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jeudi 17 mai 2018

Review : Joe Golem - Détective de l'Occulte (Delcourt)

On a tous des "profils", des choses qu'on apprécie, qui nous touchent et qui nous ressemblent tellement que les gens qui nous connaissent bien ne sont pas étonnés qu'on les aime. Quand j'ai parlé de ce premier tome de Joe Golem à mes amis, leur première réaction a été "Ouais, ça m'étonne pas, c'est ton profil". Et je ne peux que confirmer leurs dires.



De la couverture au design retro, au titre savamment vintage en passant par les noms des auteurs et un synopsis mystérieux et alléchant, tout était destiné à me plaire dans cette nouvelle série signée Mike Mignola et Christopher Golden.


Joe Golem nous narre les aventures de Joe, détective New-Yorkais dans un monde où un grand désastre a plongé une grande partie de Manhattan sous les eaux. Travaillant pour son mentor et confrère vieillissant, Simon Church, Joe est assailli de visions aussi nocturnes qu'étranges dans lesquelles il est un golem à qui on a insufflé la vie pour mener un combat sanglant contre des sorcières, quelque part dans l'Europe de l'Est du 15ème siècle.



Ce premier tome verra Joe enquêter tout d'abord sur une série d’enlèvements d'enfants perpétrés par une créature aquatique hantant les canaux de la ville engloutie. Puis, il accompagnera Church dans sa recherche d'un grimoire qu'un nécromancien amateur essaie d'utiliser pour ramener ses proches à la vie. Deux enquêtes, et donc deux aventures, assez basiques dans leur déroulé et leurs rebondissements mais l'objectif de ces premiers épisodes n'est pas encore de nous scotcher à notre fauteuil.


Ici, on découvre un nouveau monde. Comme Lord Baltimore, Joe Golem ne fait pas partie du Hellboy-verse de Mignola. Les influences sont les mêmes que celles qui sous-tendent l'univers du BPRD et tous ses membres, un subtil mélange de films noirs, de culture pulp et de créatures Lovecraftiennes, mais nous n'en saisissons pas encore tous les tenants et les aboutissants. 


On évolue dans une Grosse Pomme inondée dans laquelle les orphelins sont des "Rats des Canaux" et où les monstres se terrent dans les vestiges de la civilisation. Cet univers à peine appréhendé, on commence à se poser les questions que les intrigues nous posent sans y répondre. Quels sont les secrets de Church ? Comment ou pourquoi Joe est-il devenu humain ? Le Grand désastre a-t-il une raison purement tectonique ?


Le tout est porté par le travail graphique de Patric Reynolds, un habitué des intrigues sous-marines qui a déjà oeuvré sur plusieurs histoires de Abe Sapien. Jouant tout en clair obscur, l'artiste donne une personnalité à ses décors et à ses personnages. Petit fait un peu marrant, avant de lire les commentaires du sketchbook situé à la fin du volume, il me semblait reconnaitre les traits de Lino Ventura dans le personnage de Joe avant de réaliser que le sieur Reynolds s'était inspiré de Clancy Brown.


Intriguant et intéressant, ce premier volume de Joe Golem - Détective de l'Occulte saura sans aucun doute les lecteurs qui - comme moi - ont le "profil" de fan de Mignola.

 

lundi 7 mai 2018

Double Top 5 : Free Comic Book Day 2018

Je vous entends déjà grogner : "Double Top 5 ? C'est un Top 10 en fait ! Remboursez !". Peut-être que vous avez raison. Peut-être que j'avais juste la flemme de créer une nouvelle rubrique... Peut-être aussi que le FCBD est pour moi le Jour de la Générosité et qu'au nom de cette valeur, j'ai décidé de doubler le Top 5. Peut-aussi qu'il y avait tellement de bons titres dans ma pêche de ce FCBD qu'il me fallait plus de place pour en parler... et que j'ai autre chose à faire que vous expliquer le pourquoi du comment dans une introduction qui commence réellement à être trop longue.
Enchaînons donc dans la joie et la bonne humeur sur mes 10 lectures préférées à la fin de ce Free Comic Book Day 2018. Sur un total de 22 trouvailles, il a fallu faire un choix.



#10 - Amazing Spider-Man (VO - Marvel Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Spidey qui se fightent avec des vilains de seconde zone alors que Peter cherche un nouvel appartement avec Randy Robertson.

Pourquoi on aime ? J'ai adoré le run de Dan Slott qui a propulsé l'ami Parker dans une spirale de réussite. Cependant, il me tardait que la série revienne à son status quo de départ - sous la houlette de Bick Spencer - avec un Peter fauché qui galère à assumer les deux aspects de sa vie. En plus, on a un aperçu d'un nouveau rôle pour Le Caïd et j'avoue que ça m'intrigue beaucoup.

Une note ? Curiosité / 20

#9  Doctor Who (VO - Titan Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Trois petites histoires mettant en scène pas moins de 4 Docteurs (le 10ème, le 12ème, le 11ème et le 7ème) et qui nous teasent certains événements à venir.

Pourquoi on aime ? Parce que Doctor Who... Titan Comics a réussi à donner un ton clair à chaque série et à chaque Docteur, alors voir débarquer le 7ème Docteur et Ace ne peut que faire saliver le Whovian que je suis.

Une note ? Courte apparition du 13ème Docteur / 20

#8 - Magnus (VF - Paperback)


Qu'est ce que les histoires ? Dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine.

Pourquoi on aime ? Parce que dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine ! Vous suivez un peu ?

Une note ? Blade Runner / 20

#7 - 2000 A.D (VO)


Qu'est ce que c'est les histoires ? 4 histoires et un mini-jeu par la fine fleur du légendaire magazine britannique.

Pourquoi on aime ? Parce que l'aventure du Cadet Dredd (un jeune Judge Dredd qui fait encore ses classes) est très drôle. Parce que Strontium Dogs (des chasseurs de primes mercenaires du futur) est super cool. Parce que Future Shock est à se tordre de rire... tout en étant pas très rassuré.

Une note ? Fluide Glacial peut aller se rhabiller / 20 

#6 : Maxwell's Demons (VO - Vault)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Maxwell un petit garçon génial s'échappe de la maison familiale et des reproches de son père pour parcourir le cosmos aux côtés de ses fidèles jouets.

Pourquoi on aime ? On retombe en enfance mais avec un côté sombre et triste.

Une note ? C'est pas la peine d'en rajouter / 20

#5 : Avengers / Captain America (VO - Marvel Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Black Panther rencontre Odin qui lui raconte l'histoire des Avengers de la Préhistoire et lui annonce qu'une nouvelle menace va pointer le bout de son nez. De son côté, Captain America fait face aux conséquences de Secret Empire sur le monde alors qu'une nouvelle menace se profile à l'horizon.

Pourquoi on aime ? Parce que comme pour Amazing Spider-Man, la preview éveille ma curiosité.

Une note ? Nouvelle(s) Menace(s) / 20

#4 : B.E.K, Elfquest, Babyteeth et Jimmy's Bastards (VF - Snorgleux Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Deux mini histoires dans les univers de Black Eyed Kids et de Elfquest. Egalement deux préviews plus qu'alléchantes avec Jimmy's Bastards - où quand Garth Ennis nous raconte SON James Bond - et Babyteeth où une jeune fille donne naissance à l'Antéchrist.

Une note ? Les Marseillails au FCBD / 20

#3 : Shadow Roads ( VO - Oni Press)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Des esprits maléfiques utilisent les carrefours entre notre monde et le leur pour semer le chaos sur Terre. Une équipe de héros se forme pour se mettre en travers de leur chemin.

Pourquoi on aime ? Cullen Bunn et Brian Hurtt récidivent après The Sixth Gun. Le mélange western, Angleterre Victorienne, menace surnaturelle fonctionne à merveille.

Une note ? Penny Dreadful / 20

#2 : L'histoire de l'univers Valiant (VF - Bliss Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? En l'an 4002, le Guerrier Eternel raconte à Rai et à une Géomancienne l'histoire de l'univers Valiant, de l'Antiquité, à l'apparition des Psiotiques.

Pourquoi on aime ? Parce que plus j'en apprend sur cet univers, plus j'ai envie d'acheter tout ce qui le concerne.

Une note ? Stéphane Bern du Futur / 20

#1 : L'Histoire De Negan (VF - Delcourt Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Le tueur de zombies le plus classe de ce côté-ci de l'Apocalypse se remémore qui il était avant le début de l'épidémie et comment il est devenu le leader charismatique des Sauveurs.

Pourquoi on aime ? Parce que c'était bien la peine de nous créer un personnage aussi badass et de ne rien nous dévoiler de ses origines. L'erreur est maintenant réparée.

Une note ? Negan, Amour et Rock n'Roll / 20 

Voilà, c'est tout pour le FCBD de cette année, faire ce Top n'aura pas été facile tant il me coûte de laisser certains titres de côté. Toutefois, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez récupéré et ce que vous en avez pensé.

Et Vlog La Galère - Avengers : Infinity War (avec SPOILERS et THEORIES)

On y est ! Le moment qu'on attendait tou.te.s depuis la scène post générique du premier Avengers. Thanos débarque en force sur nos écrans et nos héros favoris doivent s'allier encore une fois pour l'arrêter.

Review donc de Avengers - Infinity War et théories sur ce qui nous attend l'année prochaine pour sa suite.
 

lundi 12 mars 2018

Review : Harbinger Renegade - Le Jugement de Salomon (Bliss Comics)

Prendre un univers en cours de route, c'est loin d'être une chose aisée. J'avais débuté les comics Valiant par la série Faith, comme vous le savez si vous êtes  coutumier de ce blog, et sa présence sur la couverture de  premier tome de Harbinger Renegade m'a fait me précipiter sur cette nouvelle lecture. Ainsi tel un fana de puzzles, je découvre  donc pièce par pièce un monde nouveau qu'il ne tient qu'à moi d'organiser au fil de mes lectures.


La tâche m'en a été grandement facilité car, avant même de débuter l'histoire, un prologue m'a présenté les origines des Renégats. Ce groupe dissident de la Fondation Harbinger, multinationale dirigée d'une main de fer par Toyo Harada a lutté contre le PDG mégalomane décidé à utiliser les pouvoirs des psiotiques pour sauver le monde de lui-même en le plaçant sous sa coupe. Cette introduction de trois pages m'a présenté ce petit groupe de héros malgré eux, leurs victoires et leurs pertes.


C'est ainsi armé d'un savoir tout neuf que j'ai pu apprécier le scénario de Rafer Roberts. Séparés depuis six mois par leurs aventures précédentes, les Renégats vont être obligés de faire à nouveau équipe pour empêcher Alex Salomon, un disciple d'Harada, et son groupe baptisé le Consortium de s'emparer de jeunes psiotiques potentiels et d'essayer de déclencher leurs pouvoirs. En effet, le Consortium ne recule devant rien pour parvenir à ses fins et leurs techniques d'activation des capacités latentes de jeunes adolescents restent pour le moins... hasardeuses.


C'est donc à la renaissance d'un groupe brisé que nous assistons dans Le Jugement de Salomon. Bien que Faith est @X le hacker soient restés en activité, les autres membres de l'équipe ont rangé les armes. Kris Hathaway la révolutionnaire est en liberté surveillée et tente de mener une vie rangée avec sa petite amie. Le colossal Torque est devenu le protagoniste principal d'une émission de télé-réalité. Quant au fondateur de l'équipe, Peter Stanchek, alias Sting, il a fui dans l'espace pour régler certains problèmes d'addiction. 


J'ai souvent entendu dire "Valiant a tout repompé aux autres maisons d'éditions" et j'avoue que le principe même de la série peut faire penser à certains titres comme X-Men ou Gen13 dans ce côté lutte pour l'acceptation. Pourtant, j'ai trouvé dans Harbinger Renegade une fraîcheur et une originalité que je n'avais pas ressenti depuis un moment. Les relations entre les personnages sont bien plus profondes que dans Gen13 par exemple, chaque Renégats a son caractère, ses failles et ses aspirations. Étonnamment, c'est sans doute le personnage de Faith - elle qui m'avait amené vers cette série - qui est le moins développé. Une tout petit point noir quand on sait que la belle Zephyr a une carrière solo bien remplie.


Les planches des 4 épisodes présents dans l'album alternent entre des prologues dessinés par Juan José Ryp et une trame plus "actuelle" laissée aux bons sois de Darick Robertson. L'artiste derrière Transmetropolitan et The Boys prend toujours autant de plaisir à mettre en scène la violence, certes moins présente et moins "trash" que dans ses oeuvres les plus connues, que la lutte des psiotiques entrainent.

En conclusion, je ne vous cacherais pas que prendre un univers en route est une tâche compliquée et que certains passages de ce Harbinger Renegade m'ont donné l'impression de manquer de background. Pourtant, une écriture intelligente comme une recette de vieille soupe avec un goût nouveau m'a véritablement donné envie d'ajouter de nouvelles pièces au puzzle Valiant... Avec l'intégrale Harbinger sans doute ? J'en brûle d'envie en tous cas.

mercredi 28 février 2018

Review : Black Eyed Kids (Snorgleux Comics)

Au risque d'abimer l'image que vous avez de moi depuis que vous lisez ce blog, il est temps de révéler ma vraie nature : je suis une "flipette" avérée. Passons l'anecdote où l'un de mes collègues m'a enfermé dans un sombre local poubelle infesté de rats pour expliquer les causes de cet état de fait et parlons plutôt de Black Eyed Kids.


Quand Snorgleux Comics m'a fait l'honneur de me permettre le titre en exclusivité, j'ai tout de suite commencé des recherches pour l'article que vous êtes à présent en train de lire. Loin de trouver une chanson de Texas ou un groupe de hip hop doté d'une chanteuse aux hanches généreuses, je suis tombé sur l'une de mes hantises de l'Internet : un creepypasta... Les nombreux témoignages sur "les enfants aux yeux noirs" m'ont alors fait découvrir cette légende urbaine de bambins - voir d'ados - aux globes oculaires sombres comme la nuit qui cherchent à tous prix à pénétrer chez vous ou dans votre véhicule.


C'est donc ce conte inquiétant et moderne que Joe Pruett et Szymon Kudranski adaptent dans ce comics. L'histoire nous raconte comment un jeune homme somnambule devient lui-même un Black Eyed Kids après avoir tué sa mère, son beau-père et envoyé sa soeur à l’hôpital. C'est d'ailleurs ce qui va pousser un père divorcé à enquêter sur ce qui semblait n'être qu'un canular élaboré sur le Web et à se battre pour sauver ce qui reste de sa famille.


Se battre, c'est aussi ce qu'essaie de faire Meredith, une autrice qui peine à trouver des lecteurs. Kidnappée par des enfants aux yeux noirs, elle se voit confier la mission de relater la fin de la race humaine. De même, un agent du bureau du shérif commence à tomber sur des cadavres bien plus fréquemment qu'à l'accoutumée pendant qu'un adolescent étrange cherche à se faire emprisonner. Des personnages et des situations multiples qui ne se croisent pas dans les 5 épisodes qui composent ce premier album mais qui seront sans doute amenés à le faire par la suite.


Surfant donc sur le vivier des creepypastas pour livrer un scénario original et au suspens bien dosé, Black Eyed Kids oublie néanmoins ce qui fait la force de ce genre d'histoires : le mystère. Bien que l'on ne sache pas encore d'où viennent ces enfants, on sent que Pruett a déjà une petite idée sur leurs origines. Ne pas savoir, c'est justement ce qui les rend si terrifiants. De même, le fait qu'une résistance s'organise pour les contrer rend la menace bien moins invincible que lorsqu'on la découvre via des témoignages de gens qui connaissent des gens qui connaissent des gens qui sont morts d'avoir croisé ces créatures.


Toutefois, cet écueil mis à part, l'album se lit très facilement et on éprouve facilement de la sympathie pour les personnages principaux. Si on ajoute à cela les planches de Kudranski qui alternent entre détresse, angoisse et une séquence onirique très bien mise en scène, on a droit à une aventure tout à fait agréable et qui donne envie d'être suivie. Cerise sur le gâteau : les couvertures originales de Francesco Francavilla (un de mes artistes préférés du moment).

Curiosité sans prétention mais au potentiel intéressant, Black Eyed Kids est donc à recommander aux fans de frissons et aux accrocs de la peur sur l'Internet. 

mardi 27 février 2018

Et Vlog La Galère - Black Panther

Et bien, Marvel Studios aura réussi à me faire passer deux bons moments cinématographiques consécutifs... On attend plus que Infinity War pour confirmer la passe de trois.
 
On oublie de liker, disliker, s'abonner, commenter, insulter ou complimenter.
 

samedi 24 février 2018

Review - Hillbilly Tome 1 (Delcourt)

Où sont passées les histoires qu'on se raconte au coin du feu ? Où ont disparu les contes initiatiques ? Comment savoir ce qui se cache dans les ténèbres sans entendre les récits de celles et ceux qui les ont affrontées avant nous ? C'est à ce manque dans notre éducation que répond Eric Powell avec sa nouvelle série Hillbilly.


En effet, les aventures de Rondel le vagabond qui composent ce premier volume se présentent sous la forme d'histoires que les gens se racontent. La première d'entre elles nous dévoilent d'ailleurs ses origines. Comment né sans yeux d'une mère accusée d'adultère, une sorcière lui a offert la vue et le couperet du Diable en échange d'un prix qu'il n'était pas près à payer.


Les autres récits qui accompagnent cette origin story propulse ce nouveau héros face à des sorcières, des trolls, des changelins et un violon hanté dans un contrée à mi-chemin entre une Amérique du début du 19ème siècle et le vieux continent. Là où les villes et villages à la frontière de la civilisation vivent encore dans la peur et la superstition, Rondel et ses compagnons de lutte font face à toutes ces menaces.

Si l'univers de Hillbilly est si dur à situer en termes d'espace et de temps, c'est parce que les histoires qui ont influencé Eric Powell sont à la fois des contes de fées - The Fiddle That Screamed For Blood a les même prémices que Le Joueur de Flûte de Hamelin -, les écrits d'auteurs comme Robert E. Howard - tant Solomon Kane que Conan (je veux une histoire de l'Enfant de Fer !!!) - et la tradition des contes oraux des communautés religieuses pour lesquelles la différence est la marque du malin.


Déconstruit dans sa narration, les compagnons de Rondel apparaissent et disparaissent au fil des légendes. Une façon astucieuse de créer le suspens et le mystère. Comment a-t-il rencontré Lucille, l'ourse gigantesque et affamée qui l'accompagne ? Comment a évolué sa relation avec Esther, son amie d'enfance garçon manqué ?


Le trait si caractéristique d'Eric Powell s'exprime ici dans des teintes pastel et vert-de-grisâtres qui confinent au brumeux. Comme dans ces histoires qui se colportent par le bouche à oreille et se modifient avec le temps, le décor reste vague. Les couleurs très pâles et fantomatiques utilisées sur les planches donnent à Hillbilly un ton beaucoup plus mélancolique que celui de The Goon ou Chimichanga.


Petite pépite d'or expulsée d'une mine du Yukon des Enfers, Hillbilly nous promet déjà un deuxième tome dont la couverture (visible à la fin de cette album) est tout simplement à tomber. De mon côté, je ne peux que vous conseiller cette aventure mystique et terrifiante au côté d'un auteur pour qui mon respect ne fait que grandir.

mardi 20 février 2018

Review : Green Lantern - La Loi de Sinestro (Urban Comics)

Y'a de quoi être vert... Et dire que je me suis mis à Green Lantern sur le tard. Pour une raison que j'ignore (mais qui doit être lié à l'adaptation sur grand écran des aventures de Hal Jordan...), j'ai passé beaucoup trop d'années de ma vie à regarder avec un certain dédain les péripéties galactiques de ces flics maniant l'énergie verte de la Volonté. Cependant, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et, après avoir fait mon retard sur l'intégralité du run de Geoff Johns et les différentes séries New 52, me voilà prêt à attaquer la série Hal Jordan and the Green Lantern Corps qui débute à l'occasion du Rebirth DC.


Relégué au rang de renégat pour assainir la réputation du Corps, l'ami Hal parcourt le cosmos alors que le Gant de Krona qu'il a volé pour remplacer son anneau commence à le changer en une manifestation vivante de la lumière verte. Devant refouler l'énorme afflux de pouvoir qui accompagne cette transformation, il le canalise avec la création d'une nouvelle bague qui fera de lui le seul Green Lantern en activité dans l'Univers.


Car oui, quasiment tous les anciens confrères de Jordan ont disparu dans une autre dimension. Privés de leur force de police intergalactique, les peuples du cosmos ont demandé à quelqu'un d'autre d'assurer leur sécurité : Sinestro et son corps de Yellow Lanterns puisant leur pouvoir dans la lumière jaune de la Peur. Cependant, acquérir la confiance des peuples n'est que la première étape du plan de l'ancien mentor de Jordan qui se lie de plus en plus à Parallax (l'entité de la Peur) pour trouver pouvoir et jeunesse.


C'est donc à Hal de stopper tout seul la menace de Sinestro. Seul ? Non ! En effet, dans un coin inconnu des secteur galactiques, un corps verdoyant revient de son exil, en piteux état, certes... mais prêt à en découdre avec ceux qui ont pris leur place pendant leur absence. D'ailleurs John Stewart, le nouveau leader du Corps, envoie un héraut bien particulier en éclaireur : le turbulent Guy Gardner.


Combats cosmiques, dichotomie chromatique entre le Bien et le Mal, cultes maléfiques et engins de terreur sont au programme de La Loi de Sinestro. Le scénario de Robert Venditti nous resitue l'univers cosmique de DC grâce à de brèves apparitions de ses races emblématiques sans que cela tourne pour autant à l'encyclopédie. L'histoire se permet également quelques morceaux de bravoure et d'epicness, notamment quand Guy Gardner résiste à ses geôliers et provoque le soulèvement des prisonniers du Corps de Sinestro.


Les planches d'Ethan Van Sciver et Rafa Sandoval dépeignent l'action avec une fulgurance de couleurs (normale pour la série) qui ne dépareillent pas avec le travail d'Ivan Reis sur le run de Geoff Johns. J'aurais peut-être tendance que les protagonistes humains font parfois pâle figure face à leurs partenaires plus... exotiques, mais c'est là un défaut mineur.


En résumé, un excellent point d'entrée pour les novices et un très bon point d'ancrage pour ceux qui, comme moi, ont découvert la série sur le tard. Reste à espérer que la suite soit tout aussi intéressante et résolve certaines des énigmes qu'on se pose depuis un moment... Mais où étaient les autres Lanterns depuis tout ce temps ??? 

 

samedi 3 février 2018

Don't Fear The Reader #8

Le premier Don't Fear The Reader de 2018 vous parle de deux fins et un début.
 
Moon Knight - Naissance et Mort chez Panini Comics : L'histoire d'un super-héros habité par un esprit de vengeance égyptien... ou juste un schizophrène qui se prend pour un super héros.
Preacher Livre VI chez Urban Comics : Un pasteur doté du pouvoir d'un dieu cherche le Créateur pour lui demander de rendre des comptes.
Et mon vrai coup de coup de coeur ! Kill or Be Killed chez Delcourt Comics : l'histoire d'un jeune homme dépressif qui passe un pacte avec un démon qui lui a sauvé la vie : pour vivre, il doit assassiner au moins un "sale type" par mois
 

mardi 16 janvier 2018

VO-Day : Koshchei The Deathless #1 (Dark Horse Comics)

L'univers d'Hellboy a cet avantage indéniable de bénéficier de la passion de Mike Mignola pour les légendes et les folklores venus de toutes les contrées pour alimenter un vivier de personnages des plus charismatiques. Si plusieurs héros ont déjà émergé pour avoir leurs propres séries ongoing ou leurs mini-séries (on attend toujours de nouvelles aventures de Lobster Johnson et de Edward Grey en VF d'ailleurs), c'est aujourd'hui à l'un des ennemis du Fils des Enfers que le maestro consacre une aventure en 6 épisodes : Koshchei le Non Mort.


Initialement apparu dans L'Appel des Ténèbres, Koshchei était à l'époque un serviteur récalcitrant de la Baba Yaga chargé de tuer Hellboy. Personnage énigmatique mais non dénué d'une certaine noblesse, il n'accepte d'obéir à la sorcière qu'en échange du seul trésor qu'il convoite : la mort. Un trépas qu'il connaitra finalement aux mains de son adversaire... mais ce n'est que le début de l'histoire.


En effet, Koshchei retrouve l'ex-agent du BPRD dans une taverne quelque part en Enfer. N'ayant plus besoin ni envie de se battre, le guerrier et le démon prennent tranquillement un verre ensemble et c'est au cours de cette rencontre tout à fait amicale que l'immortel issu du folklore russe contera ses origines. Batailles sanglantes, dragons, sorcellerie, trahison et compromis avec les forces des ténèbres émailleront le récit qui feront d'un soldat un être invincible et immortel.


Inspiré en très grande partie du véritable conte russe, Koshchei The Deathless nous rappelle que Mignola est un véritable expert en mythologies et possède un talent indéniable pour se réapproprier des histoires que les enfants ont écouté depuis des siècles. Empreintes de tristesse et de magie, la vie et les déconvenues du personnage principal le font paraître bien à la fois bien plus humain de par les erreurs qu'il a pu commettre et bien moins noble de par le sombre chemin qu'il empruntera.


Qui aurait pu mieux mettre en images cette légende en marche que Ben Stenbeck ? Bon... Ok... Mignola aurait pu le faire... mais son vieux complice nous rappelle que ce n'est pas pour rien qu'ils ont collaboré notamment sur Lord Baltimore. Les planches sont très "médiévalesques" avec quelques fulgurances comme la rencontre avec la Baba Yaga et l'imagerie de son histoire sur les dragons. Le tout est encré par un Dave Stewart qui semble avoir compris qu'une palette de couleurs restreinte est l'outil indispensable pour accentuer la mélancolie et l'ironie tragique de ce récit. Ou quand la colorimétrie magnifie le propos d'un comics.


Excellente surprise en définitive, Koshchei The Deathless apporte un background et un regard nouveau sur un personnage dont beaucoup ont reconnu la valeur lors de sa courte apparition dans les pages de Hellboy. En même temps qu'une sortie en VF, prenons donc le temps de rêver à tous ces vilains dont Mignola pourrait encore nous narrer les origines avec autant de brio.