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lundi 31 juillet 2017

Review : Le Procès de l'Incroyable Hulk

Vous me faites rire avec le MCU... Les univers étendus sur les écrans ça ne date pas d'aujourd'hui... La série The Incredible Hulk avait beau ne pas être un modèle de clins d'oeil et de références aux comics, force est de constater que deux des trois téléfilms qui ont suivi l'arrêt du feuilleton en 1981 ont eu le mérite de provoquer la rencontre entre le Géant de Jade et d'autres héros de la Maison des Idées. Si je me réserve Le Retour de l'Incroyable Hulk et son combat entre Thor et Hulk pour une review qui coincidera avec la sortie de Ragnarok, je ne pouvais pas rester une seconde de plus sans vous parler de sa suite sortie en 1989 : Le Procès de l'Incroyable Hulk.



Toujours en cavale à la recherche de la paix et d'un moyen de se guérir, David Banner (oui, oui... David Banner, Bruce n'est que son deuxième prénom dans la série) arrive dans une ville qui ne sera jamais précisément nommée (en tous cas, ce n'est pas New-York). Témoin de l'agression d'une femme dans le métro par deux malfrats qui viennent à peine de braquer une bijouterie, il hésitera à fuir avant de s'interposer et de se prendre une rouste qui le métamorphosera en son alter ego aussi vert que baraqué.



Après avoir sauvé la jeune femme, il s'enfuira mais sera rapidement rattrapé par la police qui lui passera les menottes. En effet, la victime potentielle qu'il a voulu aider témoigne en sa défaveur suite aux menaces des deux criminels protégé par leur patron : le mystérieux caïd du crime Wilson Fisk. Heureusement, David pourra compter sur son avocat lui-même décidé à tirer la ville des griffes de Fisk : l'aveugle Matthew Murdock.



Car oui mille fois oui, Le Procès de l'Incroyable Hulk constitue la première apparition live de Daredevil. D'ailleurs, Ben Affleck et Charlie Cox peuvent se rhabiller car ici le rôle de l'Homme sans Peur incombe à la star de Tonnerre Mécanique : l'acteur / chanteur / ange tombé du ciel Rex Smith. 



Voulu comme un backdoor pilot destiné à tester la viabilité d'une série - jamais produite - dédiée à Tête à Cornes, le téléfilm fera d'ailleurs la part belle au héros non-voyant qui s'avérera être le véritable attrait du métrage. Tout nous sera dévoilé de ses origines (la mort de son père, l'accident qui lui a donné ses pouvoirs, l'origine de son pseudonyme...) et instaurera les personnages secondaires de son univers. Bye bye Foggy, Karen Page et Ben Urich d'ailleurs qui seront remplacés par Christa Klein (l'associée de Matt), Al Pettiman (leur secrétaire) et le commissaire Tendelli (flic intègre allié du justicier). Toutefois, la présence du malfrat Turk rappellera quelques bons souvenirs aux fans.
 
Il est le seul à jouer l'aveugle sans porter de lunettes noires parce que... soyons frans... il a des yeux à se damner
De plus, même si le costume qu'il porte est bien loin de la version officielle, force est de constater qu'il est très proche de ce que John Romita Jr nous a proposé dans la mini-série Man Without Fear de Frank Miller (sorti 4 ans après le téléfilm) et du premier costume de la version Netflix du personnage. De là à dire que tout est lié, il n'y a qu'un pas...


Pour faire face au charisme solaire d'un Rex Smith qui sublime son jeu d'acteur en dehors des scènes d'action (un peu poussives, mais on ne peut pas tout lui demander non plus), il fallait un vilain d'exception. Bien que John Rhys-Davies - le Gimli du Seigneur des Anneaux et surtout le Professeur Arturo dans Sliders - cabotine à fond dans son rôle de Wilson Fisk, il est intéressant d'avoir fait de lui un maniaque du contrôle qui dirige ses troupes par écrans interposés. En effet, au delà de l'affrontement classique du Bien et du Mal, nous avons aussi une dichotomie entre l'aveugle et celui qui veut tout voir, tout filmer.

Par contre, lui il porte des lunettes noires...

Malheureusement, Le Procès de l'Incroyable Hulk n'est pas exempt de défaut. Au delà d'une réalisation (de Bill - David Banner - Bixby) très plate et des transitions de série télé, les fanas d'action survoltée risquent de bouder leur plaisir. En effet, les deux héros ne se croiseront que lors d'une scène au cours de laquelle le Géant de Jade viendra à la rescousse d'un Daredevil traquenardisé par les hommes du Caïd. Le reste des interactions consistera en un jeu de "Vous devez m'aider" / "Laissez-moi tranquille" entre Matt et David qui saura quand même s'inverser lorsque le justicier aveugle perdra quelques temps la foi en sa mission.


De même, le procès que nous promet le titre ne se déroulera que lors d'une séquence de rêve. David, terrifié à l'idée que le stress provoqué par un interrogatoire pourrait lui provoquer, imagine que le monstre en lui dévaste le palais de Justice. Toutefois, cette scène onirique sera l'occasion du tout premier caméo de Stan Lee en membre silencieux du jury. Quand je vous disais que Marvel Studios n'avait rien inventé...



Curiosité pour les complétistes de l'univers Marvel à l'écran, Le Procès de l'Incroyable Hulk reste cependant une tentative amusante et bien plus honnête que les super-productions actuelles de faire cohabiter les personnages de nos lectures. Le DVD sorti en catimini chez TF1 Vidéo en 2004 contient également quelques bonus sur les origines de Hulk et Daredevil à réserver aux néophytes. Habitués des bacs à soldes, je ne saurais que vous conseiller de vous procurer cette petite pépite pour un poignée de centimes. 


mercredi 10 mai 2017

Review ; Big Guy & Rusty the Boy Robot (Glénat Comics)

Qu'elle est loin l'époque où Frank Miller nous pondait régulièrement des comics de qualité ! Une époque où en véritable précurseur, il s'était imprégné de culture japonisante pour peupler l'univers de Daredevil de ninjas ou pour cribler les truands de Sin City des shurikens de la belle et vénéneuse Miho comme autant de bombes tombant sur le Japon.


De cette période "Soleil Levant", on retient facilement Ronin comme THE oeuvre incontournable. Enfant d'un Lone Wolf & Cub bercé à la technologie cyberpunk, la fresque du samouraï futuriste est depuis un incontournable de la culture comics. Cependant, on ignore souvent l'existence de ce Big Guy & Rusty the Boy Robot que Glénat nous ressort aujourd'hui (après une première édition il y a de ça moult années chez Delcourt) dans une magnifique édition.

L'histoire est des plus simples. Des scientifiques tokyoïtes jouent aux Prométhées modernes en essayant de recréer la vie. Leur expérience tournera mal en donnant naissance à une gigantesque créature aussi reptilienne qu'intelligente bien décidée à transformer le monde et sa population à son image.

Devant l'inefficacité de l'armée à stopper la créature, les autorités nipponnes n'auront pas d'autre choix que de faire appel à Rusty, leur prototype de robot à la puissance nucléoprotonique. Hélas, l'enfant-machine ne sera pas de taille non plus et le dernier espoir du Japon - et de l'humanité - reposera sur les épaules de Big Guy, un géant de fer américain.


Si Ronin rendait hommage aux films de sabres et autres mangas à la Baby Cart, force est de constater que c'est ici au Kaïju Eïga (films de monstres à la Godzilla) que Miller livre en partie une déclaration d'amour. "En partie" car les deux chapitres de l'histoire sont aussi l'occasion de glisser des références au Astro-Boy de Tezuka à travers le personnage de Rusty et aux délires les plus organiques d'un Akira lors des scènes de transformations des foules en créatures préhistoriques.

Qui a dit "Hentaï" ?

Ce qui rend tout cet univers si prenant doit énormément aux planches d'un Geof Darrow qui use et abuse de l'espace pour donner vie à ses créatures d'un autre âge. Hyper-détaillées et bien loin d'un surdécoupage de l'action comme on en voit beaucoup trop de nos jours, les cases de l'artiste laisse la place à des combats aussi titanesques que leurs enjeux.


Je n'irais pas jusqu'à vous dire que Big Guy & Rusty the Boy Robot est un incontournable qu'il vous faut à tous prix posséder, loin de là. Cependant, il fait partie de ces curiosités amusantes (il n'y a qu'un seul tome après tout) dont on aime se vanter. De même, tout fan de Frank Miller ne peut pas passer à côté de l'occasion de compléter la bibliographie de l'auteur avec cette intéressante vision issue de son passé visionnaire.

mardi 11 avril 2017

Don't Fear The Reader #4

On vous parle de trois albums sortis en Mars
- Batman The Dark Knight III Tome 3 chez Urban Comics
- Lady Mechanika Tome 3 : La Tablette des Destinées chez Glénat
- Daredevil / Punisher : Le Septième Cercle chez Panini

dimanche 29 janvier 2017

Review : Dark Knight - The Last Crusade (Urban Comics)

J'aurais aussi bien pu appeler cet article "Pour 14 euros, t'as plus rien !".


Frank Miller et Batman, c'est pour moi une évidence. L'univers du scénariste taciturne géniteur de Sin City ou des sagas les plus sombres et mémorables de Daredevil et le Chevalier Noir de Gotham étaient faits l'un pour l'autre. Cependant, si Year One et The Dark Knight Returns sont pour moi des monuments du Bat-Universe, force est de constater que DK2 et ce que j'ai lu pour l'instant de The Master Race (ouais, j'utilise le titre VO) sont bien en dessous de leur majestueux prédécesseurs.
 
Mais ça c'est l'éternelle lutte des générations
J'ai cependant laissé sa chance à ce one-shot vendu comme la préquelle de The Dark Knight Returns parce qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Quelle erreur je fis !


Parlons tout d'abord du scénario. Une vague de suicides / crimes impliquant de grandes fortunes de Gotham sévit et lance le plus grand détective du monde sur la piste de Poison Ivy, épaulée par Killer Croc. Cela sent le réchauffé ? On a déjà lu ça de la part de scénaristes bien moins prestigieux ? Peut-être, mais... Miller s'en contrefout !


Lui, ce qui l'intéresse c'est de nous montrer un Batman vieillissant devant lutter contre des douleurs chroniques de plus en plus lancinantes tout en essayant de former un Jason Todd - Robin - bien trop impétueux et accro à la violence au goût de son mentor. Son trip, c'est aussi de nous montrer un Joker emprisonné une énième fois à l'asile d'Arkham et qui s'échine à rendre fou ses co-détenus.


Malheureusement, tout cela est mal fait et on touche pour moi à ce qui fait le défaut numéro 1 du récit : il est beaucoup trop court. Les thématiques et les situations ont beau être intéressantes, les 57 pages de l'histoire principale ne parviennent qu'à nous brosser un portrait un peu brouillon des enjeux qu'elles posent. Robin n'a quasiment jamais la parole et Batman lui-même devient une parodie de héros fatigué lors d'une confession sur l'oreiller avec Catwoman.


Même le climax de l'histoire a un goût de pétard mouillé nappé de frustration. Ce qui devait être le point de départ de l'action en est la conclusion ! J'aime qu'on joue avec mes attentes, mais ici, ça ressemble à du sadisme. Miller me met en appétit avec un Joker plus fou que jamais et conclue son histoire dans la foulée...


Fort heureusement, John Romita Jr sauve l'ensemble par des planches où son style si particulier et anguleux s'accorde parfaitement à l'univers du Caped Crusader. Un Robin agressif, un Joker en mode "thin white psycho" et un Killer Croc plus baraque que nature qui dérouille notre héros comme jamais. Toutefois, c'est son Batman à mi-chemin entre la créature longiligne de ses débuts et le justicier imposant et terriblement massif dessiné par Miller qui démontre d'un véritable travail d'évolution sur le trait du personnage.


D'ailleurs, Urban ne s'y est pas trompé en proposant en bonus de l'histoire, l'intégralité des crayonnés du sieur Romita. Oui, vous avez bien lu... On a 57 pages de récits ET 57 pages de la même chose, en noir et blanc et sans les dialogues... Le film muet du livre en somme ?


D'ordinaire, c'est ici que je mettrai la conclusion, mais je pense que pour une fois, ça se passe de commentaire. 

vendredi 4 mars 2016

Review : Dark Knight III (Urban Comics)

On dit que "L'orgueil précède la chute". Un proverbe valable que j'adapterai aujourd'hui en clamant que "L'attente précède la déception". Annoncée en avril 2015, l'arrivée de The Dark Knight III : The Master Race, la conclusion de la trilogie de Frank Miller sur Batman a été chaudement accueillie par les fans. Qu'en est-il aujourd'hui que le premier tome arrive dans les étals de nos libraires grâce aux bons soins d'Urban Comics ?


Notons tout d'abord que pour éviter toute polémique, l'éditeur français a sobrement retitré le volume The Dark Knight III. Nul point Godwin ne sera donc atteint et la "race des maitres" passe ainsi à la trappe.
 
Bien joué les mecs !
L'histoire débute trois ans après la conclusion de The Dark Knight Strikes Again. Le monde semble en paix après la défaite de Lex Luthor et Brainiac jusqu'au jour au l'Homme Chauve-Souris réapparait pour flanquer une rouste à la police de Gotham. Poursuivi par les gars en bleu, le héros sera bien appréhendé et se révèlera n'être autre qu'une Carrie Kelley (la Robin de The Dark Knight Returns) répétant en boucle que Bruce Wayne est mort.


En parallèle, le récit nous permet de retrouver Wonder Woman. L'amazone élève son fils Jonathan telle une mère louve agressive et semble regretter que sa fille Lara cherche à passer tant de temps auprès de son père, Superman dans sa Forteresse de Solitude. Un Superman figé dans la glace qui ne pourra donc rien faire lorsque sa progéniture emportera la cité miniaturisée de Kandor auprès du Professeur Ray Palmer - alias Atom - pour essayer de rendre leur taille normale aux Kryptoniens qui en sont captifs.


Ne dévoilons rien de plus du scénario de Frank Miller et Brian Azzarello qui réservent ici son lot de surprises attendues et de retournements de situations qu'on voyait venir à des kilomètres. L'intrigue est - à ce point de l'histoire - encore trop disparate pour véritablement la juger. Il est cependant tout à fait légitime de se demander ici "Où est mon Dark Knight ?".
 
Comme dirait Vianney "Pas là"

Plus proche d'un Kingdom Come, le volume se contente de mettre en place son univers avant de le chambouler complètement. Pourtant, on était en droit d'espérer un peu plus de Batman tant les deux premiers volumes de la trilogie (qui - d'après Frank Miller - est devenu une future tétralogie au fur et à mesure que le projet avançait) avait déjà défriché ce travail de définition de cet univers.



Restent les planches d'un Andy Kubert en grande forme. Nouveau venu - au même titre qu'Azzarello - sur la saga, l'artiste a parfaitement su s'approprier les codes de son prédécesseur (Frank Miller qui ici n'officie que sur le tie-in consacré à Atom). On retrouve donc avec plaisir les doubles pages qui présentent les émissions de télé réagissant aux événements et les pleines pages tendues comme une toile de fond sur des événements plus petits dans leurs cases.

Frank Miller aux crayons

Je pense n'avoir jamais parlé du prix des albums dans mes articles. J'ai toujours estimé que la qualité se paie et qu'avoir une passion, cela s'assume. Je trouve cependant... très dommage que deux épisodes de la série principale et deux tie-in qui se lisent - montre en main - en quinze minutes valent bientôt trois fois plus cher qu'un Batman Universe acheté le même jour en kiosque et lu en deux fois plus de temps. Une situation bien énigmatique que j'espère résoudre avec une bonne partie de Scrabble.

Ou pas


 

mardi 21 juillet 2015

Retro Review : Frank Miller's Ronin (Zenda)

L'été, ma vieille mère me disait toujours "Une brocante, c'est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber"... et après, pour une raison que j'ignore, elle se levait d'un bon en criant "Cours, Remy, cours" avant d'aller pêcher la crevette avec mon ancien sergent du Viet-Nam. Toujours est-il qu'elle avait raison car jamais au grand jamais, je n'aurais pu me douter que mes balades du week-end sur les brocantes de ma région m'amèneraient à mettre la main sur un classique parmi les classiques... Le DVD de Forrest Gump... Ronin de Frank Miller.



Sorti à l'origine chez DC entre 1983 et 1984, le graphic novel qu'est Ronin illustre à la perfection l'amour que Miller éprouve pour le Japon. N'avait-il pas déjà donné naissance à La Main, le clan de ninjas ennemi de Daredevil et dessiné les aventures de Wolverine au Japon ? Fasciné par les arts martiaux et les samouraïs, il aura à coeur de mettre en scène une figure charismatique qui l'intrigue autant qu'elle l'inspire : le samouraï sans maître, le guerrier déchu, le ronin...
 
Ca marche aussi pour l'acteur déchu qui n'a rien fait de bien depuis Casino
Dans le Japon féodal, notre héros anonyme devient le ronin du titre lorsque son sensei - Maître Hozaki - meurt des mains du démon Agat qui est à la recherche de l'Epée de Sang. Cette lame (volée par Hozaki au démon), si elle est imprégnée du sang d'un innocent, est la seule à pouvoir renvoyer ce dernier dans les ténèbres. Cherchant à venger la mort de son maître, Ronin prend la route avec l'Epée de Sang, bien décidé à s'entraîner pour sa confrontation finale avec le démon.


Il le retrouvera bien des années plus tard et triomphera d'Agat en s'embrochant en même temps que son ennemi, procurant ainsi à la lame le sang de l'innocent dont elle avait soif. Agonisant, mais pas idiot, le démon jettera un dernier sort : il enfermera son âme et celle du Ronin dans l'épée afin qu'elles y restent pour l'éternité.


Sauf que l'éternité... et bien ça dure 800 ans visiblement car c'est dans un New-York dystopique que les deux adversaires reprendront leur combat. Incarné dans le corps d'un enfant-tronc... dotés de pouvoirs télékinésiques et de prothèses cybernétiques. Perdu dans un monde qu'il ne peut pas comprendre, poursuivi par la police du futur et par des robots, harcelé par les gangs des ruines de New-York et mis au menu du repas des cannibales peuplant les égouts de la cité, Ronin ne pourra compter que sur lui et sur son sabre. 


Mêlant Chanbara et Cyberpunk, Ronin marque le véritable début de l'intérêt que le comics américain va commencer à porter à son cousin asiatique : le manga. En effet, autant par le style que par l'histoire ou les thématiques, Ronin sent l'hommage aussi bien à Lone Wolf and Cub qu'à Akira.
 
Comme vous devez connaitre Akira, voici Lone Wolf and Cub
Les dessins - de Miller également - nous propulsent alors d'estampes japonaises à d'énormes splash pages (une seule illustration sur une double page) représentant une Grosse Pomme post-apocalyptique ou la cité  bio-technologico-organo-synthétique (?) peuplés de robots méchas filiformes d'Aquarius. Des décors propices aux vices de toutes sortes dans lesquels, l'auteur balance ce qui allait devenir ses clichés habituels : lutte des classes (ou des races avec l'affrontement entre les gangs noir et nazi), personnages ayant peu ou pas de valeurs morales... 
 
Estampe japonaise qu'on a dit...
Une déliquescence de l'âme, en somme, dans laquelle son héros innocent se retrouvera happé sans jamais perdre de vue son objectif. Stoïque, aussi silencieux que mortel, Ronin devient une icône immédiate dans l'antichambre de l'enfer qu'est devenu le monde.

Malgré un twist assez décevant et une fin qui nous laisse... sur notre faim, Ronin mérite à n'en point douter son statut d'oeuvre phare des années 80. Incisif, violent, beau et précurseur tant dans sa narration que dans sa mise en scène, les aventures du Samouraï sans maître de Miller trouveront une place de choix sur les étagères de n'importe quel collectionneur de comics qui a envie d'ajouter une touche d'Histoire (du média) à ses volumes.


mercredi 22 avril 2015

Comics Theory - 36 15 Ultron

On rediffuse l'ancienne émission Fun en Bulle sur les robots à l'occasion de la sortie de Avengers : Age of Ultron dans nos salles.

 

jeudi 18 septembre 2014

Sin City 2 : J'ai Tué pour... Moins que Ca - Raging Bulles

La nuit est chaude et étouffante et c'est pas les éclairs et la pluie qui vont pouvoir y changer quelque chose... J'ai un gout amer dans la bouche que même un Pepsi Max arrive pas à faire passer. J'ai envie de parler de passion ce soir, et j'ai envie d'en parler avec passion. D'ailleurs il y a plus de passion dans cette phrase que dans le dernier film de Robert Rodriguez.

 
La passion c'est ce qui m'a donné envie d'écrire cet article à chaud, avec la sensation de m'être enflé le prix de ma place de ciné chevillé aux boyaux. Sans elle, je serais accro aux émissions de Cyril Hanouna, je porterais des polos Eden Park et j'aurais, balancé mes disques de Marvin Gaye, de Rickie Lee Jones et de Bowie pour me passer en boucle les derniers albums de Ben l'Oncle Soul, Shaka Ponk ou Selah Sue.

Cyril Hanouna en mode Sin City
C'est quelque chose qu'il ne fait pas bon avouer en public dans les cercles où je traine ma vieille carcasse, mais j'avais plutôt apprécié le premier Sin City. Je criais pas au chef d'œuvre bien sur, mais le film avait eu le mérite de m'intéresser. Son identité visuelle, son rythme et sa narration en intrigues croisées était comme une baraque à l'architecture novatrice posée entre deux taudis de la Vieille Ville. J'avais entendu les ragots, les "on dits", les bruits de la rue qui m'annonçait cette séquelle comme un sombre navet, mais je me devais - et je devais au film qui m'avait plu il y a de ça neuf ans - d'aller me faire mon propre avis.

Et j'aurais du emmener une boutanche, ça aurait pas fait de mal
J'ai utilisé le terme séquelle, mais c'était une bourde. Comme son prédécesseur, le film nous raconte plusieurs histoires qui se croisent et croisent même celles du premier opus. On retrouve Dwight (maintenant interprété par Josh Brolin) dans le segment qui donne son titre au métrage. Situé plusieurs années avant The Big Fat Kill, le chevalier servant de ces dames retrouve son ancien amour Ava qui s'est mise dans une merde pas possible.

Merci qui ? La CMU pardi
 
On retrouve également Nancy (Jessica Alba qui est tout simplement torride) la danseuse amoureuse du fantôme de son flic d'amour John Hartigan. La belle se désespère depuis quatre ans maintenant et fantasme sur l'assassinat du puissant autant que corrompu Sénateur Roarke, responsable du suicide de son amant.

Et elle danse, danse, danse...
Une troisième histoire, nous fait suivre les pas de Johnny, joueur surdoué et frimeur qui a l'intention de faire payer au même Roarke une dette de son passé. Qui a envie de gagner contre un homme qui déteste perdre et a le pouvoir de vous pourrir la vie ?

 
Marv est aussi de retour avec un Mickey Rourke fidèle au poste. Ses apparitions dans l'histoire sont difficiles à situer pour la simple et bonne raison que certaines d'entre elles ne peuvent avoir eu lieu qu'après sa mort à la fin de The Hard Goodbye.

Du coup, on a Thanos et Whiplash dans le même film...
Cette narration éclatée est le premier problème du film. Si on pouvait situer les récits du premier Sin City dans un même "secteur temporelle" (c'est à dire qu'on pouvait très bien imaginer qu'ils se passaient la même semaine), ces nouvelles tranches de vie percutent de plein fouet la continuité telle qu'on la désirait. Cela n'est pas forcément un mal en soi, sauf quand ça occasionne des incohérences... comme LA PUTAIN DE RESURRECTION DE MARV !
 
Le casting s'enrichit et c'est l'un des rares points que je ne critiquerais pas trop. Les anciens se glissent à nouveau dans la peau de leurs personnages comme s'ils en étaient sortis hier. La plupart des nouveaux venus sont plus qu'acceptables. Josh Brolin avait la gueule de l'emploi et même si je trouvais que Joseph Gordon-Levitt faisait trop "minet beau gosse" pour l'enfer de la Cité du Vice, force est de reconnaitre qu'il est suffisamment bon acteur pour s'en tirer. Certains seconds rôles comme mes chouchous Ray Liotta et Christopher Lloyd sont impeccables.

 
C'est au niveau d'Eva Green que le bat blesse. Je veux bien que son personnage soit un cliché de femme fatale mais quand ton jeu d'actrice fait sentir au public que tu vas tourner ta veste dix minutes avant que tu le fasses, y'a comme un souci, non ? Je pense que la seule direction que Rodriguez lui ait donné a été "Ouvre grand les yeux comme si tu étais une folle"... C'est réussi.

Je te rappelle que tu es la fille de Marlène Jobert. Rien que pour ça, tu devrais pas trop la ramener...
 
Je passerais sous silence l'apparition de Lady Gaga (elle couche avec qui sérieux pour se retrouver là ?) pour m'attaquer à la réalisation. Robert Rodriguez est incapable de faire une suite. J'avais autant aimé Desperado que Il était une fois au Mexique m'avait déçu. Machete était aussi fun que Machete Kills était gonflant. Un écran affichait les films et les horaires des séances devant le cinéma. Je me suis étonné de voir un "Tout public" inscrit en lettres blafardes sous Sin City 2. On a quand même droit à une bonne dose de sexe, de sang, de têtes tranchées et d'yeux énucléés.

C'est à la quinzième amputation que j'ai compris. Il n'y avait pas une once de passion ou d'enjeux là dedans. On aurait pu faire défiler un bandeau pendant le film avec les mots :
Ce que vous avez dans le premier, je vous le ressers puissance 1000 dans le deuxième.


Autrement dit, Miho va avoir du pain sur la planche...

C'est comme ça qu'on arrive à l'écoeurement. La violence n'est qu'un prétexte à des gerbes de sang blanchâtres. Un personnage ne se suicide plus parce que c'est la seule solution à une situation inextricable, mais parce que c'est "stylé". La narration en voix-off se contente de balancer des punchlines dont seulement un faible pourcentage ont un tant soit peu de dégaine. Cela n'apporte plus rien à l'intrigue ou à l'univers.


Même la réalisation se contente de rebalancer les mêmes effets de style qu'il y a neuf ans et tombe rapidement dans l'outrance ou le ridicule. On dirait que la technologie n'a pas évolué pendant toutes ces années et on atteint le comble de la pitrerie quand les acteurs font semblant de courir devant le fond vert. Les apparitions de Frank Miller et de Roberto Rodriguez sont même pas des clins d'œil... à peine un petit coup de coude asthmatique.

Croyez le ou non, mais Miller se tire une balle dans le pied là

On raconte que si tu prends la bonne ruelle à Sin City, tu peux trouver ce que tu veux. Quelqu'un connait le moyen de trouver un bon film ?
Hé ho, tu n'as pas parler de moi !