Affichage des articles dont le libellé est VO-Day. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est VO-Day. Afficher tous les articles

lundi 7 mai 2018

Double Top 5 : Free Comic Book Day 2018

Je vous entends déjà grogner : "Double Top 5 ? C'est un Top 10 en fait ! Remboursez !". Peut-être que vous avez raison. Peut-être que j'avais juste la flemme de créer une nouvelle rubrique... Peut-être aussi que le FCBD est pour moi le Jour de la Générosité et qu'au nom de cette valeur, j'ai décidé de doubler le Top 5. Peut-aussi qu'il y avait tellement de bons titres dans ma pêche de ce FCBD qu'il me fallait plus de place pour en parler... et que j'ai autre chose à faire que vous expliquer le pourquoi du comment dans une introduction qui commence réellement à être trop longue.
Enchaînons donc dans la joie et la bonne humeur sur mes 10 lectures préférées à la fin de ce Free Comic Book Day 2018. Sur un total de 22 trouvailles, il a fallu faire un choix.



#10 - Amazing Spider-Man (VO - Marvel Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Spidey qui se fightent avec des vilains de seconde zone alors que Peter cherche un nouvel appartement avec Randy Robertson.

Pourquoi on aime ? J'ai adoré le run de Dan Slott qui a propulsé l'ami Parker dans une spirale de réussite. Cependant, il me tardait que la série revienne à son status quo de départ - sous la houlette de Bick Spencer - avec un Peter fauché qui galère à assumer les deux aspects de sa vie. En plus, on a un aperçu d'un nouveau rôle pour Le Caïd et j'avoue que ça m'intrigue beaucoup.

Une note ? Curiosité / 20

#9  Doctor Who (VO - Titan Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Trois petites histoires mettant en scène pas moins de 4 Docteurs (le 10ème, le 12ème, le 11ème et le 7ème) et qui nous teasent certains événements à venir.

Pourquoi on aime ? Parce que Doctor Who... Titan Comics a réussi à donner un ton clair à chaque série et à chaque Docteur, alors voir débarquer le 7ème Docteur et Ace ne peut que faire saliver le Whovian que je suis.

Une note ? Courte apparition du 13ème Docteur / 20

#8 - Magnus (VF - Paperback)


Qu'est ce que les histoires ? Dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine.

Pourquoi on aime ? Parce que dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine ! Vous suivez un peu ?

Une note ? Blade Runner / 20

#7 - 2000 A.D (VO)


Qu'est ce que c'est les histoires ? 4 histoires et un mini-jeu par la fine fleur du légendaire magazine britannique.

Pourquoi on aime ? Parce que l'aventure du Cadet Dredd (un jeune Judge Dredd qui fait encore ses classes) est très drôle. Parce que Strontium Dogs (des chasseurs de primes mercenaires du futur) est super cool. Parce que Future Shock est à se tordre de rire... tout en étant pas très rassuré.

Une note ? Fluide Glacial peut aller se rhabiller / 20 

#6 : Maxwell's Demons (VO - Vault)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Maxwell un petit garçon génial s'échappe de la maison familiale et des reproches de son père pour parcourir le cosmos aux côtés de ses fidèles jouets.

Pourquoi on aime ? On retombe en enfance mais avec un côté sombre et triste.

Une note ? C'est pas la peine d'en rajouter / 20

#5 : Avengers / Captain America (VO - Marvel Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Black Panther rencontre Odin qui lui raconte l'histoire des Avengers de la Préhistoire et lui annonce qu'une nouvelle menace va pointer le bout de son nez. De son côté, Captain America fait face aux conséquences de Secret Empire sur le monde alors qu'une nouvelle menace se profile à l'horizon.

Pourquoi on aime ? Parce que comme pour Amazing Spider-Man, la preview éveille ma curiosité.

Une note ? Nouvelle(s) Menace(s) / 20

#4 : B.E.K, Elfquest, Babyteeth et Jimmy's Bastards (VF - Snorgleux Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Deux mini histoires dans les univers de Black Eyed Kids et de Elfquest. Egalement deux préviews plus qu'alléchantes avec Jimmy's Bastards - où quand Garth Ennis nous raconte SON James Bond - et Babyteeth où une jeune fille donne naissance à l'Antéchrist.

Une note ? Les Marseillails au FCBD / 20

#3 : Shadow Roads ( VO - Oni Press)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Des esprits maléfiques utilisent les carrefours entre notre monde et le leur pour semer le chaos sur Terre. Une équipe de héros se forme pour se mettre en travers de leur chemin.

Pourquoi on aime ? Cullen Bunn et Brian Hurtt récidivent après The Sixth Gun. Le mélange western, Angleterre Victorienne, menace surnaturelle fonctionne à merveille.

Une note ? Penny Dreadful / 20

#2 : L'histoire de l'univers Valiant (VF - Bliss Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? En l'an 4002, le Guerrier Eternel raconte à Rai et à une Géomancienne l'histoire de l'univers Valiant, de l'Antiquité, à l'apparition des Psiotiques.

Pourquoi on aime ? Parce que plus j'en apprend sur cet univers, plus j'ai envie d'acheter tout ce qui le concerne.

Une note ? Stéphane Bern du Futur / 20

#1 : L'Histoire De Negan (VF - Delcourt Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Le tueur de zombies le plus classe de ce côté-ci de l'Apocalypse se remémore qui il était avant le début de l'épidémie et comment il est devenu le leader charismatique des Sauveurs.

Pourquoi on aime ? Parce que c'était bien la peine de nous créer un personnage aussi badass et de ne rien nous dévoiler de ses origines. L'erreur est maintenant réparée.

Une note ? Negan, Amour et Rock n'Roll / 20 

Voilà, c'est tout pour le FCBD de cette année, faire ce Top n'aura pas été facile tant il me coûte de laisser certains titres de côté. Toutefois, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez récupéré et ce que vous en avez pensé.

mardi 16 janvier 2018

VO-Day : Koshchei The Deathless #1 (Dark Horse Comics)

L'univers d'Hellboy a cet avantage indéniable de bénéficier de la passion de Mike Mignola pour les légendes et les folklores venus de toutes les contrées pour alimenter un vivier de personnages des plus charismatiques. Si plusieurs héros ont déjà émergé pour avoir leurs propres séries ongoing ou leurs mini-séries (on attend toujours de nouvelles aventures de Lobster Johnson et de Edward Grey en VF d'ailleurs), c'est aujourd'hui à l'un des ennemis du Fils des Enfers que le maestro consacre une aventure en 6 épisodes : Koshchei le Non Mort.


Initialement apparu dans L'Appel des Ténèbres, Koshchei était à l'époque un serviteur récalcitrant de la Baba Yaga chargé de tuer Hellboy. Personnage énigmatique mais non dénué d'une certaine noblesse, il n'accepte d'obéir à la sorcière qu'en échange du seul trésor qu'il convoite : la mort. Un trépas qu'il connaitra finalement aux mains de son adversaire... mais ce n'est que le début de l'histoire.


En effet, Koshchei retrouve l'ex-agent du BPRD dans une taverne quelque part en Enfer. N'ayant plus besoin ni envie de se battre, le guerrier et le démon prennent tranquillement un verre ensemble et c'est au cours de cette rencontre tout à fait amicale que l'immortel issu du folklore russe contera ses origines. Batailles sanglantes, dragons, sorcellerie, trahison et compromis avec les forces des ténèbres émailleront le récit qui feront d'un soldat un être invincible et immortel.


Inspiré en très grande partie du véritable conte russe, Koshchei The Deathless nous rappelle que Mignola est un véritable expert en mythologies et possède un talent indéniable pour se réapproprier des histoires que les enfants ont écouté depuis des siècles. Empreintes de tristesse et de magie, la vie et les déconvenues du personnage principal le font paraître bien à la fois bien plus humain de par les erreurs qu'il a pu commettre et bien moins noble de par le sombre chemin qu'il empruntera.


Qui aurait pu mieux mettre en images cette légende en marche que Ben Stenbeck ? Bon... Ok... Mignola aurait pu le faire... mais son vieux complice nous rappelle que ce n'est pas pour rien qu'ils ont collaboré notamment sur Lord Baltimore. Les planches sont très "médiévalesques" avec quelques fulgurances comme la rencontre avec la Baba Yaga et l'imagerie de son histoire sur les dragons. Le tout est encré par un Dave Stewart qui semble avoir compris qu'une palette de couleurs restreinte est l'outil indispensable pour accentuer la mélancolie et l'ironie tragique de ce récit. Ou quand la colorimétrie magnifie le propos d'un comics.


Excellente surprise en définitive, Koshchei The Deathless apporte un background et un regard nouveau sur un personnage dont beaucoup ont reconnu la valeur lors de sa courte apparition dans les pages de Hellboy. En même temps qu'une sortie en VF, prenons donc le temps de rêver à tous ces vilains dont Mignola pourrait encore nous narrer les origines avec autant de brio.

 

mercredi 8 novembre 2017

VO-Day : Last Gang in Town (Vertigo)

Définition de "punk" dans le Larousse :
"Se dit d'un mouvement musical et culturel apparu en Grande-Bretagne vers 1975 et dont les adeptes affichent divers signes extérieurs de provocation (crâne rasé avec une seule bande de cheveux teints, chaînes, épingles de nourrice portées en pendentifs, etc.) afin de caricaturer la médiocrité de la société."
Pourquoi se donner la peine de vous faire ce petit cours de vocabulaire ? Parce que Last Gang in Town est clairement un comic-book punk. Et aussi parce que la musique punk et tous les sous-genres qui lui sont affiliés font partie intégrante de ma culture musicale. Vous me connaissez, je ne rechigne jamais à marier mes passions...
L'histoire nous narre la réunion de ses protagonistes sur un toit de Shanghai pour une cérémonie bouddhiste en 2018. Cependant, c'est 30 ans plus tôt qu'elle commence réellement. Londres, 1977 : Ava, ancienne criminelle du Swinging London ayant perdu son partenaire Charlie - une copie du Michael Caine de la grande époque des Alfie et autres Ipcress File - décide de monter une équipe destinée à réaliser le larcin le plus extravagant et audacieux jamais accompli. Ce gang sera composé de l'aussi acrobatique que chanteuse punk désabusée Joey, de son colossal batteur Billy et d'Alex l'orpheline reine du forçage de serrures et coffre-forts.


Ce que Ava attend de cette brochette de criminels rebelles est simple : remettre l'art dans le crime et le crime dans l'art. D'actes de vandalisme en revendications anti-establishment, ils attendent leur plus grand coup et pénétrer à Buckingham Palace n'est que le début. ils finiront par attirer l'attention d'une Reine Elizabeth - bien plus "destroy" que ce à quoi on peut s'attendre - qui lâche à leurs basques le terrifiant Mr. Croker.


Irrévencieux et brouillon, Last Gang in Town est une mise en abime de la musique punk. L'histoire part dans tous les sens et il souvent bien difficile d'en garder le fil. Cette impression est renforcée par la mise en page qui fourmille de centaines de détails, légendes, graffitis, mouches commentatrices qui détournent l'attention du lecteur. Si on ajoute à ça les références à la culture britannique qui arrivent telles des supporters de Chelsea dans un autocar, le scénariste Simon Oliver a vraiment de la peine à nous hameçonner à son histoire, du moins dans les deux premiers épisodes de la série.


Mais qu'à cela ne tienne, car la très grande force de Last Gang in Town c'est la folie et le talent (mais les deux ne sont ils pas liés ?) de l'artiste Rufus Dayglo. Ses planches sont d'un détail exemplaire sur les personnages. J'aurais pu me perdre dans les yeux de Joey ou contempler le glamour légèrement fané d'Ava pendant des heures. Toutefois, cette précision est associée à une totale anarchie des décors (dans lesquels Dayglo a mis plus d'un détail de sa propre vie), des costumes et même d'éléments qui n'ont rien à voir avec l'histoire (mais qui a écrit toutes ces répliques sur les bords des pages ???).

Une fois, n'est pas coutume, j'en profite pour saluer le travail de Giulia Brusco à la couleur. Jamais un Londres sinistre, froid et humide n'aura été aussi chatoyant et criard.


En défintive, l'histoire intéressante bien que pas transcendante de Last Gang in Town associé à son graphisme déjanté et pétaradant me laisse avec une question qui mérite d'être posée. Est-il possible que parfois le dessin enfonce le scénario au lieu de le tirer vers les sommets ?


mardi 10 octobre 2017

VO-Day : Batman - White Knight #1 (DC Comics)

Toutes les histoires sur Batman ont-elles déjà été racontées ? C'est une question légitime quand on prend en compte la longévité du personnage et le nombre impressionnant de scénaristes à avoir oeuvré à son destin. De la mini-série elseworld au run épique de plusieurs années, il faut bien avouer que l'univers de l'Homme Chauve-Souris a été décortiqué sous toutes les coutures. Si, en plus de ça, on ajoute sa nemesis Le Joker dans l'équation... la question se repose avec encore plus de vigueur : comment nous proposer de l'inédit ?



Batman - White Knight s'ouvre à l'asile d'Arkham... comme des centaines d'épisodes avant lui. Un homme nommé Napier est venu voir l'un des résidents et trouve un Batman enchaîné à qui il vient demander son aide. Le simple nom de Napier aura fait réagir les plus cinéphiles (encore que... faut-il être cinéphile pour danser avec le diable au clair de Lune ?) d'entre vous. Nous sommes bel et bien en présence du Joker. Un Joker débarrassé de son maquillage, qui conduit la Batmobile et accueilli avec respect par les gardiens.


Flashback ! Un an plus tôt, Batman et le prince clown du crime se livrent à un de leurs grands classiques : une course-poursuite effrénée dans les rues de Gotham. Cette dernière s'achève dans une usine de traitement de médicaments retirés de la vente dans laquelle un Chevalier Noir encore plus sombre et renfermé que d'ordinaire passe son ennemi à tabac avant de lui fourrer un poignée de pilules dans la gorge sous l'oeil inactif de Nightwing, Batgirl, Gordon, une foule de représentants des forces de l'ordre et l'objectif d'une caméra.



Vilipendé pour sa violence excessive, Batman se verra devenir la cible de la vindicte populaire qui prendra la défense du psychopathe souriant. Le commissaire Gordon est aussi dans la ligne de mire de l'administration et des médias qui critique son manque d'action face à une agression caractérisée. Alors que la situation semble déjà bien sombre, une nouvelle surgit : les pilules ingérées par le Joker semble avoir guéri le Joker de sa folie !



Faisant montre d'un intellect hors-normes, il étudie alors jour et nuit dans un seul but : faire tomber ceux qui l'ont relégué au rang de simple fou à enfermer. Conscient de la dette qu'il a envers Gotham pour ses crimes, il décide d'en devenir le Chevalier Blanc et de faire payer Batman et le GCPD pour leurs crimes. Nouvelle manipulation d'un esprit malade qui feint la santé ou véritable rédemption ? Seule la suite, nous le dira.


Fascinante réinterprétation de la lutte intemporelle entre Batman et le Joker, White Knight arrive à faire du neuf avec des concepts vieux de plusieurs années. Plusieurs fois, les rôles ont été inversés entre les deux adversaires à la faveur de réalités parallèles et autres événements cosmiques. Cependant - et bien que la série reste un elseworld et rien que le fait d'avoir donné une identité civile au Joker met la série hors de la continuité canonique - cela n'avait encore jamais été fait de la sorte. Les rôles ne sont PAS inversés ! Batman fait ce qu'il a toujours fait... peut-être de façon plus expéditive que par le passé, mais cela est justifié par l'histoire. Seule change la façon dont les actions du Caped Crusader sont perçues par le public et par le Joker.



Les dialogues font d'ailleurs la part belle à cette "non-originalité" de l'idée initiale. Les élucubrations du Joker sur la relation quasi-sexuelle qu'il entretient avec Batman sont le reflet d'une pléthore de théories sur les liens entre eux. La page où le Joker se réveille après le passage à tabac dans une chambre où chaque centimètre carré est occupé par l'image de la chauve-souris ne vient que renforcer une obsession dont on sait qu'elle existe (en plus d'offrir un lot conséquent de références). Tous ces poncifs sont repris, avalés et digérés par le scénario de Sean Murphy qui nous les réarrangent ensuite à sa façon pour livrer quelque chose qui, je l'espère, saura rester aussi intelligent et novateur dans la suite de la série.



Ses planches  nous livrent un Gotham où même l'ombre semble sale. Comme s'il y avait quelque chose de malsain dans les ténèbres autrefois réconfortantes car elles abritaient le héros de la ville. Batman devient une figure toujours aussi charismatique, mais quelque chose dans sa posture, dans les ombres de son visage évoque en nous le démon qu'il n'était censé représenter que pour les criminels.



Véritablement intéressant à lire pour tous les fans du Chevalier Noir trop engoncés dans la routine de ses affrontements manichéens, Batman - White Knight est un comics qui appelle à la théorie. Dès ma deuxième lecture, j'ai relevé des lignes de dialogue, des choses qui permettent de supposer où Sean Murphy veut nous emmener dans cette variation originale et inspirée. A suivre pour confirmer les doutes, certes... mais dans l'espoir d'une belle surprise.
 

vendredi 10 juin 2016

VO-Day : Wacky Raceland #1 (DC)

Certaines histoires ressemblent à des blagues, des canulars élaborés pour tromper la crédulité du premier gogo venu. Quand j'ai appris que DC allait publier plusieurs séries adaptées des cartoons de Hanna & Barbera, je me suis dit que ça ressemblait un peu à la fusion Marvel-Disney en un peu plus cheap... Puis les premières couvertures sont apparues et là, j'ai cru que j'étais victime d'un hoax : Scooby-Doo en pleine apocalypse mutante ? Les Fous du Volant dans un univers à la Mad Max ? J'ai regardé le calendrier le plus proche... Nous n'étions pas le premier avril. Par les saints costumes de Luq Hamet ! Cela pouvait-il être vrai ?
 
Car Luq Hamet animait Hanna Barbera Dingue Dong... P...n je suis vieux...
J'ai ma réponse aujourd'hui alors que le premier numéro de Wacky Raceland me regarde toujours d'un oeil malicieux depuis la table basse où je l'ai posé il y a quelques minutes avec l'air de me dire "Je t'ai bien eu !". Véritable réécriture adulte, violente, fun et décomplexée du dessin animé de mon enfance, ce comics flatte la part nostalgique en chacun de nous tout en prenant en compte que nous ne sommes plus des enfants et que l'on a plus forcément les mêmes goûts !



NDLR : Cette review a beau porter sur une issue en VO, F...K Shakespeare, j’appellerai les personnages par leurs noms français.

Le monde est en ruines ! Inondations, tornades, virus faisant muter la faune et la flore ainsi bien que la population ont ravagé le globe. C'est sur cette Terre troublé qu'une entité s'autoproclamant l'Annonceur arrache 10 personnes des griffes de la mort et leur propose un étrange marché. S'ils s'affrontent les uns les autres dans une série de courses mortelles, le vainqueur pourra rejoindre Utopia, le dernier havre de paix au coeur de l'apocalypse.



Pénélope Beauregard, Pierre de Beau-Fixe, les Frères Tête-Dur et d'autres se lancent alors dans la compétition au travers de paysages désolés où la nature ne leur fera pas de cadeaux. Constamment en danger, les concurrents devront également se méfier des manigances du fourbe Satanas, accompagné de Diabolo son chien cyborg.


Concept aussi improbable que jouissif, Wacky Raceland saura contenter à la fois les fans du cartoon original que les aficionados de films de SF tendance La Course à la Mort de l'An 2000. Avec un ton bien plus adulte que ce à quoi on aurait pu s'attendre, le scénario de Ken Pontac nous fait redécouvrir ces personnages qui ont troqué leur esprit bon enfant contre une noirceur qui, après coup, nous apparait comme une évidence. En plus de transformer la voix-off du cartoon (déjà adepte du brisage de 4ème mur) en divinité omnipotente, faire de Max le Rouge un nazi rêvant d'un nouveau reich ou du Professeur Maboulette un émule d'Herbert West sont autant de coups de génies décadents qui vous donneront un rictus de complicité.



(A noter que la série introduit un personnage trans en la personne du Sergent Grosse Pomme qui a troqué sa... pomme contre un abricot... ou un cosplay de Tank Girl, à vous de voir)
 
Je n'assume pas trop cette blague, mais en même temps la faire en VO était impossible
Il serait cependant prématuré de crier au génie trop vite. Si le concept est fun dans sa globalité, ce premier numéro met en place certains points de détails assez discutable. Donner une intelligence artificielle aux voitures qui, du coup, se plaignent ou aident leur chauffeur était - à mon humble avis - plus que dispensable.
 
Genre, un congrès de K-2000
De même, les dessins de Leonardo Manco, au demeurant sympathiques, sont parfois trop lisses. Certains personnages... Non... Satanas en fait... aurait gagné à avoir une véritable "trogne", un aspect plus ravagé, en accord avec le monde dans lequel ils évoluent.



En conclusion, je dirai qu'il faut laisser sa chance à ces Fous du Volant hardcores, badass et psychopathes. Parti comme une blague sur la ligne de départ, il sera intéressant de voir si la série va réussir à distancer ce statut quand elle commencera à monter dans les tours et arrivera peut-être en championne sur la ligne d'arrivée. Une affaire à suivre donc !

 

mardi 5 avril 2016

VO-Day : The Vision #1 à #4 (Marvel Comics)

De nouveaux voisins sont arrivés dans le quartier ! En effet, Vision - l'Avenger synthézoïde - débarque dans une banlieue tranquille d'Arlington avec sa petite famille pour mener une vie tout ce qu'il y a de plus normale. Toutefois, comment la vie peut-elle être normale quand vous avez vous même créé votre femme et vos enfants ? Comment le voisinage va-t-il accepter cette famille pour le moins all-new et all-different ? Autant de questions que nous pose la nouvelle série The Vision, la 3ème consacrée au plus mystérieux des Avengers.


Sorte de mix étrange entre Desperate Housewives et une histoire de super-héros classique, The Vision apporte un souffle de fraicheur pour tous ceux qui cherchent quelque chose d'original et d'intelligent. Le scénario de Tom King laisse de côté l'héroïsme pur et dur pour se pencher vers des situations tenant plus du sitcom. Un sitcom où les personnages principaux seraient des robots cherchant à devenir humains.



Car c'est là le thème de la série : qu'est ce que la normalité ? Vision et son épouse Virginia essaient d'agir comme des êtres humains, quant bien même ils n'approuvent pas la logique des actions qu'ils doivent entreprendre. Leurs "disputes" à coups d'arguments sémantiques sont d'ailleurs un parfait exemple du soin apporté à l'écriture de la série.



De même, Vin et Viv, les jumeaux du couple doivent apprendre à se comporter comme des adolescents ordinaires. Entre peur d'être rejetés et premiers béguins, les rebondissements les concernant sont tout aussi délectables que les aventures de leurs géniteurs. D'ailleurs... on en parle tout de suite des gens qui construisent des robots pour essayer de devenir humain ?
 
Non parce que...
Puis aussi...
et surtout...
Ajoutez à cela Le Moisonneur, Agatha Harkness, un meurtre, des voisins curieux et l'imminence de la fin du monde provoqué par l'un des membres de la famille et vous aurez une série palpitante autant qu'elle est drôle (Madame Vision qui devient intangible pour faire tomber sa culotte...) sombre (certains membres de la famille vont subir de vrais traumatismes dans leur quête d'humanité) et intelligente. 


Les planches de Gabriel Hernandez Walta rendent tout à fait justice à l'atmosphère de noirceur sous le vernis de ce quartier résidentiel où le temps semble s'être arrêté. Les sourires sont forcés, les yeux écarquillés d'une horreur catatonique et les seuls personnages à ressortir du paysage sont ceux qui cherchent justement à s'y fondre.


A l'heure où des séries comme Avengers et consorts surfent sur la vague du bigger and louder pour contenter le public qu'ils ont séduits dans les salles obscures, il est vraiment plaisant de tomber sur ce genre de séries plus... confidentielle. Il ne reste plus qu'à croiser les doigts et à espérer que Panini nous propose les aventures de la famille Vision dans un format digne de ce nom... après tout ils ont bien sorti Howard the Duck.