraire préféré pour vous procurer les 6 tomes de la série.



En attendant, disons aurevoir à Dorothée, Toto et tous leurs amis... et... Goodbye Yellow Brick Road.


vendredi 9 octobre 2015

Top 5 : Des Romans Pour les Fans de Comics

Accrochez-vous pour une révélation des plus fracassantes : je ne lis pas QUE des comics ! A vrai dire, ma bibliothèque classique compte pratiquement autant de volumes que ma bibliothèque comics. Après tout, les super-héros ne sont ils pas les dignes héritiers des classiques de la littérature ? Batman a beau être le plus grand détective du monde, je connais un fumeur de pipes qui lui dispute le titre... Si Jekyll avait pris des rayons Gamma à la place de sa potion, qui nous dit qu'il ne serait pas devenu vert ? Ce genre de comparaisons peut se décliner à l'infini, mais intéressons-nous aujourd'hui à 5 romans qui, de par leurs héros ou les thèmes qu'ils abordent sont de véritables comics en prose.

5 - La Nuit des Enfants-Rois


Commençons par un roman français mes chers Sidekicks ! Bernard Lentéric accoucha en 1981 de cette histoire de sept enfants géniaux réunis grâce à un super ordinateur qui... est programmé pour les trouver... Victimes d'une agression des plus violentes un soir dans Central Park, ces adolescents en viendront à vouloir détruire l'humanité. Seul Jimbo, le "connecticien" qui a créé le super ordinateur pourra se dresser entre eux et l'apocalypse.
 
La Kryptonite des Enfants-Rois
Comment devient-on un supervilain ? De la même manière que ces sept prodiges... Le roman nous montre comment l'intelligence de ces adolescents les met à l'écart du monde avant de faire d'eux la cible d'une violence on ne peut plus traumatisante. La scène de l'agression n'a beau être que des mots sur du papier, je vous assure qu'elle m'a marqué pendant de longues semaines. Dès lors, les Enfants-Rois s'unissent afin de créer un monde où ils auront leur place et cela passe par la destruction des "gens stupides" qui constituent l'actuelle espèce dominante... Les Enfants-Rois émules de la Confrérie des Mauvais Mutants ?
 
Ca m'a autant marqué que Deliverance pour vous dire
4 - Le Cycle de Mars


Attention ! Texte fondateur de ma culture littéraire, Le Cycle de Mars de Edgar Rice Burroughs nous conte les aventures de John Carter, ancien officier de la Guerre de Sécession et chercheur d'or, projeté sur la planète Mars (Barsoom pour ses habitants). Il y vivra de nombreuses aventures, sauvera et épousera la princesse Dejah Thoris.
 
Mais John finira par rentrer chez lui parce que...
Superman, Flash Gordon, Adam Strange et beaucoup d'autres héros sont tous les enfants de John Carter ! Les aventures sont exotiques, l'action omniprésente et notre héros disposent même de super-pouvoirs quand la gravité de Barsoom (moindre que celle de la Terre) lui confère une force et une agilité décuplée. Pulp de SF d'une qualité rarement égalée à l'époque et encore moins par les nombreux hommages qui lui ont été rendus depuis (à part Le Cycle du Guerrier de Mars de Moorcock), les aventures de John Carter sont à lire OBLIGATOIREMENT si vous voulez en savoir davantage sur les vraies origines de vos héros favoris. Allez lire les premiers tomes et revenez finir ce top plus tard !
 
Et le film était pas si mal que ça...
3 - Les Plus qu'Humains


Quand j'ai lu Cristal qui Songe, un autre roman de Theodore Sturgeon... j'ai eu les larmes aux yeux. Comment un tel génie de la SF peut il rester aussi inconnu du grand public ? Ses romans et ses nouvelles sont au niveau d'un Philip K. Dick. Voilà pour la mise en bouche.
 
En plus, je trouve qu'il a une bonne tête
Les Plus qu'Humains raconte l'histoire de l'Idiot, un personnage - doué de télépathie - rejeté parce qu'il est différent. Il fera la rencontre d'autres êtres comme lui, chacun doté d'un don différent. Ensembles (dans tous les sens du terme), ils seront l'Homo-Gestalt : la prochaine étape de l'évolution humaine... Vous voyez où je veux en venir ? Et ce roman date de 1953, soit plus de 10 ans avant la création des X-Men...
 
Cherche pas, t'as tort...
S'il fallait résumer Les Plus qu'Humains en un mot, ça serait "solitude". Le roman est d'une mélancolie profonde qui exprime le désir de ces différents individus à faire partie d'un monde qui les rejette et les crains. Une autre lecture essentielle pour tous les fans de la condition mutante et un auteur à découvrir pour tous les fans de SF qui ne se sont pas encore jetés sur ses oeuvres.

2 - Neverwhere


Il fallait bien que Neil Gaiman soit de la partie. Auteur de romans acclamés par la critique (American Gods est un chef d'oeuvre) et de comics vertigineux (Sandman en tête), l'ami Neil a su marier ses deux gagnes pains à de nombreuses reprises, mais c'est sur Neverwhere que j'ai eu envie de m'arrêter.
 
Mais lisez American Gods aussi
Mini-série en 6 épisodes à l'origine, Neverwhere est devenu un roman lorsque Gaiman s'est trouvé fort déçu par l'adaptation de son scénario. Il a donc repris sa plume pour nous narrer à nouveau les tribulations du jeune cadre dynamique Richard Mayhew. Chevaleresque, le jeune homme protège une jeune fille nommée Porte et se retrouve projeté dans le monde du Londres d'En-Dessous : un univers aussi différent du nôtre qu'il en est proche.
 
Attention, ceci n'est PAS le Londre d'En-Dessous
Anges, tueurs à gages à la force surhumaine, vampires, Parle-aux-rats, pouvoirs téléporteurs, moines télépathes, chevaliers du métro et le Marquis de Carabas (une espèce de magicien et le personnage le plus stylé du monde... même dans la série TV) se dresseront aux côtés ou face à Richard dans cette aventure de fantasy urbaine que je vous conseille de toute urgence.
 
Il est motherfucking stylé quand même
1 - Doc Savage


Il fallait bien s'en douter ! Si vous connaissez ce blog depuis quelques temps, vous savez que c'est le Pulp qui coule dans mes veines et je ne parle pas d'une quelconque contrefaçon d'Orangina.
 
Attention : ceci n'est PAS le Pulp dont je parle
Doc Savage est fort. Doc Savage est intelligent. Doc Savage a un quartier général au 86ème étage de l'Empire State Building du haut duquel il vient en aide à la veuve et l'orphelin avec l'aide de ses 5 compagnons... qui ne sont en fait que des faire-valoirs tant Doc les surpasse en toutes choses. Ah oui... et Doc a une retraite dans l'Arctique qu'il appelle la Forteresse de Solitude... bien avant l'autre ET en collants...


 Lire les aventures de Doc Savage par Kenneth Robeson (un nom de plume collectif qui regroupe une petite dizaine d'auteurs bien que la plupart des histoires du Doc soient nés de l'imagination de Lester Dent) c'est lire la quintessence du Pulp. Les histoires sont simples et suivent quasiment toute la même trame narrative (on ne change que le nom et la couleur des cheveux de la demoiselle en détresse, on remplace les trafiquants d'opiums par des nazis dérobant des antiquités, le vilain troque son sous-marin contre un dirigeable et ainsi de suite) mais elles sont... pures. Chaque chapitre contient son lot de rebondissements absurdes et finit sur un cliffhanger résolu en deux paragraphes dans le chapitre suivant. Doc a toujours LA capacité qui va lui permettre de se sortir de n'importe quelle situation... et c'est tellement jouissif que nombre des éléments de ses aventures ont inspiré tout autant d'éléments dans les comics. Pour moi, ne cherchez pas plus loin qui était le premier superhéros de l'histoire... c'est Clark (tiens tiens) Savage Jr, l'homme de bronze.
 
Par contre, évitez les deux films comme la peste...
J'espère que ce Top vous aura plu. Avez-vous d'autres romans en tête ? N'hésitez pas à commenter et à partager l'article. A la prochaine.