Affichage des articles dont le libellé est Mignola. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mignola. Afficher tous les articles

jeudi 17 mai 2018

Review : Joe Golem - Détective de l'Occulte (Delcourt)

On a tous des "profils", des choses qu'on apprécie, qui nous touchent et qui nous ressemblent tellement que les gens qui nous connaissent bien ne sont pas étonnés qu'on les aime. Quand j'ai parlé de ce premier tome de Joe Golem à mes amis, leur première réaction a été "Ouais, ça m'étonne pas, c'est ton profil". Et je ne peux que confirmer leurs dires.



De la couverture au design retro, au titre savamment vintage en passant par les noms des auteurs et un synopsis mystérieux et alléchant, tout était destiné à me plaire dans cette nouvelle série signée Mike Mignola et Christopher Golden.


Joe Golem nous narre les aventures de Joe, détective New-Yorkais dans un monde où un grand désastre a plongé une grande partie de Manhattan sous les eaux. Travaillant pour son mentor et confrère vieillissant, Simon Church, Joe est assailli de visions aussi nocturnes qu'étranges dans lesquelles il est un golem à qui on a insufflé la vie pour mener un combat sanglant contre des sorcières, quelque part dans l'Europe de l'Est du 15ème siècle.



Ce premier tome verra Joe enquêter tout d'abord sur une série d’enlèvements d'enfants perpétrés par une créature aquatique hantant les canaux de la ville engloutie. Puis, il accompagnera Church dans sa recherche d'un grimoire qu'un nécromancien amateur essaie d'utiliser pour ramener ses proches à la vie. Deux enquêtes, et donc deux aventures, assez basiques dans leur déroulé et leurs rebondissements mais l'objectif de ces premiers épisodes n'est pas encore de nous scotcher à notre fauteuil.


Ici, on découvre un nouveau monde. Comme Lord Baltimore, Joe Golem ne fait pas partie du Hellboy-verse de Mignola. Les influences sont les mêmes que celles qui sous-tendent l'univers du BPRD et tous ses membres, un subtil mélange de films noirs, de culture pulp et de créatures Lovecraftiennes, mais nous n'en saisissons pas encore tous les tenants et les aboutissants. 


On évolue dans une Grosse Pomme inondée dans laquelle les orphelins sont des "Rats des Canaux" et où les monstres se terrent dans les vestiges de la civilisation. Cet univers à peine appréhendé, on commence à se poser les questions que les intrigues nous posent sans y répondre. Quels sont les secrets de Church ? Comment ou pourquoi Joe est-il devenu humain ? Le Grand désastre a-t-il une raison purement tectonique ?


Le tout est porté par le travail graphique de Patric Reynolds, un habitué des intrigues sous-marines qui a déjà oeuvré sur plusieurs histoires de Abe Sapien. Jouant tout en clair obscur, l'artiste donne une personnalité à ses décors et à ses personnages. Petit fait un peu marrant, avant de lire les commentaires du sketchbook situé à la fin du volume, il me semblait reconnaitre les traits de Lino Ventura dans le personnage de Joe avant de réaliser que le sieur Reynolds s'était inspiré de Clancy Brown.


Intriguant et intéressant, ce premier volume de Joe Golem - Détective de l'Occulte saura sans aucun doute les lecteurs qui - comme moi - ont le "profil" de fan de Mignola.

 

mardi 16 janvier 2018

VO-Day : Koshchei The Deathless #1 (Dark Horse Comics)

L'univers d'Hellboy a cet avantage indéniable de bénéficier de la passion de Mike Mignola pour les légendes et les folklores venus de toutes les contrées pour alimenter un vivier de personnages des plus charismatiques. Si plusieurs héros ont déjà émergé pour avoir leurs propres séries ongoing ou leurs mini-séries (on attend toujours de nouvelles aventures de Lobster Johnson et de Edward Grey en VF d'ailleurs), c'est aujourd'hui à l'un des ennemis du Fils des Enfers que le maestro consacre une aventure en 6 épisodes : Koshchei le Non Mort.


Initialement apparu dans L'Appel des Ténèbres, Koshchei était à l'époque un serviteur récalcitrant de la Baba Yaga chargé de tuer Hellboy. Personnage énigmatique mais non dénué d'une certaine noblesse, il n'accepte d'obéir à la sorcière qu'en échange du seul trésor qu'il convoite : la mort. Un trépas qu'il connaitra finalement aux mains de son adversaire... mais ce n'est que le début de l'histoire.


En effet, Koshchei retrouve l'ex-agent du BPRD dans une taverne quelque part en Enfer. N'ayant plus besoin ni envie de se battre, le guerrier et le démon prennent tranquillement un verre ensemble et c'est au cours de cette rencontre tout à fait amicale que l'immortel issu du folklore russe contera ses origines. Batailles sanglantes, dragons, sorcellerie, trahison et compromis avec les forces des ténèbres émailleront le récit qui feront d'un soldat un être invincible et immortel.


Inspiré en très grande partie du véritable conte russe, Koshchei The Deathless nous rappelle que Mignola est un véritable expert en mythologies et possède un talent indéniable pour se réapproprier des histoires que les enfants ont écouté depuis des siècles. Empreintes de tristesse et de magie, la vie et les déconvenues du personnage principal le font paraître bien à la fois bien plus humain de par les erreurs qu'il a pu commettre et bien moins noble de par le sombre chemin qu'il empruntera.


Qui aurait pu mieux mettre en images cette légende en marche que Ben Stenbeck ? Bon... Ok... Mignola aurait pu le faire... mais son vieux complice nous rappelle que ce n'est pas pour rien qu'ils ont collaboré notamment sur Lord Baltimore. Les planches sont très "médiévalesques" avec quelques fulgurances comme la rencontre avec la Baba Yaga et l'imagerie de son histoire sur les dragons. Le tout est encré par un Dave Stewart qui semble avoir compris qu'une palette de couleurs restreinte est l'outil indispensable pour accentuer la mélancolie et l'ironie tragique de ce récit. Ou quand la colorimétrie magnifie le propos d'un comics.


Excellente surprise en définitive, Koshchei The Deathless apporte un background et un regard nouveau sur un personnage dont beaucoup ont reconnu la valeur lors de sa courte apparition dans les pages de Hellboy. En même temps qu'une sortie en VF, prenons donc le temps de rêver à tous ces vilains dont Mignola pourrait encore nous narrer les origines avec autant de brio.

 

lundi 23 octobre 2017

Review : Black Hammer - Origines Secrètes (Urban Comics)

Pas plus tard qu'il y a deux jours, j'ai entendu quelqu'un soulever la question "Jeff Lemire est-il meilleur quand il travaille pour Marvel et DC ou chez des éditeurs plus indépendants ?". Personnellement, ma réponse serait "Jeff Lemire est bon tant qu'il écrit ce qu'il aime. Il n'y a qu'à lire Trillium ou Sweet Tooth pour s'en convaincre". Une réponse que je ne peux que confirmer suite à la lecture du premier tome de Black Hammer qu'Urban Comics vient de nous sortir en VF.



Coincés dans une ferme perdue à côté d'un village tout aussi perdu dans le fin fond de l'Amérique campagnarde, six personnes tentent de mener une vie aussi normale que possible. Cette tâche est d'autant plus ardue dans la mesure où ces six individus étaient des super-héros protégeant la ville de Spiral City dix ans auparavant. Projetés dans ce monde lors d'un combat contre l'Anti-Dieu, ils cherchent un moyen de rentrer chez eux ou de vivre en bonne harmonie dans ce nouvel univers qu'ils n'arrivent pas à quitter, les limites de la ville étant des frontières à ne pas franchir.



Abraham Slam - héros inspiré de Captain America - est le patriarche et le leader de cette communauté d'exilés. Il est accompagné de Barbalien - un guerrier martien métamorphe -, Golden Gail, une femme de cinquante ans prisonnière du corps de la petite fille en qui elle se transforme en prononçant le nom d'un sorcier, du Colonel Weird - un aventurier de l'espace - et de son assistante robot nommée Talky Walky, ainsi que la sorcière énigmatique qu'on nomme Madame Dragonfly. Seul disparu manquant à l'appel : Black Hammer, le héros des rues. Hélas, un événement tragique semble l'avoir séparé du reste du groupe sans que l'on en sache davantage pour le moment.



Vous l'aurez compris, Lemire joue avec les clichés du genre comic-book-esque pour établir sa galerie de personnages. Cependant, il est intéressant de voir comment il détourne ces stéréotypes pour faire quelque chose de neuf. Golden Gail a physiquement neuf ans mais l'esprit d'une femme d'âge mûre qui ne supporte plus son apparence enfantine. Barbalien peut changer de forme à volonté (court, long, carré... si vous avez compris cette blague... vous avez tout mon respect) mais n'arrive plus à dissimuler sa vraie nature. Madame Dragonfly vit recluse dans sa cabane hantée qui terrifie un Colonel Weird vieillissant et à moitié rendu fou par la mystérieuse Para-Zone... Les origin stories s'alternent dans ces premiers épisodes et vont chercher dans les différents recoins de notre culture populaire, du comics de super-héros Golden Age à celui d'horreur à la EC Comics quand Madame Dragonfly s'adresse directement au lecteur et s'impose comme narratrice de sa propre histoire.


Black Hammer ne fait pas primer l'action pour l'amour de l'action. Ici, nous avons affaire à un comic-book beaucoup plus attaché à décrire les interactions et les frictions d'un groupe de héros privé d'héroïsme. Les esprits s'échauffent entre perte d'espoir, désir de s'abandonner à ce monde, volonté de construire une nouvelle vie, de retrouver l'ancienne ou obstination à trouver un moyen de quitter cette nouvelle dimension. D'ailleurs, le mystère de ce nouvel univers tient véritablement en haleine tant les personnages que le lecteur lui-même et les recherches de la fille de Black Hammer pour découvrir ce qui est arrivé à son père et ses compagnons nous rappelle que le monde est bien plus vaste que la ferme et le village.



Le travail de Dean Ormston aux dessins est aussi absolument fantastique. Le style n'est pas sans rappeler un croisement entre Jack Kirby (l'Anti-Dieu ne serait-il pas un peu Galactusesque ?) et Mike Mignola (même si pour cette dernière référence, le travail de Dave Stewart à l'encrage a pu jouer sur mes perceptions). Les personnages sont aussi fantasques qu'ils sont renfrognés et certains designs font la part belle à tout un esprit de pulp rétro SF qui me tient particulièrement à cœur. Le mélange des genres imposé par le scénario se retrouve dans les planches qui alternent le classicisme des 50's, le cartoonesque des 60's et le psychédélisme des 70's.
 
Du coup... Jeff Lemire est-il meilleur sur de l'indé ? La question ne se pose pas... Pourquoi ? Parce que les goûts et les couleurs, pardi ! Black Hammer a su être à la fois touchant, mystérieux et suffisamment original pour m'intéresser. Les thématiques que le volume aborde - la quête de soi et son acceptation - ont trouvé une résonance en moi. Le graphisme m'a plu car très évocateur de tout un pan de la culture comics que j'aime... mais tout ça, n'est-il pas que mon avis ?

jeudi 17 août 2017

Review : Jenny Finn (Emmanuel Proust Editions)

On commence à se connaitre vous et moi... et vous savez que le nom de Mike Mignola arrive toujours à faire vibrer chez moi une corde sensible que même les récits les plus décevants du Hellboy-verse n'ont jamais réussi à briser. C'est ainsi que le nom de l'auteur sur la couverture d'un album inconnu édité par une maison mystérieuse trouvée sur un stand d'un salon perdu a été vécu comme la découverte de quelque ancien grimoire renfermant moult secrets mystiques. Si en plus le grimoire en question me promet une histoire aux accents Lovecraftiens et Verniens dans un Londres Victorien, l'amateur de littérature du siècle dernier (et de celui d'avant) ne pouvait que se portait acquéreur de ces pages pleines de savoirs interdits.



Publiée à l'origine chez Boom! Studios, la série appelée Jenny Finn : Doom Messiah nous narre les aventures de Joe, un provincial au grand coeur et aux épaules carrées venu chercher du travail dans la ville de Londres. Employé dans les abattoirs, il passe son temps libre à arpenter les bas-fonds de la capitale lorsque son chemin croise celui de Jenny Finn, une enfant à l'aspect innocent.


Ne voulant pas que le moindre mal arrive à la jeune fille dans ces quartiers où sévissent le crime, la prostitution et un tueur de femmes, Joe jouera au chevalier servant auprès de cette dernière. Il est cependant loin de se douter que sa protégée n'est pas aussi sans défense qu'elle en a l'air et qu'elle est même à l'origine d'un mystérieux mal qui s'étend à travers toute la capitale. Une maladie horrible qui défigure et déforme ceux qui la contractent et contre laquelle lutte le Premier Ministre en personne.

Le premier ministre... Vador ?

Sorte de contre macabre au milieu duquel surgissent les tentacules d'une apocalypse aussi lovecraftienne qu'insidieuse, Jenny Finn cristallise les influences de Mignola. La vision des Grands Anciens de l'écrivain de Providence imprègne  évidemment chaque page. Toutefois, on perçoit aussi quelques inspirations steampunk (dans l'aspect du Premier Ministre et de ses sbires), des aspect hérités d'Edgar Allan Poe (pour les spectres hantant les vivants) ainsi qu'un souffle social rappelant un Charles Dickens cthulhoïde. Ici les laissés pour compte sont sous l'emprise d'entités millénaires et protéiformes.


Intégralement en noir et blanc, trois des quatre chapitres du récit sont confiés aux soins de Troy Nixey alors que les planches de la conclusion reviennent à Farel Dalrymple. On peut - comme moi - déplorer ce changement de dessinateur tant le travail de Nixey s'attache à montrer les horribles mutilations subies par les victimes d'une maladie mystico-vénérienne. Les visages parsemés de furoncles deviennent l'habitat de tentacules, mais aussi de nageoires, ventouses et autres queues de poissons. Une espèce de vérole infâme et démoniaque qui déforment encore plus les gueules ridées et cassées qui peuplent le récit. Une déliquescence des corps et des âmes que l'épisode de Dalrymple, confus et simpliste en comparaison, ne parvient pas à recapturer une seule seconde.



En conclusion, Jenny Finn ravira à coup sûr les fans du père du démon aux cornes brisées. Production indée et indubitablement ancrée dans les sombres rêves de son auteur, elle parvient à injecter dans un récit bref et concis tout son univers.


dimanche 26 février 2017

Don't Fear The Reader #3


De retour en vidéo pour quelques reviews en flash des albums suivants :

- Planetary Volume 2 de Warren Ellis et John Cassday chez Urban Comics
- Batman & les Tortues Ninja - Amère Pizza toujours chez Urban Comics
- Hellboy & B.P.R.D - 1953 de Mike Mignola chez Delcourt Comics

 

mardi 31 mai 2016

Don't Fear The Reader #1

Nouvelle chronique sur notre chaîne YouTube !
 
Don't Fear The Reader revient sur les sorties que je n'ai pas eu le temps ou l'envie de traiter sur le blog.
 
Pour ce premier numéro, retrouvez mon avis express sur :
 
- Hellboy au Mexique (Delcourt)
- Batman & Robin Eternal Volume 1 (Urban)
- X-Files : Les Nouvelles Affaires Non-Classées (Glénat)
 

mercredi 11 mai 2016

Review : Batman - La Malédiction qui s'abattit sur Gotham (Urban Comics)

200 articles ! Vous êtes en train de lire le 200ème article depuis l'ouverture de ce blog quelque part en 2012. Avec donc une moyenne d'environ un article par semaine, il fallait que je frappe fort pour ce chiffre historique et, hasard du calendrier, Urban Comics s'en charge pour moi en nous offrant un récit inédit de Batman (mon super-héros favori), écrit par Mike Mignola (un de mes auteurs préférés) et s'inspirant de l'univers de Lovecraft (mon écrivain de l'amour). Il ne manquerait plus que l'album soit fourni avec une BO mélangeant David Bowie, Otis Redding et Janis Joplin pour que je sois frappé d'extase.

Batman - La Malédiction qui s'abattit sur Gotham est donc un elseworld - l'équivalent DC des What If de Marvel, c'est à dire des histoires situées dans des univers parallèles et hors de la continuité - qui oppose le justicier de Gotham City à l'un des grands anciens que l'écrivain de Providence aimait à mettre en scène dans ses récits.


Parti à la recherche de l'expédition Cobblepot perdue dans les glaces du Pôle, le riche Bruce Wayne ne découvrira que la mort, la folie et un unique survivant condamné à porter un costume réfrigérant sous peine de putréfaction immédiate. Ramenant le pauvre bougre à Gotham, Bruce et ses trois pupilles ne réaliseront que trop tard qu'ils sont suivis par une Chose, un Mal ancien et terrible contre lequel il n'y a que trop peu d'échappatoires.


Comment n'y a-t-on pensé plus tôt ? Bien sur, les deux univers sont liés depuis longtemps. L'asile d'Arkham tire son nom de la ville d'Arkham dans laquelle nombre de récits de Lovecraft prennent place. Toutefois, bien loin de sentir le mariage forcé, les deux mythologies et leurs personnages s'épousent parfaitement. D'un Oswald Cobblepot rendu fou au point de se prendre pour un pingouin sur la banquise à Oliver Queen, croisé d'une cause perdue attendant en vain son heure de gloire en passant par Ra's Al Ghul, l'arabe qu'un livre a rendu fou et par un Harvey Dent à moitié défiguré par une créature tentaculaire, tout ici semble couler de source. D'ailleurs, l'excellente préface de l'album se chargera de vous révéler tous les clins d’œil et autre parallèles bien mieux que je ne saurais le faire.


Récit à la fois sombre et épique, The Doom that Came to Gotham (son titre en VO) ne bénéficie cependant pas des dessins du Maitre Mignola qui - comme à son habitude - se contente de signer trois couvertures absolument somptueuses. L'intérieur de l'album est laissé aux bons soins de Richard Pace qui fait le job bien que j'ai un peu de mal avec son rendu des yeux des différents protagonistes humains.


A noter que l'histoire principale est accompagnée de Batman : Legends of the Dark Knight #54, une histoire intitulée Sanctuaire qui, elle, est scénarisée ET dessinée par Mignola. Opposant le croisé à la cape à un spectre avide d'une vie nouvelle. On pourrait certes trouver que l'épisode n'apporte pas grand chose à l'Homme Chauve Souris et c'est vrai : remplacer Batman par Hellboy et l'histoire reste globalement la même, mais pourquoi se plaindre ?


In fine, Batman - La Malédiction qui s'abattit sur Gotham est une lecture agréable autant que profonde. Elle offre à Batman et ses acolytes des rôles à la fois proches et à l'opposé de ce qu'ils sont d'habitude, dans un espace à la fois aux antipodes de ce qu'on connait tout en étant étrangement familiers. Et pour tout ceux qui se demandent pourquoi Damian Wayne n'est pas dans La Malédiction...

... il a déjà la sienne

dimanche 8 mai 2016

Evénement : Free Comic Book Day 2016

Aaaaah... Le premier samedi du mois de mai : un film coquinou sur Canal Plus et des comics gratuits. Comme certains d'entre vous sont encore des enfants, concentrons nous sur ma récolte personnelle : 10 comics mêlant VO et VF pour un maximum de lecture et de découvertes.


Débutons par les éditeurs français :

- Marvel Super Heroes chez Panini Comics : l'éditeur français de la Maison des Idées a choisi de nous offrir un récit complet mettant en scène les Avengers aux côtés des Gardiens de la Galaxie. Une histoire simple et sympathique qui - assez enfantine - ne révolutionne pas le genre.


- Harley Quinn & Power Girl chez Urban Comics : Urban a décidé de nous la jouer "preview" en nous offrant le premier épisode de la série mettant en scène la petite amie déjantée du Joker et la cousine de Superman. Séquelle de la série Harley Quinn, Amanda Conner propulse ses deux héroïnes dans un trip galactique plein d'humour. Une façon comme une autre de confirmer le rôle de "Deadpool version DC" de la belle Harleen Quinzel.


- Veil chez Delcourt : La maison d'édition derrière la VF de The Walking Dead joue à fond la carte de la preview en nous alignant les premières pages de 4 de ses futures publications.Veil (Greg Rucka) ne nous montre pas grand chose à part les extraordinaires dessins de Toni Fejzula tandis que Manifest Destiny (Chris Dingess), Les Mystères du Meurtre (Neil Gaiman) et Homicide (Philippe Squarzoni) éveillent chacun notre curiosité.


- Valiant Le Guide Officiel chez Bliss Comics : Excellente initiative du petit nouveau et mon coup de cœur VF ! L'éditeur indépendant a traduit le guide des personnages de l'univers Valiant (qui avait été publié en VO lors du FCBD 2014). L'occasion parfaite de populariser l'univers et ses héros. Encore bravo à eux pour cette idée de génie !


Mon libraire proposant également les titres VO du FCBD, l'occasion fut trop belle de mettre la main sur quelques titres dans la langue de Shakespeare.

- Civil War II chez Marvel : La preview du prochain gros event - signé Brian Bendis - de la Maison des Idées a eu le triste mérite de me laisser sur ma faim. Malgré un défilé de héros et la présence d'un Thanos lourdement armé, l'intérêt est malheureusement resté assez bas pour moi. Par chance, l'histoire bonus introduisant la nouvelle Guêpe des All-New All-Different Avengers par Mark Waid et Alan Davis avait ce côté fun, pétillant et mystérieux que j'attends véritablement des comics du FCBD.


- Doctor Who chez Titan Comics : 4 Docteurs pour 4 fois plus de fun dans ce mini-recueil mettant en vedette les 9ème, 10ème, 11ème et 12ème incarnations de notre Seigneur du Temps favori. Des récits courts mais complets qui permettent encore une fois de juger de la justesse avec laquelle les scénaristes de chez Titan ont su capter les diverses personnalités du Docteur.


- ROM #0 chez IDW : Le Chevalier de l'Espace qui a fait briller les yeux de tous les lecteurs de Strange est de retour dans une toute nouvelle série. Malheureusement, les Spectres Noirs - ses pires ennemis - sont aussi de la partie et ont déjà infiltré la société de notre belle planète. L'épisode est accompagné de Action Man #0, une autre nouvelle série lancée par IDW basée sur la ligne de jouets.


Mes chouchous restent cependant :
 
- Serenity chez Dark Horse : Il y a deux catégories de gens sur Terre : Les fans de Firefly et ceux qui n'ont pas vu l'unique saison (et le film) de la série et n'ont pas eu l'occasion de devenir fans. L'éditeur tente une session de rattrapage pour ces derniers avec The Warrior and the Wind, un résumé romancé (dans un délire très proche du Conte de Kitty chez les X-Men) de la série et du film. Accompagné d'une histoire courte de Hellboy baptisée The Mirror et d'un... extrait ? preview ? numéro #0 de Aliens Defiance, il n'en fallait pas plus pour qu'on entre de plein pied dans ce que j'appelle "Les Comics de l'Amour".


- Bruce Lee : The Dragon Rises chez Darby Pop : Le Petit Dragon est de retour ! Libéré d'une espèce de caisson cryogénique, la star des films de kung-fu de mon enfance débarque en Californie en 2012. Amnésique, mais toujours aussi agile, il devra s'accoutumer au monde moderne et affronter le groupe mystérieux qui l'a séquestré pendant plusieurs décennies. L'occasion pour toute une nouvelle génération de découvrir l'un des plus grands athlètes et philosophes que notre monde ait jamais connu.


- 2000 A.D : L'anthologie britannique nous offre sans doute l'incontournable VO de cette édition. Avec pas moins de 7 mini-récits complets, on en a pour son argent (d'autant plus que c'est gratuit) avec des vampires, des loups-garous, des mutants de l'espace, des robots chevaliers et... et... et... un épisode de Judge Dredd dessinée par Eric Powell et qui cogne sur la guerre des films de super-héros qui ont tendance à se multiplier dernièrement.


- The Stuff of Legend chez Th3rdWorld : OH MY GOD ! Il est là le Comics de l'Amour ! Réimpression du premier épisode d'une série que nous avons la malchance de ne pas connaitre par chez nous, The Stuff of Legend a réussi à me coller la chair de poule quand j'ai compris ce dont il allait être question. Un enfant disparait, enlevé par le Monstre du Placard et son ours en peluche, accompagné d'une petite équipe de jouets, se lance à sa recherche dans les ténèbres, bien décidés à libérer leur maître du Croquemitaine. Toy Story version ultime en somme pour un comic-book au style graphique véritablement atypique dont je sais que les 5 volumes déjà parus rejoindront un jour ma bibliothèque d'une façon ou d'une autre.

En conclusion, une nouvelle édition du FCBD qui, pour moi, a tenu ses promesses. Un grand merci à l'équipe de Astro City à Lille pour le choix proposé, leur diligence et l'organisation au top malgré la foule de fans présents samedi matin.
 

mercredi 30 décembre 2015

Review : Lord Baltimore - Ossuaire Sacré (Delcourt)

NDLR : Initialement prévue en octobre, cette review ne sort qu'aujourd'hui en raison de délais de livraison qui ont confiné à la folie furieuse. Pour me rattraper, je vais vous parler de la série dans son ensemble plutôt que de me consacrer sur un tome en particulier.

 S'il faut bien reconnaitre une qualité à Mike Mignola, c'est que le sieur connait ses classiques. Hellboy à lui seul brasse une quantité impressionnante de références aux folklores fantastiques du monde entier, à Lovecraft, aux films de luchadores, à Edgar Allen Poe... Depuis, chacune de ses séries semble rendre hommage à un genre en particulier : Lobster Johnson est un hommage aux héros de Pulp, Sledgehammer 44 est une modernisation des comics mettant en scène des héros de guerre, B.P.R.D reprend les références d'Hellboy en les mâtinant d'enquêtes paranormales à la X-Files.
Pour ceux qui se demandent à quoi il ressemble

Bien que situé en dehors du Hellboy-verse, Lord Baltimore participe à cet élan de fan-service en payant son tribut au cinéma d'horreur européen : les films de la Hammer en tête. J'avais dit dans ma review de Sledgehammer 44 que le mot "Hammer" évoquait chez moi des visions d'un rappeur et de Peter Gabriel... J'ai menti... Ce mot fait véritablement naître dans mon cerveau l'image du profil racé d'un Peter Cushing ou des yeux injectés de sang d'un Christopher Lee aux canines proéminentes.
Voilà, c'est exactement ça

Car l'ombre d'un Dracula plane sur Lord Baltimore. Je dis UN Dracula, car même si le vampire le plus célèbre de l'Histoire n'apparait pas les comics, les différentes incarnations du personnage (tant littéraires que cinématographiques) ont à n'en point douter servi de bases pour l'univers du comics. Co-écrit  avec Christopher Golden, les aventures d'Henry Baltimore débutent dans le roman illustré Baltimore, or, The Steadfast Tin Soldier and The Vampire publié en 2007.
Un roman jamais paru en France d'ailleurs

D'une structure similaire au Dracula de Bram Stoker, le roman nous présente Henry Baltimore qui a perdu sa jambe lors de la Première Guerre Mondiale via les récits de trois de ses amis. Seul survivant de son bataillon, Baltimore a vu les cadavres de ses camarades se faire dévorés par des créatures aux allures de chauve-souris. Bien décidé à ne pas servir de repas à ces êtres immondes, il affrontera l'un des monstres, le balafrant au visage. Cet accès de bravoure aura pour conséquence de réveiller la conscience - endormie après des siècles passés à vivre comme une bête - du démon qui s'avérera être un maître vampire du nom de Haigus. Furieux d'avoir ainsi été défiguré par sa proie, ce dernier infectera Baltimore - l'obligeant à subir une amputation de la jambe - avant de tuer la famille du soldat et de lâcher sur l'Europe une peste qui n'est ni plus ni moins que le vampirisme.

Se déplaçant maintenant sur une jambe de bois - dans laquelle il enfonce un clou pour chaque vampire qu'il exécute... paie ton détail charismatique - Baltimore deviendra un Capitaine Ahab (d'ailleurs il porte un harpon sur le dos) entièrement dévoué à la traque de son tourmenteur dans une Europe désemparée face au fléau des buveurs de sang.


Des villages d'Europe de l'Est aux paysans faméliques à un Londres crasseux où les prostituées avinées disparaissent dans des ruelles sordides en passant par une Vérone où une mort rouge hante les coulisses d'un théâtre, l'ambiance est ici beaucoup plus sombre que dans les autres oeuvres de Mignola. Un parfum d'apocalypse lente et maladive où même notre héros - obnubilé par son désir de vengeance - n'apporte pas le moindre d'espoir aux populations qui n'attendent plus qu'une fin pas trop douloureuse.
Dracula ? Ahab ? Ok, mais où sont les références au cinéma là-dedans ? Elles sont sous-jacentes... Les seuls titres des différents volumes auraient pu orner les affiches des cinémas de quartier de la grande époque : Ossuaire Sacré, Le Glas des Damnés... L'ambiance de mort et de mélancolie qui baigne les quatre volumes de la série laisse un gout amer dans la bouche, comme le J'accuse d'Abel Gance. 
 
Pour qui sonne le glas ?

Le personnage de la Mort Rouge dans le court récit La Pièce (dans le tome 3 Un Etranger de Passage) semble tout droit surgi d'un film d'horreur transalpin aussi bien que d'une nouvelle d'Edgar Allen Poe. Cinéma transalpin à l'honneur aussi dans l'aspect des créatures de la nuit aussi décrépies que les morts d'un Zombi 2 de Lucio Fulci. On est bien loin des suceurs de sang de Twilight et autres Buffy.


De même, l'inquisiteur Duvic, adepte de la flagellation et ecclésiastique pervers cherchant à éradiquer le mal que représente Baltimore trouve autant ses pères spirituels dans le Vincent Price de Witchfinder General (Witchfinder ??? Comme une autre série de Mignola) que dans le Kurt Menliff de Le Corps et le Fouet (magistral Christopher Lee dans un film de Mario Bava). Un personnage secondaire dont la foi le conduit à la folie et à une cruauté que la Bible ne prône sans doute pas. 

Une barbe plus fournie mais l'essence du perso est là



Une vision de la religion qu'on retrouve dans ces religieuses vampirisées aux corps marqués de marque de crucifix qui pratiquent des messes noires... Ce qui serait d'ailleurs une idée géniale pour un film...

Alors que l'intrigue de la série prend un tournant décisif dans le quatrième tome, tant dans sa trame globale que dans les récits secondaires, je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur les volumes déjà parus. Fans de cinéma d'horreur, de monstres gothiques et baroques et de héros sombres et torturés, vous ne serez pas déçus.