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dimanche 29 octobre 2017

Don't Fear The Reader #7

Trois nouvelles reviews en flash dans Don't Fear The Reader
 
- The Boys - On ne Prend Plus de Gants chez Panini Comics
- Lady Mechanika - La Dama de La Muerte chez Glénat Comics
- Big Trouble in Little China - L'Enfer de Midnight Road & Les Fantômes des Tempêtes aux Éditions Réflexions 
 
Enjoy ! 
 

jeudi 17 août 2017

Review : Jenny Finn (Emmanuel Proust Editions)

On commence à se connaitre vous et moi... et vous savez que le nom de Mike Mignola arrive toujours à faire vibrer chez moi une corde sensible que même les récits les plus décevants du Hellboy-verse n'ont jamais réussi à briser. C'est ainsi que le nom de l'auteur sur la couverture d'un album inconnu édité par une maison mystérieuse trouvée sur un stand d'un salon perdu a été vécu comme la découverte de quelque ancien grimoire renfermant moult secrets mystiques. Si en plus le grimoire en question me promet une histoire aux accents Lovecraftiens et Verniens dans un Londres Victorien, l'amateur de littérature du siècle dernier (et de celui d'avant) ne pouvait que se portait acquéreur de ces pages pleines de savoirs interdits.



Publiée à l'origine chez Boom! Studios, la série appelée Jenny Finn : Doom Messiah nous narre les aventures de Joe, un provincial au grand coeur et aux épaules carrées venu chercher du travail dans la ville de Londres. Employé dans les abattoirs, il passe son temps libre à arpenter les bas-fonds de la capitale lorsque son chemin croise celui de Jenny Finn, une enfant à l'aspect innocent.


Ne voulant pas que le moindre mal arrive à la jeune fille dans ces quartiers où sévissent le crime, la prostitution et un tueur de femmes, Joe jouera au chevalier servant auprès de cette dernière. Il est cependant loin de se douter que sa protégée n'est pas aussi sans défense qu'elle en a l'air et qu'elle est même à l'origine d'un mystérieux mal qui s'étend à travers toute la capitale. Une maladie horrible qui défigure et déforme ceux qui la contractent et contre laquelle lutte le Premier Ministre en personne.

Le premier ministre... Vador ?

Sorte de contre macabre au milieu duquel surgissent les tentacules d'une apocalypse aussi lovecraftienne qu'insidieuse, Jenny Finn cristallise les influences de Mignola. La vision des Grands Anciens de l'écrivain de Providence imprègne  évidemment chaque page. Toutefois, on perçoit aussi quelques inspirations steampunk (dans l'aspect du Premier Ministre et de ses sbires), des aspect hérités d'Edgar Allan Poe (pour les spectres hantant les vivants) ainsi qu'un souffle social rappelant un Charles Dickens cthulhoïde. Ici les laissés pour compte sont sous l'emprise d'entités millénaires et protéiformes.


Intégralement en noir et blanc, trois des quatre chapitres du récit sont confiés aux soins de Troy Nixey alors que les planches de la conclusion reviennent à Farel Dalrymple. On peut - comme moi - déplorer ce changement de dessinateur tant le travail de Nixey s'attache à montrer les horribles mutilations subies par les victimes d'une maladie mystico-vénérienne. Les visages parsemés de furoncles deviennent l'habitat de tentacules, mais aussi de nageoires, ventouses et autres queues de poissons. Une espèce de vérole infâme et démoniaque qui déforment encore plus les gueules ridées et cassées qui peuplent le récit. Une déliquescence des corps et des âmes que l'épisode de Dalrymple, confus et simpliste en comparaison, ne parvient pas à recapturer une seule seconde.



En conclusion, Jenny Finn ravira à coup sûr les fans du père du démon aux cornes brisées. Production indée et indubitablement ancrée dans les sombres rêves de son auteur, elle parvient à injecter dans un récit bref et concis tout son univers.


lundi 15 février 2016

Review : Evil Empire - Nous le Peuple (Glénat Comics)

Quand la fin du monde commence-t-elle ? A l'heure où le genre post-apocalyptique retrouve ses lettres de noblesse tant dans les comics qu'au cinéma, c'est sur cette interrogation que s'ouvre ce premier tome de Evil Empire. Si l'idée de la fin de toute civilisation ouvre dans nos esprits des images de mondes dans lesquels des groupes de survivants affrontent des hordes de morts-vivants ou des machines tueuses, le comics de Max Bemis offre pour sa part une alternative beaucoup plus humaine, mais également beaucoup plus terrifiante.
Ici, la société a succombé à ses plus bas instincts. Ce fameux empire du Mal annoncé par le titre, ce sont les États-Unis. Une Amérique gangrenée jusqu'à la moelle où la drogue semble devenue aussi légale que la fornication en pleine rue ou même le meurtre. La police est corrompue, les violences aveugles sont aussi quotidiennes que banalisées... Ce futur pas si distant nous est envoyé à la face dès les premières pages de l'album avec cette question : comment les choses en sont elles arrivées là ?
Un début de réponse ?

Retour quelques années en arrière où nous faisons la connaissance de Reese, jeune rappeuse aux textes engagés qui se pose beaucoup de questions sur la course à l'élection présidentielle qui oppose le jeune idéaliste Sam Duggins au conservateur Ken Laramy. Une compétition politique à laquelle Reese se retrouvera mêlée bien malgré elle alors que son respect - et son attirance - pour la ferveur candide de Duggins grandira et qu'une série de tragédies viendra remettre en cause les tenants et les aboutissants de cette échéance électorale. Bien plus qu'un sempiternel débat d'idées, ce sont les principes du Bien et du Mal qui seront au cœur d'une lutte pour les valeurs et l'âme de tout un pays.

Impossible d'en dire plus sur l'intrigue sans vous spoiler un scénario qui vous réserve un lot ahurissant de twists en tous genres. Bemis sait surprendre son lecteur et il y a fort à parier que vous bondirez de votre fauteuil, canapé ou tout autre endroit où vous vous installez pour lire en tournant certaines pages. Ce n'est pas compliqué : chaque début d'épisode (toujours situé 25 ans dans le futur) soulèvera son lot de questions auxquelles viendront s'ajouter les coups de théâtre du Présent.

Sur le fond de son message, Evil Empire m'a fait penser à une espèce de Transmetropolitan inversé. Si l'excellente série de Warren Ellis prônait la remise en question du gouvernement et des institutions pour que l'individu puisse penser par lui même, Bemis utilise les laïus de ses personnages pour montrer que sous le vernis de la civilisation, l'homme moderne n'attend qu'une bonne excuse pour laisser libre cours à ses plus bas instincts.

Même si l'on peut regretter un manque de cohérence et d'originalité dans le dessin, certaines des planches de Ransom Getty sont très agréables à l'œil dans leur découpage. Malheureusement, ces pages restent un peu trop rares à mon goût. Il n'est toutefois pas nécessaire de grandes images quand le scénario en vaut autant la peine et qu'il soulève autant d'implications dans la tête du public. Encore une excellente série pour Glénat qui, je l'espère, ne tardera pas trop à publier les deux prochains tomes (la VO ne comptant que 12 épisodes) tant ce premier volume m'a donné les crocs.

mardi 17 mars 2015

VO-Day : Bill and Ted's Most Triumphant Return #1 (Boom! Studios)

"Soyez excellents les uns envers les autres" ou plus exactement "Be excellent to each other"... Des paroles pleines de sagesse qui nous viennent des deux messies qui changeront un jour la face du monde : William S. Preston Esquire et Ted "Theodore" Logan. Ces deux adolescents légèrement attardés sur les bords sont les membres fondateurs du groupe Wyld Stallyns qui est appelé à changer la face du monde.


Bill & Ted's Excellent Adventure et sa suite Bill & Ted's Bogus Journey sont deux films sortis respectivement en 1989 et 1991. Mix improbable entre Wayne's World et Retour Vers le Futur, les deux longs métrages nous font suivre les aventures de ces deux métalleux déjantés alors que Rufus, un voyageur temporel, vient leur annoncer que leur groupe de rock sera à l'origine d'une ère nouvelle pour l'humanité, une ère de fraternité, de coolitude, de "Dudes" et de "Awesome".


Véritables films cultes aux Etats-Unis, la franchise a également lancé la carrière de Keanu Reeves (alias Ted) et d'Alex Winter (a.k.a Bill... non attendez, il n'a plus rien fait après lui...) tout en revisitant de manière fun et décomplexée le concept de voyage dans le temps. Oui, du voyage dans le temps car nos deux héros se verront vite aux commandes d'une cabine téléphonique... et, je vous rassure, je vais finir par en parler.


J'en vois qui s'impatientent... "Il va finir par nous parler de comics ou pas ?". N'aie crainte jeune Sidekick trop jeune pour avoir vu ces films... J'y viens et je vais même parler de "Niche-ception". Qu'est ce que c'est que ça ? On va y venir...
 
Mais c'est pas ça
Boom! Studios nous propose ce mois-ci la suite des aventures de Bill et Ted : Bill & Ted's Most Triumphant Return L'action se déroule quelques secondes après la fin de Bill & Ted's Bogus Journey alors que nos héros remportent la bataille des groupes de la ville de San Dimas accompagnés de La Mort (ouais, la Faucheuse... ils sont devenus amis quand Bill & Ted sont morts), de la géniale créature Station et des gentils robots Bill et Ted (qui ont aidé nos héros à combattre les méchants robots Bill et Ted... essayez de suivre un peu), des princesses Joanna et Elizabeth (les petites amies qu'ils ont rencontrés dans l'Angleterre du XVème siècle) et de Bill et Ted Jr (les enfants qu'ils ont eu pendant leur stage d'entrainement à la guitare dans le futur).


C'est d'ailleurs le début de la consécration pour nos deux "Dudes", car le morceau qu'ils ont joué lors de leur premier concert a été retransmis dans le monde entier par leur ennemi Chuck Denomolos - un autre voyageur temporel qui déteste l'utopie provoquée par les Wyld Stallyns -. Les fans sont là et attendent que leurs idoles leur livrent une nouvelle dose de sagesse musicale... sauf que... Bill et Ted sont en panne d'inspiration.


Plutôt que de passer par la case "Prenons nous la tête pour écrire un tube" (une case dont Keen'V doit ignorer l'existence... c'est méchant et totalement gratuit), les deux amis décident de sauter dans leur cabine téléphonique et d'aller faire un tour dans le futur pour qu'on leur donne leur tube clés en mains. C'est là que tout va partir en vrille.


Alors qu'est ce que la Niche-ception ? C'est mettre une niche dans une niche. Rien à voir avec les chiens cependant... Le comics est déjà un média de niche à la base. C'est à dire qu'ils s'adressent à un public restreint. Admettons qu'une personne sur 100 sur cette planète s'intéresse véritablement aux comics. Maintenant sur ce 1% de la population mondiale, combien pensez-vous qu'il y ait de gens qui aient apprécié - ou même vu - les films dont Bill & Ted's Most Triumphant Return se veut la séquelle ? Vous voyez où je veux en venir ?


Brian Lynch au scénario et Jerry Gaylord aux dessins livrent un travail fun et coloré qui est plaisant à lire... Si on peut le lire ! On ne peut pas apprécier ce comics sans avoir vu les films dont il s'inspire. Pire encore, cette franchise restant (malheureusement) méconnue en France, il n'y a que trop de chances que vous puissiez vous la procurer en VF.
 
Peut être qu'un crossover arriverait à nous atteindre ?
Je vous laisse, je vais pleurer dans mon coin. Mais avant ça, je vous laisse ici le lien d'une émission que je faisais sur Youtube avec deux amis. On parlait de musique et de cinéma et justement dans cette vidéo et sa suite, on parle de Bill & Ted, si vous voulez en savoir plus sur les films. Enjoy.

 https://www.youtube.com/watch?v=YBoOvQxz3oY

dimanche 7 septembre 2014

Review : Sons of Anarchy #1 (Ankama - Label 619)

Lisser vos moustaches, cirer vos selles, faites reluire votre guidon et pousser sur la pédale, car Ankama met les petits plats dans les grands pour nous sortir le tome 1 de la série comics dérivée de la série TV Sons of Anarchy. En effet, c'est face à une couverture noire et or que je me suis retrouvé, un crâne bien connu des adeptes des aventures de la bande des Bikers de SAMCRO. Un ouvrage qui sent l'asphalte, le gazole et le caoutchouc brûlé... Il ne restait plus qu'à voir ce que cette beauté avait sous le capot.
 
 
Attention, la suite de cet article contient des spoilers sur la série TV, lisez-le à vos risques et périls...
 
Et c'est bien là qu'est le problème... J'avais lu le premier épisode du comics il y a de cela quelques mois car j'avais envie d'y consacrer un VO-Day. Hélas, à l'époque je n'avais vu que les deux premières saisons du show de FX et j'attaquais la troisième... Autant dire que certains éléments de l'intrigue ont eu le mérite de me faire rager.
 
Spoiler : nos héros vont se déplacer à moto
 
Situé quelque part au milieu de la saison 5, ce premier volume raconte l'histoire de Kendra, fille d'un ancien membre des Sons qui fut un temps le meilleur de Tig. La jeune femme a des ennuis et quitte Los Angeles pour Charming en quête de protection. Malheureusement, des individus particulièrement mal intentionnés sont à sa poursuite et ça sera à nos héros sur deux roues de s'assurer qu'ils ne mettront pas sur la jeune fille et le secret qu'elle cache.
 
 
L'histoire est prenante... Aussi prenante... que quelques épisodes de Sons of Anarchy... Le scénario de Christopher Golden est fidèle en tous points à ce qu'on pourrait attendre d'un scénario de la série télé. Les personnages sont conformes à ce qu'ils ont toujours montré sur le petit écran (on a d'ailleurs aucun mal à les reconnaitre grâce aux dessins impeccables de Damian Couceiro) et c'est ce manque de surprise qui empêche le comics d'atteindre le niveau de son matériau d'origine.
 
 
La "faute" en revient peut-être à Christopher Golden, auteur à la base, on connait surtout le monsieur pour ses différentes adaptations. Il a en effet "rédigé" de nombreux romans sur des univers aussi divers que ceux de Buffy, de Hellboy ou encore des X-Men. Si je devais le comparer à un musicien, je dirais que Golden est un cover artist, le genre de type qui commencerait son concert en annonçant "La Mélodie est connue et je ne change que légèrement les paroles"... et cette fois-ci, il nous chante du Edith Piaf.

Spoiler : elle épouse le Boxeur et meurt à la fin du film
Le résultat n'est pas mauvais... mais il n'est pas excellent non plus. Les dessins de Couceiro sont hargneux et fidèles au ton de la série. J'ai tendance à dire que Sons of Anarchy - comme The Shield ou Breaking Bad - sont des séries que je qualifie de séries "oranges". Je ne suis pas très sur de savoir ce que j'entends par là, mais c'est un ressenti à la fois esthétique et psychologique. Des décors réalistes mais qui correspondent à une certaine image de l'Amérique. Des protagonistes qui ne sont ni des enfants de salaud, ni des petits chanteurs à la croix de bois... entre les deux en fait...
 
 
Le volume s'adresse en toute logique aux fans de la série TV, mais je me demande quand même si les moins afficionados vont y trouver leur compte. On passe à côté de quelque chose je pense. D'autres séries ont su se libérer de leurs limites en passant de l'écran sur le papier (Doctor Who ou Chapeau Melon et Bottes de Cuir pour ne citer que ces deux-là). Ici, on a qu'une espèce de story-board de bonne qualité, comme si on avait pas eu le budget pour tourner cet épisode alors on a refilé le script à Boom ! Studios. En d'autres termes, j'ai la Edith Piaf en berne.
 
Ouais, j'ai eu une petite période Biker... Voilà la seule mob que j'ai jamais possédé