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lundi 7 mai 2018

Double Top 5 : Free Comic Book Day 2018

Je vous entends déjà grogner : "Double Top 5 ? C'est un Top 10 en fait ! Remboursez !". Peut-être que vous avez raison. Peut-être que j'avais juste la flemme de créer une nouvelle rubrique... Peut-être aussi que le FCBD est pour moi le Jour de la Générosité et qu'au nom de cette valeur, j'ai décidé de doubler le Top 5. Peut-aussi qu'il y avait tellement de bons titres dans ma pêche de ce FCBD qu'il me fallait plus de place pour en parler... et que j'ai autre chose à faire que vous expliquer le pourquoi du comment dans une introduction qui commence réellement à être trop longue.
Enchaînons donc dans la joie et la bonne humeur sur mes 10 lectures préférées à la fin de ce Free Comic Book Day 2018. Sur un total de 22 trouvailles, il a fallu faire un choix.



#10 - Amazing Spider-Man (VO - Marvel Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Spidey qui se fightent avec des vilains de seconde zone alors que Peter cherche un nouvel appartement avec Randy Robertson.

Pourquoi on aime ? J'ai adoré le run de Dan Slott qui a propulsé l'ami Parker dans une spirale de réussite. Cependant, il me tardait que la série revienne à son status quo de départ - sous la houlette de Bick Spencer - avec un Peter fauché qui galère à assumer les deux aspects de sa vie. En plus, on a un aperçu d'un nouveau rôle pour Le Caïd et j'avoue que ça m'intrigue beaucoup.

Une note ? Curiosité / 20

#9  Doctor Who (VO - Titan Comics)


Qu'est ce que c'est les histoires ? Trois petites histoires mettant en scène pas moins de 4 Docteurs (le 10ème, le 12ème, le 11ème et le 7ème) et qui nous teasent certains événements à venir.

Pourquoi on aime ? Parce que Doctor Who... Titan Comics a réussi à donner un ton clair à chaque série et à chaque Docteur, alors voir débarquer le 7ème Docteur et Ace ne peut que faire saliver le Whovian que je suis.

Une note ? Courte apparition du 13ème Docteur / 20

#8 - Magnus (VF - Paperback)


Qu'est ce que les histoires ? Dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine.

Pourquoi on aime ? Parce que dans le futur, une psy pour robots doit infiltrer le Cloud pour trouver une machine assassine ! Vous suivez un peu ?

Une note ? Blade Runner / 20

#7 - 2000 A.D (VO)


Qu'est ce que c'est les histoires ? 4 histoires et un mini-jeu par la fine fleur du légendaire magazine britannique.

Pourquoi on aime ? Parce que l'aventure du Cadet Dredd (un jeune Judge Dredd qui fait encore ses classes) est très drôle. Parce que Strontium Dogs (des chasseurs de primes mercenaires du futur) est super cool. Parce que Future Shock est à se tordre de rire... tout en étant pas très rassuré.

Une note ? Fluide Glacial peut aller se rhabiller / 20 

#6 : Maxwell's Demons (VO - Vault)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Maxwell un petit garçon génial s'échappe de la maison familiale et des reproches de son père pour parcourir le cosmos aux côtés de ses fidèles jouets.

Pourquoi on aime ? On retombe en enfance mais avec un côté sombre et triste.

Une note ? C'est pas la peine d'en rajouter / 20

#5 : Avengers / Captain America (VO - Marvel Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Black Panther rencontre Odin qui lui raconte l'histoire des Avengers de la Préhistoire et lui annonce qu'une nouvelle menace va pointer le bout de son nez. De son côté, Captain America fait face aux conséquences de Secret Empire sur le monde alors qu'une nouvelle menace se profile à l'horizon.

Pourquoi on aime ? Parce que comme pour Amazing Spider-Man, la preview éveille ma curiosité.

Une note ? Nouvelle(s) Menace(s) / 20

#4 : B.E.K, Elfquest, Babyteeth et Jimmy's Bastards (VF - Snorgleux Comics) 



Qu'est ce que c'est les histoires ? Deux mini histoires dans les univers de Black Eyed Kids et de Elfquest. Egalement deux préviews plus qu'alléchantes avec Jimmy's Bastards - où quand Garth Ennis nous raconte SON James Bond - et Babyteeth où une jeune fille donne naissance à l'Antéchrist.

Une note ? Les Marseillails au FCBD / 20

#3 : Shadow Roads ( VO - Oni Press)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Des esprits maléfiques utilisent les carrefours entre notre monde et le leur pour semer le chaos sur Terre. Une équipe de héros se forme pour se mettre en travers de leur chemin.

Pourquoi on aime ? Cullen Bunn et Brian Hurtt récidivent après The Sixth Gun. Le mélange western, Angleterre Victorienne, menace surnaturelle fonctionne à merveille.

Une note ? Penny Dreadful / 20

#2 : L'histoire de l'univers Valiant (VF - Bliss Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? En l'an 4002, le Guerrier Eternel raconte à Rai et à une Géomancienne l'histoire de l'univers Valiant, de l'Antiquité, à l'apparition des Psiotiques.

Pourquoi on aime ? Parce que plus j'en apprend sur cet univers, plus j'ai envie d'acheter tout ce qui le concerne.

Une note ? Stéphane Bern du Futur / 20

#1 : L'Histoire De Negan (VF - Delcourt Comics)



Qu'est ce que c'est les histoires ? Le tueur de zombies le plus classe de ce côté-ci de l'Apocalypse se remémore qui il était avant le début de l'épidémie et comment il est devenu le leader charismatique des Sauveurs.

Pourquoi on aime ? Parce que c'était bien la peine de nous créer un personnage aussi badass et de ne rien nous dévoiler de ses origines. L'erreur est maintenant réparée.

Une note ? Negan, Amour et Rock n'Roll / 20 

Voilà, c'est tout pour le FCBD de cette année, faire ce Top n'aura pas été facile tant il me coûte de laisser certains titres de côté. Toutefois, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez récupéré et ce que vous en avez pensé.

mardi 2 janvier 2018

Top 5 : Lectures 2017

Bonne année à tous les Sidekicks !
 
Ah... ce moment de l'année où au lieu de prendre de bonnes résolutions, je me penche avec nostalgie sur le passé. C'est pour ça que plutôt que de vous parler des projets de la chaîne (il y en a... notamment un nouveau format... Oops, j'en ai déjà trop dit...) je vais vous parler des cinq lectures qui m'ont le plus marqué en 2017.
Certains des albums dont je vais parler ici ont déjà été traités plus en détail dans des articles et d'autres sont sortis avant 2017... mais on parle de choses que j'ai découvertes en 2017, donc déso pas déso...
 
 
#5 : Animosity (Snorgleux Comics)
 
Déjà traité plus en profondeur dans un article, Animosity fut pour moi le principal point d'intérêt du Free Comic Book Day 2017. Cette aventure post-apo dans un univers où tout le monde devient vegan suite à prise de conscience des animaux est à la fois un récit touchant, rythmé et profondément sociétal. 
L'histoire de Jesse et son chien Sandor en quête du grand frère de la jeune fille ont lieu dans un monde à la fois magique et terrifiant. Un récit qui vous donnera envie de faire un gros câlin à votre animal de compagnie.

#4 : Daredevil (Panini Comics)
 

Peut-être que je n'en parle pas assez, mais Daredevil est l'un de mes super-héros favoris. Je suis cependant bien forcé d'admettre que certains runs ont une fâcheuse tendance à m'horripiler et celui de Charles Soule me semblait faire partie de ceux-là. Nouveau costume, nouveau boulot, apparition du sidekick Blindspot... Le Daredevil post Secret Wars éveillaient chez moi une certaine méfiance.
Cependant, après trois tomes sortis chez Panini, à moi de reconnaitre que j'ai eu tout faux. Le nouveau costume de Tête à Cornes est plutôt cool, le mystère sur ce qui s'est passé dans sa vie professionnelle - bien que secondaire - est prenant et... la relation maître / élève entre Matt et Sam commence vraiment à donner quelque chose d'intrigant. Si on ajoute à ça le style Romita / Rétro / Moderne de Ron Garney, le nouveau Daredevil est une excellente cuvée.

#3 : Trillium (Urban Comics)
 

Bon... celui-ci date d'avant 2017 mais ce n'est que cette année que j'ai pu découvrir ce bijou de Jeff Lemire. Deux explorateurs séparés par des millénaires et par des millions de kilomètres se retrouvent et tombent amoureux autour du dernier espoir de l'Humanité.
Il y a trop de mots pour décrire Trillium mais le plus important pour moi doit être "expérience". Les huit chapitres de cette love story psychédélique et intemporelle sont vraiment quelque chose qui donne à vivre au lecteur une histoire magnifiée par des effets de mise en scène qui donnent le vertige (ceux qui l'ont lu comprendront : par moments, je ne savais plus dans quel sens tourner le livre ou les pages). Un petit chef d'oeuvre !
 

#2 : Croquemitaines (Glénat)


Alors que certains nous rappellent que nous sommes "la nation française" sans que ça me touche, je suis quand même fier de vous annoncer que là on va parler d'une production cocorico !
Croquemitaines c'est l'histoire d'un petit garçon qui découvre que les monstres sous le lit et dans le placard existent bel et bien. Témoin du meurtre de ses parents, il vivra alors une nuit pleine de cauchemars aux côtés du Père-la-Mort (le croquemitaine qui vit dans sa maison) qui tentera de le protéger des créatures de la Nuit. Fortement référencé en termes de mythologies et influencé par les écrits de Gaiman, le scénario de Mathieu Salvia nous entraine dans les coins sombres des ténèbres. L'histoire est mise en images par le talentueux Djet qui donne à la fois charisme et humanité à cette galerie de monstres se nourrissant de nos peurs les plus intimes.
Un seul défaut... La série n'est qu'en deux tomes...

#1 : The Wicked + The Divine (Glénat)
 
 
Plus d'une fois en 2017, j'ai tiré mon chapeau à Glénat pour la qualité de son catalogue. Pourtant, je n'ai découvert The Wicked + The Divine qu'en octobre dernier... 
Tous les quatre vint dix ans, douze divinités s'incarnent dans le corps d'autant de jeunes gens et meurent dans les deux années qui suivent. Ils sont vénérés, ils sont aimés, on doute d'eux alors que d'autres leur accorde un amour et une foi aveugle... Fable pop aux références tentaculaires... Enquête policière à la frontière entre mythologie et show business... Quête initiatique d'une jeune femme qui cherche les réponses à ses questions dans les autres, surtout quand les "autres" sont dans la lumière. Servi par les planches de Jamie McKelvie, le récit de Kieron Gillen est en quelque sorte l'aboutissement des prémices qui m'ont fait vibrer dans Phonogram (paru aussi chez Glénat). C'est beau, c'est coloré, ça fait réfléchir et une diablesse du nom de Lucy se prend pour David Bowie... Ai-je vraiment besoin de continuer ?
 
Et voilà, c'est tout pour mon Top 2017. Et vous les Sidekicks qu'est ce que vous avez aimé lire ? Qu'est ce qui vous a fait vibrer et vivre au cours des douze derniers mois ? 

dimanche 29 octobre 2017

Don't Fear The Reader #7

Trois nouvelles reviews en flash dans Don't Fear The Reader
 
- The Boys - On ne Prend Plus de Gants chez Panini Comics
- Lady Mechanika - La Dama de La Muerte chez Glénat Comics
- Big Trouble in Little China - L'Enfer de Midnight Road & Les Fantômes des Tempêtes aux Éditions Réflexions 
 
Enjoy ! 
 

samedi 16 septembre 2017

Review : Never Go Home - La Cavale de Duncan et Maddie (Glénat Comics)

On commence à le savoir : les bons titres indés sont chez Glénat ! Mais à quoi reconnait-on un titre indé ? Petit guide à l'usage des néophytes :
- Une couverture arty
- Un résumé qui n'implique pas des super-héros en collants
- Les planches ne ressemblent à rien que vous ayez déjà vu


Never Go Home (ou We Can Never Go Home en VO) réunit pratiquement tous ses éléments. L'histoire est celle de Madison, une fille populaire et intelligente qui se lie d'amitié avec Duncan, le loser du lycée après que ce dernier l'ait vu faire usage de la super force dont elle est dotée d'une manière inexplicable. Heureuse de trouver quelqu'un qui l'accepte telle qu'elle est et devant qui elle n'a pas à se cacher, l'adolescente commettra l'irréparable lorsqu'elle verra son nouvel ami se faire battre par son père.


Les deux jeunes gens fuiront alors leur petite ville pour un périple sur les routes secondaires américaines. Dealers de drogue, policiers, agents fédéraux et autres jeunes dotés de pouvoirs croiseront leur route. Car oui, Madison n'est pas la seule super/mutante/spéciale de ce monde. D'ailleurs, Duncan lui-même dira posséder un pouvoir dont il ne fera jamais la démonstration : celui de tuer quelqu'un par la pensée comme il a tué sa propre mère.



Quand Tueurs Nés (ou True Romance et Badlands) et Misfits ont fait l'amour... c'est là qu'est né Never Go Home. Romance boiteuse entre deux ados qui se prennent les doigts dans un engrenage de violence et y perdent bien plus que quelques phalanges. Hymne post-punk à cette même violence décomplexée qui n'apparait plus aussi problématique aux deux héros une fois que la machine est lancée. L'histoire de Matthew Rosenberg et Patrick Kindlon est un peu tout ça... et plus encore.



Never Go Home est un état de fait. Le photogramme d'un sentiment de ne pas appartenir au monde qui nous entoure, la douce douleur d'être quelqu'un de différent. Si nombre de comic-books ont traité cette thématique par le passé (ne serait-ce que X-Men ou, plus récemment, They're Not Like Us) mais Rosenberg et Kindlon y amènent quelque chose de différent. Leurs héros ne cherchent pas à se faire accepter ou à profiter de leurs dons... ils veulent juste fuir à la recherche d'un havre qu'ils savent bien qu'ils ne trouveront jamais.



C'est peut-être dans cette constante fuite en avant qu'il faut appréhender le volume. Les dessins de Josh Hood sont la plupart du temps "fuyants" avec un trait et une mise en scène très simple et rapide. Le découpage de certaines scènes de dialogues montrent aussi à plusieurs reprises le sentiment d'urgence qui animent Duncan et Maddie dont en faisant de la page une grille qui - pour moi - représente la prison dans laquelle leur évasion les enferme.


Incidemment, les défauts du scénario semblent moindres (mais ils existent quand même) pris sous cette perspective de la fuite en avant. Le personnage de Duncan semble indécis et les scènes où quelqu'un le tabasse se répètent régulièrement... mais n'est ce pas là un moyen de nous montrer que peu importe ses décisions, il en revient toujours au même point. Peu importe la fugue, la seule personne qu'il ne peut pas fuir, c'est lui-même.


La conclusion de l'album laissera aussi pas mal de gens sur leur faim. Peu de choses sont expliquées et on peut même se demander l'intérêt de la scène finale... mais les héros ont fui pour ne pas avoir à répondre aux questions et aux doutes qui les rongeaient, alors pourquoi devrions-nous - lecteurs - avoir une réponse qu'eux-mêmes ne désirent pas connaître ?


Dernier point pour reconnaître un titre indé :
- Il vous fait vous poser pas mal de questions...



dimanche 2 juillet 2017

Comics Theory - (Something Like a) Femen-menon

Le quinzième épisode de Comics Theory est en ligne.

L'idée de parler de l'évolution de l'image des Femmes et du Féminisme dans les comics m'est venu après les lectures de Wonder Woman - Dieux et Mortels et de Bitch Planet.
C'est un sujet pas évident à traiter, mais - comme précisé dans la vidéo - je ne donne que mon opinion et je ne me considère pas comme un érudit donneur de leçons.
Bon visionnage !

dimanche 14 mai 2017

Ma PAL en PLS #2 - Free Comic Book Day 2017

Histoire de ne pas encore augmenter la hauteur de ma PAL, je me suis fait un peu de binge-reading sur mes acquisitions du Free Comic Book Day 2017.
 
18 mini-reviews en moins de 20 minutes, c'est possible ! Avec :
 

mercredi 10 mai 2017

Review ; Big Guy & Rusty the Boy Robot (Glénat Comics)

Qu'elle est loin l'époque où Frank Miller nous pondait régulièrement des comics de qualité ! Une époque où en véritable précurseur, il s'était imprégné de culture japonisante pour peupler l'univers de Daredevil de ninjas ou pour cribler les truands de Sin City des shurikens de la belle et vénéneuse Miho comme autant de bombes tombant sur le Japon.


De cette période "Soleil Levant", on retient facilement Ronin comme THE oeuvre incontournable. Enfant d'un Lone Wolf & Cub bercé à la technologie cyberpunk, la fresque du samouraï futuriste est depuis un incontournable de la culture comics. Cependant, on ignore souvent l'existence de ce Big Guy & Rusty the Boy Robot que Glénat nous ressort aujourd'hui (après une première édition il y a de ça moult années chez Delcourt) dans une magnifique édition.

L'histoire est des plus simples. Des scientifiques tokyoïtes jouent aux Prométhées modernes en essayant de recréer la vie. Leur expérience tournera mal en donnant naissance à une gigantesque créature aussi reptilienne qu'intelligente bien décidée à transformer le monde et sa population à son image.

Devant l'inefficacité de l'armée à stopper la créature, les autorités nipponnes n'auront pas d'autre choix que de faire appel à Rusty, leur prototype de robot à la puissance nucléoprotonique. Hélas, l'enfant-machine ne sera pas de taille non plus et le dernier espoir du Japon - et de l'humanité - reposera sur les épaules de Big Guy, un géant de fer américain.


Si Ronin rendait hommage aux films de sabres et autres mangas à la Baby Cart, force est de constater que c'est ici au Kaïju Eïga (films de monstres à la Godzilla) que Miller livre en partie une déclaration d'amour. "En partie" car les deux chapitres de l'histoire sont aussi l'occasion de glisser des références au Astro-Boy de Tezuka à travers le personnage de Rusty et aux délires les plus organiques d'un Akira lors des scènes de transformations des foules en créatures préhistoriques.

Qui a dit "Hentaï" ?

Ce qui rend tout cet univers si prenant doit énormément aux planches d'un Geof Darrow qui use et abuse de l'espace pour donner vie à ses créatures d'un autre âge. Hyper-détaillées et bien loin d'un surdécoupage de l'action comme on en voit beaucoup trop de nos jours, les cases de l'artiste laisse la place à des combats aussi titanesques que leurs enjeux.


Je n'irais pas jusqu'à vous dire que Big Guy & Rusty the Boy Robot est un incontournable qu'il vous faut à tous prix posséder, loin de là. Cependant, il fait partie de ces curiosités amusantes (il n'y a qu'un seul tome après tout) dont on aime se vanter. De même, tout fan de Frank Miller ne peut pas passer à côté de l'occasion de compléter la bibliographie de l'auteur avec cette intéressante vision issue de son passé visionnaire.

mercredi 12 avril 2017

Review : Phonogram - Ex Britannia (Glénat Comics)

Avant propos : Bien que Glénat ait sorti une version colorisée de Phonogram, j'ai eu du mal à trouver des images en couleur de Ex Britannia. Du coup vous aurez un peu de noir et blanc, mais sachez que les couleurs sont somptueuses
Merci
 
Commençons par dire ce que je finis toujours par dire dans ces cas là : Glénat s'impose définitivement comme l'éditeur qui nous propose les plus belles séries indés. Pourquoi je le répète ? Parce que j'attendais depuis des lustres l'arrivée de Phonogram dans nos étals de comic-shops. Pourquoi je l'attendais ? Parce que... je ne sais pas en fait... Ce comics m'a tellement parlé que le meilleur moyen de l'introduire c'est de vous citer son créateur, Kieron Gillen, qui nous dit dans l'introduction du volume :
"Ce comics décrit la manière dont l'art transforme les gens pour le meilleur et pour le pire."
 
Paie ta référence à This is Hardcore
L'histoire est celle de David Kohl, un phonomancien britannique bien plus intéressé par sa petite personne et par la musique que par le reste. Il se retrouve - contre son gré - chargé par une déesse d'une mission d'importance capitale. Des individus inconnus essaient de ramener à la vie Britannia - l'un des aspects de cette déesse dont on ne peut que supposer qu'elle est l'incarnation de la Musique - qui n'est autre que l'esprit de la Britpop, ce genre musical du début des années 90 qui nous a amené des groupes tels que Blur ou Oasis.
 
Peu enclin à s'accomplir de cette tâche de par les liens étroits qu'il a entretenu avec Britannia de son vivant, David se lancera tout de même dans cette quête après une rencontre avec le fantôme d'une ex - bien vivante - sur le pont de Severn Bridge où Richey Edwards des Manic Street Preachers a disparu en 1995 (disparition toujours inexpliquée à ce jour car, même si Edwards est déclaré mort depuis 2008, on a toujours aucune idée de ce qui lui est arrivé). Il entamera ainsi un voyage dans ses propres souvenirs pour comprendre qui peut bien vouloir ramener la Britpop du royaume des Ombres.
 
Phonogram est tout sauf facile à lire. Bien que je félicite le travail de traduction, son univers est si nébuleux qu'il peut paraître impénétrable au premier abord. Le parachutage du lecteur dans un monde établi où il ne comprend que trop peu les règles est déroutant. Que sont les phonomanciens ? Ou les rétromanciens ? Quels sont leurs pouvoirs ? Qui est cette déesse ? 
 
Et puis, on se rend compte que tout ce qui a trait à la magie importe peu en fin de compte. Comme dit plus haut, Phonogram parle de la relation à l'art. Peu importe que David soit une espèce de John Constantine de la musique, ce qui compte c'est qu'il est un personnage-vestige d'une époque révolue qui essaie de trouver sa place dans le monde moderne. Il est ici question de nostalgie. Dans son désir de revivre les jours de gloire de la Britpop, David en vient à aimer les groupes qu'il a toujours détesté à l'époque. Pourquoi ? Parce que quand vous aimez quelque chose qui est mort et enterré, vous n'avez plus rien de neuf à vivre alors vous cannibalisez le passé jusque dans ses recoins les plus sombres.
 
Et pour ce qui est des recoins, autant vous dire qu'on y va. Je n'irai pas jusqu'à me prétendre expert en musique, mais j'admets avoir pas mal de connaissances à ce sujet. Phonogram m'a appris l'humilité en me dévoilant tout une facette de la pop british dont je n'avais aucune idée. Je pouvais vous parler d'Oasis, des Manic Street Preachers ou de Blur pendant des heures, mais j'ignorais jusqu'à l'existence de Kenickie, Echobelly ou Afghan Whigs. On sent bien que Gillen a été journaliste avant d'écrire des comics et les anecdotes qu'il raconte sentent toutes trop la vérité pour être ignorées. D'ailleurs, même si je conçois que toutes ces références à des groupes, des albums ou des concerts vieux de vingt ans peuvent dérouter, sachez qu'il y a un glossaire à la fin de l'ouvrage (et une playlist à la fin de cet article)
 
Les dessins de Jamie McKelvie m'ont fait pensé à du Roy Lichtenstein sous influence pop 90's. Ces personnages ont beau être un peu raides, ils ont des expressions faciales parfaites. De plus les planches sont claires et aident à comprendre l'histoire.
 
En résumé, Phonogram est un pur album pour poseurs, ce que nous sommes tous, qui aiment se la raconter en soirée. Non, sans déconner. Vous pourrez passer pour un gros con - ce qu'est le protagoniste en fin de compte - qui sait tout sur la Britpop et qui aime étaler sa science devant les gens. Vous serez "un vrai connard. Mais pourquoi voudriez vous être autre chose ?"
 
NDLR : de mon côté, je vous propose une petit playlist de derrière les fagots et qui rassemblent les groupes et chansons dont s'abreuve l'ouvrage.

mardi 11 avril 2017

Don't Fear The Reader #4

On vous parle de trois albums sortis en Mars
- Batman The Dark Knight III Tome 3 chez Urban Comics
- Lady Mechanika Tome 3 : La Tablette des Destinées chez Glénat
- Daredevil / Punisher : Le Septième Cercle chez Panini

mardi 7 février 2017

Review : Wraithborn - Renaissance (Glénat Comics)

Après les sorties de deux tomes de Lady Mechanika chez le même éditeur, voici venir la nouvelle série du père de l'aventurière steampunk : Wraithborn ! Pas d'Angleterre victorienne fonctionnant à la vapeur ici, mais un conte épique et urbain mêlant démons, sociétés ancestrales et adolescente innocente.


Mélanie Moore est cette jeune innocente. Lycéenne aussi douée timide et discrète, elle vit sa petite vie sans faire de vagues entre les cours et un père dont elle prend grand soin dans l'attente d'une marque d'attention, même maladroite. Hélas, ces vagues viendront la chercher un soir alors qu'elle est allée déposer des fleurs sur la tombe de sa mère.
Sous la forme d'un gros guerrier en armure

Elle fera la rencontre d'un guerrier à l'agonie qui lui fera don du pouvoir de repousser les démons avant de rendre son dernier souffle. Désormais la cible de créatures plus maléfiques les unes que les autres, au service de la terrible Brijit, Mélanie n'aura pour seuls alliés que Zoé, une camarade de classe aux dons médiumniques hérités de sa grand-mère - et Valin, le guerrier de l'ordre des Immortels qui était destiné à recevoir le pouvoir du Wraithborn.


Comment vous dire ? A une époque, je dévorais absolument tout en comics, le bon comme le moins bon. Comme un junkie en manque, il me fallait ma dose et j'essayais de me la procurer par tous les moyens. Manque de pot, c'étaient les années 90 et mes dealers les moins scrupuleux m'ont refilé tout et n'importe quoi, y compris pas mal de comics Top Cow.


Wraithborn c'est Witchblade l'héroïne badass en moins. Le scénario, le bestiaire, les costumes... Tout ici fait penser à du Marc Silvestri. De la société secrète au pouvoir mystique qu'elle garde jalousement en passant par des entités démoniaques filiformes ou musculeuses, j'ai eu l'impression de relire de vieux kiosques de chez Semic tout en regrettant que Mélanie n'ait pas la carrure d'une Sara Pezzini.


L'ouvrage essaie pourtant de faire preuve d'originalité en faisant de son héroïne une coincée à la Peter Parker (ce qui est étonnant vu son physique plutôt avenant, je ne comprenais pas qu'elle soit une paria dans son école) et en proposant une galerie d'antagonistes issue du folklore vaudou. Hélas, rien n'y a fait.


Pas même le coup de crayon d'un Joe Benitez habitué aux protagonistes féminines qui nous présente tour à tour la frêle Mélanie et la plantureuse Kiara. Incidemment, le seul personnage masculin important de l'intrigue - Valin - parait bien fade et ressemble à beaucoup trop d'autres héros ténébreux et maussades qu'on a pu croiser dans les productions Image ou Top Cow de la grande époque.


En résumé, Wraithborn reste pour moi une petite déception de la part d'un artiste dont j'attendais qu'il confirme les louanges que j'avais pu lui décerner à la découverte de Lady Mechanika. Un album dispensable, surtout pour celles et ceux qui attendent d'être surpris par un comics.