lundi 22 avril 2013

En mode Super-Castor : Jason Todd, le deuxième Robin

A l'occasion de la sortie en TPB de "A Death in the Family" chez Urban Comics dans quelques jours, repenchons nous sur la vie et la carrière de Jason Todd, le second Boy Wonder.

 
Devinez ce qui arrive à Robin ! Cette image est l'indice 1

Apparu dans les comics dès Batman #408 (en fait depuis le #357, mais Crisis on Infinite Earths a effacé cette première rencontre), Jason Todd est un orphelin qui a eu la malchance de tomber dans le seul orphelinat de Gotham où l'on apprend aux pensionnaires à devenir de vrais criminels endurcis. Qu'à cela ne tienne ! Quitte à être un jeune voyou, autant taper fort pour asseoir sa réputation. Le jeune homme essaie alors de voler les pneus de la Batmobile et fera équipe avec le Chevalier Noir pour fermer l'établissement. Impressionné par les capacités de l'adolescent, Bruce Wayne en fera son pupille et son allié contre le crime.

Au sommaire de 90mn Enquête Exclusive :
Gotham City : Prostitution et vols de pneus

Là où Jason se démarque de Dick Grayson (le premier Robin) c'est dans son attitude. Il fume, jure, conteste les ordres et n'en fait qu'à sa tête. Dans un épisode marquant, il va même complètement à l'encontre de la philosophie de Batman en "tuant" un violeur en série. La responsabilité de Jason dans la mort de ce sinistre personnage n'a jamais été prouvée mais le doute lié à cette affaire subsitera longtemps et sera l'une des raisons pour lesquelles le lectorat commencera à détester le personnage.

Indice 2

Arrive alors l'époque de Death in the Family. Sans vouloir vous spoiler (mais bon, vous avez vu le titre et les images) DC avait mis en place à l'époque un numéro de téléphone payant et c'était aux lecteurs de décider si Jason devait survivre au story-arc ou pas. Le vote fut serré, mais Robin fut alors condamné à mort, passé à tabac par le Joker et abandonné à côté d'une bombe à retardement. Batman restera longtemps traumatisé par cette mort. Il refusera de prendre un nouvel assistant pendant des années et gardera le costume de Jason dans une vitrine comme un hommage au plus rebelle de ses ouailles. Tombé de rideaux, passons au deuxième acte.

Indice 3 mais je ne spoilerais pas

Après s'être rappelé au bon souvenir de tout le monde avec une apparition dans la saga Silence (que Urban nous ressort aussi, ces mecs ont de la suite dans les idées, moi je vous le dis) alors que le vilain Clayface (Gueule d'Argile) se fait passer pour lui dans un plan de déstabilisation émotionel du Caped Crusader.

- Bah, il est pas vraiment revenu alors ? me direz-vous.

Non, fidèles sidekicks, il n'est pas vraiment revenu d'entre les morts à cette occasion vu que ça s'était passé AVANT ! Et ouais ! L'imposture de Clayface nous a surtout permis de voir que le cerceuil du jeune homme était aussi vide qu'un dancing de la Meuse un jeudi soir. Alors où était Robin pendant ce temps.

Vous expliquez les causes de sa résurrection impliquerait de trop grandes considérations scientifiques alors tenons-nous en à : il y a eu une faille et un chamboulement de la réalité provoqué par le Superboy d'une réalité alternative. Jason revient à la vie, sort de sa tombe et - amnésique - commence à errer de par le monde. Il est alors receuilli par Talia Al'Ghul qui lui rend sa mémoire et un but : se venger du Joker et prendre sa revanche sur Batman qui n'a pas bougé le petit doigt pour le sauver.

Ah et accessoirement, elle l'a fait boire !

Dans un revirement de situation innattendu, on apprend alors que ce n'était pas Clayface qui avait affronté Batman lors de Silence, mais bel et bien Jason (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). Le jeune homme (bah oui, il a vieilli pendant qu'il était... mort) assume alors l'identité de Red Hood et devient tour à tour un ennemi puis un allié de la Bat-Family. Il luttera contre le crime de manière bien plus expéditive que son mentor (n'hésitant à utiliser des armes et à tuer) et fera finalement la paix avec son passé et les héros de Gotham.

A noter qu'une version simplifiée et plus accessible de cette histoire est disponible en film d'animation sous le titre Batman : Under the Red Hood. La chance d'en savoir plus sur un personnage complexe et attachant qui a marqué Batman de sa marque (la violence de Damian, 4ème Robin n'est elle pas semblable à celle de Jason ?) et qui aurait mérité bien mieux que la fin "téléphonée" qu'il a connu il y a quelques années.


- Allo ? Nan, mais t'es Batman, t'as pas de Robin. Nan mais allo quoi...

 

lundi 15 avril 2013

Raging Bulles : Les Profs

Sujet de philo du bac "Fun en Bulle": A-t-on vraiment besoin de voir un film pour savoir que c'est un navet ? Vous avez une bande annonce et quatre heures.

 
 

Quatre heures ? Il m'en faudra pas autant. A l'heure où les States adaptent The Avengers, Man of Steel ou Guardians of the Galaxy, la France - exception culturelle - contre-attaque avec du lourd... et même du très lourd... Les Profs ! Pour gagner du temps, je vais commencer ma dissertation sans faire de brouillon, ça rendra un bel hommage à la technique employée par les scénaristes du film.

Autre exemple de film écrit avec les pieds par un chien
 

Notre analyse se dévellopera en plusieurs temps. Nous essayerons d'abord de comprendre POURQUOI des gens ont fait ça avant de nous pencher sur POURQUOI il ne faut pas aller voir cet immonde boulet cinématographique.

Observation : quel acteur essaie déjà d'occuper plus de place que les autres sur l'affiche ?
Nous y reviendrons plus tard

Exercice 1 (épreuve de français) : Le matériau d'origine

Vous essayerez de répondre en vers pour un bonus de points.

 

France... terre de clichés

Tu t'acharnes sur les métiers

Pour en faire de la bande dessinée

Qui fait rire gras dans les foyers

Infirmières, profs, blondes

Tu n'épargnes personne en ce monde

Tes blagues faciles et éculées

Sont autant de raisons pour que tu ailles te faire....

 

La poésie c'est bien gentil, mais vous l'aurez compris, je ne suis pas un fanatique de toutes ces BD qui stigmatisent un corps de métier ou un groupe éthnique ou une couleur de cheveux (citons pêle mêle : Les Geeks, Les Blondes, Les Rugbymen... à quand Les auteurs de BD pourri ?). On a l'impression de lire du Laurent Gerra. Pour ne parler que de ce qui est des Profs, on a droit à tout l'éventail habituel de préjugés : ils sont fainéants, dépressifs, ils aiment pas les enfants, ils boivent du café et n'attendent que les prochaines vacances...

Je suis prof d'anglais. Vous trouvez que ça me ressemble ?

L'autre particularité de la BD les profs c'est qu'elle est l'exemple typique du "Une page, un gag". Comme beaucoup d'autres BD, il n'y a aucun développement du personnage car il revient toujours jouer la même chose : le cancre reste un cancre, la dépressive reste dépressive... Comment faire un film d'1h40 à partir de quelque chose qui se lit en 30 secondes ? On ne peut pas... c'est aussi simple que ça. Alors on va cantonner le film à une succession de blagues potaches inspirées de la BD avant de nous sortir une intrigue et une morale dans la dernière demie heure... De toutes façons, les gosses dans la cour de récré, ils parlent de quoi ?

- de l'épiphanie carrement messianique que le perso de Boulard a connu et qui lui a fait prendre conscience qu'avoir son bac, c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie

- ou la prof d'anglais qui découpe une table à la tronçonneuse ?

Certains gags sont tellement peu recherchés qu'un strip suffit
 

En conclusion... on est d'accord.

Exercice 2 : Mathématiques

Expliquez mathématiquement pourquoi ce film est un navet en vous appuyant sur sa bande annonce

Sachant que, de par le théorème du 118 218, aucun ancien membre de la troupe des Robins des Bois ne peut rien faire de bien quand il n'est pas avec ses camarades, nous ne pouvons que souhaiter à PEF de s'écraser avec autant de classe que son personnage de Pouf le cascadeur.

C'est exactement ce que je voulais faire...

Problème :

Mettez dans une même scène l'un des acteurs les plus horripilants du cinéma français et celui qui est en passe de le remplacer. Lequel des deux essaiera le plus de tirer la couverture à lui lors de la promo ?

Soyons honnêtes : Christian Clavier est quand même un lourd hors compétition. Ce mec ne peut pas jouer dans un film sans penser qu'il en est la vedette, le réalisateur, le producteur et un ami personnel de Nicolas Sarkozy. Regardez bien la bande annonce et dites moi qu'une seule de ses interventions vous a fait sourire (faites très attention, il sort la même vanne dans deux de ses apparitions, mais ça compte pour deux interventions).

Si seulement ça pouvait être un cerceuil

D'un autre côté, s'il y a bien une chose qui m'a réjouit quand j'ai vu l'affiche du film à l'arrière d'un magazine gratuit qu'on trouve dans les fast-foods, c'est qu'il est l'occasion pour moi de vous dire à quel point j'ai Kev Adams en horreur. Cet humoriste "jeune et beau gosse" qui va essayer desespérement de tenir 10ans sur le même concept et sur les mêmes blagues. Ca fait déjà au moins 3ans qu'il a 18ans... Il n'a aucun talent d'acteur vu qu'il joue toujours le même personne et surtout, il fait croire que la médiocrité intellectuelle c'est cool... Merci monsieur Adams...

A ne jouer que les lycéens, il est pas près de tirer son coup à l'écran le petiot... Niak niak !
 

Je passe rapidement sur le reste du casting... Défilé de has-been télévisuels et d'acteurs au visage sympathique qui donne une caution du type "Nan, mais regardez c'est un vrai film, on a Isabelle Nanty qui joue dedans".

Exercice facultatif : Musique.

C'est moi ou y'avait une espèce de flash mob dans laquelle Kev chante du rap dans la bande annonce ? Ca vous donne vraiment envie ? C'est un coup à ce que si le film marche, il nous sorte un single, voir même un album... Vous imaginez ? La culture et l'intelligence n'ont peut être plus la côte, mais si vous voulez donner une bonne éducation aux générations futures, je pense que l'idée même d'un album de Kev Adams se rapproche de ce que les Mayas appellent la fin du monde.

Vous aurez été prévenus les Sidekicks.

Un bon film avec des profs dedans si jamais vous avez envie d'être moins con



vendredi 5 avril 2013

VO-Day : Thanos Rising #1 (Marvel Comics)

S'il est bien un personnage que Marvel a mis en avant depuis la sortie du film The Avengers, c'est bel et bien. L'apparition du Titan Fou lors du générique du blockbuster avait fait mouillé la culotte de tous les geeks Marvelites du monde. J'ai moi-même poussé des petits gémissements de lycénne un soir de bal de fin d'année à l'apparition de ce menton violet et crevassé.

 

Après une apparition classique quoique bien stylée dans les pages d'Avengers Assemble (la série comics publiée pour rameuter les nouveaux fans qui se font alpaguer par le film), Thanos nous revient dans une mini-série nous relatant ses origines. Origines qui, pour ce premier numéro nous plonge dans l'enfance de l'une des plus grandes menaces que l'univers Marvel ait jamais connu. Une espèce de Thanos Year One en quelques sortes.

Petit cours de style : CA, c'est stylé !
Pas stylé...

 

Je l'ai lu... Alors... POURQUOI ? Je ne vais pas dévaloriser le travail de Simone Bianchi qui réalise des dessins absolument magnifiques qui glorifie le Fan Numéro Uno de la Grande Faucheuse, mais... (et là je me répète)... POURQUOI ?

Nous avions l'un des super-vilains les plus bad-ass du comics toutes maisons d'édition confondues. Il avait passé toute sa carrière à s'emparer d'artefacts de plus en plus puissants pour satisfaire son seule et unique amour : La Mort. Ce premier numéro nous montre un petit bébé tout violet que sa maman veut trucider à peine a-t-il quitté son utérus. L'histoire bondit de quelques années en avant pour nous présenter un Thanos adolescent, partagé entre ses cours à l'école primaire de Titan et des tentatives désespérées pour attirer l'attention de Mentor, son papa. Le futur fléau des Dieux a même des vues sur la jolie rouquine de sa classe. On est chez Spider-Man ou quoi ?

Filez-moi vos meufs ou je fais un malheur !

Je vous épargne la suite, notamment les moments où Thanos joue avec son petit lézard. Toujours est-il que l'un de mes persos préférés ne sort pas grandi de ces quelques pages. L'intrigue se met en place mollement et à moins que je ne me trompe lourdement, on voit déjà où Jason Aaron veut en venir. Mais qui peut bien être cette jeune femme qui pousse Thanos sur la voie du Coté Obscur ?

Je vous la fait quand même : Thanos fait joujou avec son lézard

 

Bref, un ressenti qui tient plus de "Ultimate Thanos se la joue Anakin Skywalker" (ah bah oui parce qu'en plus une prophétie entoure sa naissance si j'ai bien tout compris). Toutefois, comme je ne suis pas homme à faire usage de la langue de bois, je vous promets très sollenellement que si jamais la série décolle, je vous présenterais mes plus plates excuses. A très bientôt les sidekicks.

Restez à la page !



lundi 1 avril 2013

The Walking Dead : Retour sur la saison 3

Attention spoilers inside : ne lisez pas cette article avant d'avoir vu la saison 3 sinon vous deviendrez un zombie.

 

L'émotion m'étreint encore... La saison 3 de The Walking Dead vient de s'achever sous mes yeux et je ne sais pas quoi en penser. Beaucoup de gens s'étaient plaint d'une saison 2 un peu plate et manquant d'action. La saison 3 a répondu à leur attentes en nous offrant des zombies abbatus à l'arme à feu, décapités par un katana, perforés par divers objets contondants ou encore piétinés rageusement. Ajoutez à cela la guerre entre le groupe de Rick et la ville retranchée de Woodbury sur laquelle régnaient le sordide Gouverneur et vous aurez votre compte d'action, mais le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? Oui et non en fait...

Prouve que tu es un fan de la série en nommant les 4 personnages sur cette photo

On connait le principe d'un film de zombies : des zombies, des héros et de la chair à canon qui ne sert qu'à se faire boulotter. Cette troisième saison du show d'AMC confirme que c'est là une recette qui marche. Le problème qui réside dans cette galerie de personnages à durée de vie limité c'est leur multiplication : les taulards, les résidents de Woodbury, T-Dog... autant de personnages qu'on a pas eu envie de connaitre, mais qui vampirisaient du temps d'antenne avec leur petites histoires avant de se faire croquer ou violemment abattre. Paix à leurs âmes et passons tout de suite aux vrais petits nouveaux !

Jamais un figurant noir n'aura eu autant de temps à l'écran dans un film de zombies

Parce que cette saison a aussi été l'occasion d'apporter du véritable sang neuf dans le cast. Michonne en tête. Dégueulante de charisme, sabre à la main, zombies en laisse, elle apporte ce petit côté esthétique-comics qui à mon sens manquait encore à la série. Quand Michonne est dans les parages, on peut souffler. Les zombies ne sont plus un danger immédiat.

Car il faut redouter bien pire. Mesdames et Messieurs, je vous présente le Gouverneur ! Il est méchant, il est fourbe, il a un bandeau de pirate et il est prêt à tout pour étancher sa soif de sadisme. Le personnage - différent de sa version comics - est magnifiée par l'interprétation de David Morissey qui rend ce leader dérangé inquiétant au possible. Avoir une discussion avec le Gouverneur c'est se demander si on va repartir avec une tape sur l'épaule et un sourire ou avec une balle dans le ventre. Le personnage perd peu à peu tout respect pour ce qu'il a construit et n'essaie plus de sauver les apparences. Son coup de folie psychopathique de l'épisode 16 nous laisse espérer qu'il reviendra dans la saison 4 car... oui, il ne meurt pas !

Et en plus, il vise avec son oeil crevé

Nouveaux persos principaux veut dire "Faisons la place". Alors faisons une petite minute de silence pour les personnages qui ne reviendront pas pour la suite de nos aventures nécrophiles :

 

- T-Dog... dont on se fout un peu.

- Merle... Chienne de vie !

Sérieux, vous l'auriez tué vous ?

- Andrea et Lori... Sérieux ça fait du bien parce que les greluches qui font de la merde juste pour prouver qu'elles savent faire aussi bien que les hommes ont commencé à en avoir marre. Andrea ne passera plus son temps à coucher avec le premier connard qui lui fera de l'oeil (cette vanne est beaucoup plus drole quand on pense au Gouverneur).

 
Ca doit etre le seul moment de la saison où elle ne fait pas une connerie

- L'innocence de Carl. Le petit est un homme maintenant. Il a vu une foufoune... Pas de bol c'était celle de sa mère.

 

Walking Dead a aussi subi ce que j'appelle "L'effet Buffy". Je m'explique. Certains épisodes sont de haute volée (la première partie de la saison par exemple et quelques morceaux de bravoure comme l'épisode 15), mais pour un épisode qui en vaille le coup, on a toujours un épisode "bouche-trou" (l'interminable épisode 14). Certains ressorts scénaristiques sont un peu lourds comme la dépression de Rick qui fait son deuil avec un téléphone, va sauver ses amis, revient à la prison pour nous refaire une nouvelle dépression hallucinatoire. Le parcours de Tyrese et sa soeur est du même accabit. Arrivés à la prison, virés de la prison, arrivés à Woodbury, désireux de retourner à la prison, de retour à la prison... L'effet Buffy n'est pas une mauvaise chose en soi car Buffy savait nous proposait des season finale de première bourre...

Salut ! Je suis m'appelle Tyrese, mais comme mon prénom
commence par un T, appelez-moi T-Dog, ça sera plus simple
 

Ici, la fameuse confrontation entre la Team-Rick et la Team-Gouverneur ne m'a pas arraché le moindre frisson de plaisir régressif. Désolé hein... je trouve que la première attaque sur la prison était bien plus stylé...

Carl... Je sais que vous êtes content que je meure, mais... je vous laisse un bébé. Vous verrez c'est aussi pénible.

On va dire que je crache dans la soupe. Je tiens de suite à préciser que je prends toujours plaisir à regarder The Walking Dead, mais cette saison 3 me laisse un gout d'inachevé. Cette impression s'effacera sans doute à l'arrivée de la saison 4 et je réaliserais que tout cela faisait partie d'un plan génial des scénaristes qui vont nous faire comprendre que tout ses moments un peu "mous" étaient en fait les jalons pour la best et greatest season 4 of the world.

 

Wait and see sidekicks !

dimanche 31 mars 2013

Agent L7 - Vivre et Laisser Moisir

Vivre et Laisser Moisir

Ne jamais faire confiance! C'est une règle dans ce métier. On recrute un gars en freelance, on arrose quelques officiels, on soudoie la police locale, on corrompt l'armée, mais vous pouvez être sûrs qu'un petit malin voudra s'en mettre un peu plus dans les poches que les autres.

Santa Verde est l'état insulaire le plus pourri de la création. Un ersatz de Cuba qui pense pouvoir un jour jouer dans la cour des grands. Officiellement communistes, les Santa Verdiens ont du trouver d'autres moyens de faire chauffer la marmite: drogues, trafic d'armes, prostitution... L'île est vite devenue la plaque tournante de tous les vices et un paradis pour les touristes.

J'devais éliminer un politicien véreux qui couvrait un réseau de traite des blanches. De jeunes américaines étaient enlevées et, après un passage éclair à Santa Verde, on retrouvait leurs petits culs dans les bordels de la frontière mexicaine. Malheureusement -pour lui, ça va sans dire - il avait sans le savoir participé au kidnapping de la fille d'un mec auquel on devait pas toucher. La mission s'était déroulée avec sang-froid, minutie, diplomatie et barbarie. De quoi faire fonctionner un trafic d'organes pendant quelques mois...

Le D.E.A.D avait un contact qui devait me faire quitter le pays. Un ancien para ukrainien qui coulait une douce retraite en vivant de tequila et de pots de vin... J'suis allé en Ukraine une fois. C'est pourri. Il fait froid, les gens sont tous armés et ça sent le chou. Bref... ce chien m'avait vendu.

J'attendais le bateau qui devait me rapatrier lorsque cinq jeeps et un hélico de la police militaire ont déboulé. Des soldats en chemisettes vert foncé m'ont mis en joue. Y'en avait partout, comme des rats sur une carcasse de chat mort. Mes doigts me démangeaient mais je sais reconnaître quand une baston est perdue d'avance. J'aurais à peine troué la peau de dix de ses tarlouzes que leurs petits copains m'auraient transformé en passoire. J'avais assez vu Scarface pour pas vouloir en rejouer la scène finale.

*

Le système pénal de Santa Verde en est encore au stade médiéval. Non, pire! Au stade texan. Pas de jury, pas de d'avocat, pas de paperasse ni d'extradition qui tiennent. Juste un mec déguisé en juge qui vous annonce le verdict. Je devais être pendu un mois plus tard. En attendant, le gouvernement m'offrait un séjour all-inclusive à Pena Negro, prison monolithique dominant la côte sud de Santa Verde. L'enfer sur Terre à ce qu'on en disait. J'avais hâte de voir ça.

 

*

Quand vous arrivez en taule, les gardiens essaient toujours d'impressionner les petits nouveaux. Ils repèrent celui qui a la plus belle tête de rebelle et ils jouent les durs. Je débarquais en compagnie de voleurs de poules et autres mendiants s'étaient fait arrêter pour avoir voulu voler de quoi manger. C'était logique qu'ils me choisiraient moi. Les pauvres... J'étais pas là depuis une demi-heure qu'on m'avait déjà collé en isolement. Parait qu'il a fallu toute une équipe d'éminents proctologues pour retirer la matraque du gardien-chef de là où je l'avais mise.


 

J'ai rejoint le reste des taulards après une semaine passée au trou. Ici, on appelle ça la Cavidad Oscuro. Pena Negro avait été construite sur les restes d'un ancien monastère et on collait les fauteurs de troubles dans ce qui restait des cellules de méditation. "Cellule" est un bien grand mot pour désigner un trou poisseux avec une grille en fer forgé rouillée pour toit. A marée haute, la mer venait me rendre visite et des cafards gros comme le poing aussi affamés que moi essayaient de me boulotter les orteils quand je fermais l'oeil. M'en foutais! C'était ça qui était censé me faire rentrer dans le rang? Je ne pensais plus qu'à une seule chose: combien de vieux moines ventripotents s'étaient tirés sur le poireau ici-même?

Le directeur pensait peut-être m'avoir mis au pas, mais il se trompait. Il restait trois semaines avant mon exécution. Un jour, au réfectoire, un gus a voulu me taxer mon assiette de frites. Sans doute qu'il voulait me montrer qui était le boss. A croire que personne avait compris. Bref... je venais de bouffer de la vermine crue cinq jours de suite. Je lui ai envoyé mon plateau dans la tronche. Un nez qui se brise fait le même bruit qu'un pneu qui éclate, le sang en plus. J'étais en train de manger mes frites en les trempant dans le simili de ketchup qui pissait du pif de mon nouveau pote quand les gardiens s'ont venus m'embarquer.

J'ai été trainé jusqu'au bureau du directeur. Autant dire qu'il était furibard ce vieux tas de saindoux au parfum de cigares de contrebande. Faut le comprendre, il est payé en fonction du nombre de ses ouailles. Au rythme où j'étais parti, son train de vie allait vite dérailler. En plus, à Santa Verde, un directeur de prison qui fait mal son boulot peut bien vite se retrouver derrière ses propres barreaux. Vous parlez d'une pression!

- J'ai avancé ta date d'exécution, m'a-t-il annoncé. Tu seras pendu demain à l'aube, hijo de puta!

- D'accord, ai-je répondu. Ça me laisse toute la soirée pour me casser d'ici. D'ailleurs, j'ai un plan.

Les gardiens crurent à une bravade. Bande de cons!

- Et j'en profiterais pour vous faire la peau! ajoutais-je en sortant.

Comme si le D.E.A.D, mes employeurs, allait laisser leur meilleur agent de terrain moisir au fond d'un remake de Midnight Express mâtiné de West Side Story... Quoique... Après tout, ils en étaient bien capables ces salauds.

J'ai pas eu longtemps à attendre pour savoir enfin dans quelle estime j'étais tenu par mes patrons. Je roupillais peinard dans ma cellule quand j'entendis des coups de feu et le bruit de mixer des pales d'un hélicoptère. Le plus doux réveil-matin que je connaisse! Des cris déchiraient la nuit. Mes codétenus étaient déchainés. Un mur explosa, couvrant le carrelage de tripailles en provenance des gus qui avaient eu le malheur de se trouver trop près de l'explosion. Les barreaux de ma cellule ont volé en tous sens comme un jeu de mikado. Quatre mecs en tenue de commando ont déboulé autour de moi dans un nuage de poussière. J'aurais reconnu le petit cul rebondi du chef du groupe en une seconde.

- Ivana...

- Commandant Bridge! rectifia-t-elle.

- Désolé.

- Tes "vacances" t'ont fait oublier la discipline on dirait.

- Des vacances? Ouais, c'est un vrai Club Med ici... les tentatives de viol sous les douches en supplément.

Elle sourit. Allez savoir pourquoi. Cette gonzesse doit bien être ce qui se fait de plus pervers et détraqué parmi la gente féminine. Comme moi, sauf qu'elle a des nichons.

- T'as quand même foutu une belle merde, soupira-t-elle.

- On a déjà fait pire.

- Oui, mais ça n'a jamais été à moi de venir de tirer toi-même de la fosse à purin où tu t'es enlisé. Le personnel compétent ça ne se remplace pas comme ça, figure-toi.

- En parlant de personnel compétent... y'a un dernier tit truc que je voudrais faire avec qu'on se casse d'ici.

Mon évasion avait été le coup d'envoi d'une émeute digne de "Haute Sécurité" avec Stallone. Les quelques matons qui n'avaient pas encore fini en torche humaine avait fui Pena Negro comme si tous les démons de l'enfer leur collaient aux basques. Des dizaines d'assassins, de violeurs et de détraqués qui n'avaient que peu de choses à m'envier battaient maintenant la campagne à la recherche de chair fraiche. Y'avait des cadavres et des mourants dans tous les coins. Les prisonniers trucidaient tous les gardes qu'ils croisaient et les gardes qui étaient suffisamment armés dézinguaient tout ce qui ne portait pas un uniforme marron. J'avais récupéré un flingue et une hache dans un local incendie où l'infirmière finissait de se vider de son sang et je suis allé défoncer la porte du dirlo. Ce tas de saindoux suintant tremblait comme une loque, accroupi derrière son bureau. Il chialait ! C'était presque drôle. Ses larmes et sa transpiration trempaient sa chemise. La pièce schlinguait la peur, à croire qu'il s'était fait dessus. Son regard paniqué se posa sur moi.

- Vous me remettez ? dis-je.

- Madre de Dios...

Son visage couleur de brique vira au blanc. Là j'en étais sur. Il venait de se chier dessus.


mercredi 27 mars 2013

Review : Death - La Vie n'a pas de Prix (DC Vertigo)

Il était une fois un blog BD qui avait une mission : vous parler de séries courtes et cools. Son rédacteur s'était juré sur la tombe de ses parents qu'il mènerait une croisade sans fin contre le crime.... qu'il vous éviterait des années de continuité et des suites à ne savoir qu'en faire. Malheureusement, sa passion dévorante pour les comics lui a quelque peu fait perdre cette note d'intention de vue et il a souvent négligé le côté "court" au profit du côté "cool". N'ayez crainte sidekicks néophytes car cet article va vous rappeler la raison première pour laquelle vous êtes ici.

 
Joséphine Ange Gardien : Parfait exemple de série "courte"

Les brocantes et marchés aux puces sont des lieux surprenants. Un monde à part avec ses codes, ses us et ses coutumes. Le brocanteur aguerri peut y trouver son bonheur, le clou d'une collection, l'aboutissement d'une quête menée depuis des années ou tout simplement une bonne affaire. C'est ce qu'il m'est arrivé pas plus tard que le week-end dernier lorsque je découvris entre deux magazines un album qui - s'il n'est pas d'une rareté extrême - n'a pas connu des rééditions ces dernières années.

Je tire mon chapeau à tous les brocanteurs

Death : La Vie n'a pas de Prix (ou Death : the High Cost of Living) est une mini-série en trois épisodes publiée par la branche Vertigo de DC (tout comme Watchmen ou Hellblazer, ce qui suffit à vous indiquer à quel point il faut kiffer cette branche) en 1993. Le scénario est l'oeuvre du génialissime Neil Gaiman (auteur de comics à succès et romancier complètement énorme) et se veut un spin-off de sa série Sandman (également publiée sous le label Vertigo). Les dessins sont de Chris Bachalo (qui officie ces jours-ci du côté de Marvel, notamment sur Uncanny X-Men) aidé de Mark Buckingham. Maintenant que les présentations sont faites, accrochez vos ceintures pour un conte moderne, une fable sur la vie et la mort.

Sexton Furnival est un adolescent qui, comme beaucoup de ses congénères, pense beaucoup à la mort. Non pas qu'il soit dépressif ou qu'il soit particulièrement excité à l'idée de se trancher les veines, le jeune homme a juste l'intime conviction que la vie ne vaut pas d'être vécue. Il ne croule pas sous les amis et pour lui l'amour n'existe pas. Perdu dans ses réflexions philosophiques, il rencontre la jeune Didi, adolescente excentrique dont la famille est morte et qui prétend être la Mort.

Car oui, comme Rencontre avec Joe Black nous l'avait appris, la Mort peut prendre des vacances de temps en temps. Ici, c'est tous les 100 ans que La Faucheuse descend pour une journée parmi les êtres qu'elle acceuille le reste du temps dans son étreinte glacée. Sommée par une sorcière de lui retrouver son coeur perdu, Didi entraine alors Sexton dans un périple nocturne à travers New York au cours duquel menaces et épiphanies les guetteront à chaque pas.

 
Et des questions existentielles aussi...

Et oui, pas de super-héros ni de violence exacerbé dans cet album. Juste un adolescent mal dans sa peau qui ne peut s'empêcher d'être attiré par celle qu'il recherchait depuis si longtemps : La Mort. Une poésie se dégage des conversations entre les deux protagonistes sans jamais tomber dans une morbidité dans laquelle il eut été facile de se complaire. Les planches sont colorées et les personnages attachants même lorsqu'ils ne sont que des seconds rôles, voir même des figurants !

Et oui, j'avais pas fait la blague du chapeau sans une bonne raison

Et c'est pour moi la force des oeuvres de Neil Gaiman. Pour ceux qui auraient lu Neverwhere ou encore American Gods (dans lequel Didi fait une apparition à ce propos), ils sauront que l'homme est un conteur. On ne se reconnait pas forcement dans ses personnages, mais on sait au fond de nous-mêmes qu'on réagirait exactement comme Sexton, partagé entre l'attirance qu'il ressent pour cette petite gothique frappadingue et la conviction qu'elle est sévérement ravagée du bulbe et qu'il faut s'en éloigner. Du coup, toutes les remarques de la jeune fille lui vont droit au coeur et le ramène à sa condition de mec bien qui préfère se dire que la vie est nulle plutôt que de la prendre à bras le corps (sa vie hein... pas La Mort) pour en faire quelque chose digne d'être vécue.

 

Je concluerais bien cette article en vous disant pour quelle somme dérisoire j'ai obtenu ce magnifique album, mais comme la Vie du titre, les bons comics n'ont pas de prix.

dimanche 17 mars 2013

Review : Mass Effect - Redemption

(Je ne pensais pas chroniquer un nouveau comics Mass Effect si vite...alors pardonnez-moi si les blagues ne sont pas à la hauteur cette fois-ci).

 
 

 Comment un troisième tome peut il sortir aussi vite alors qu'on avait attendu pas loin d'un an entre les sorties de "Evolution" et "Invasion" ? Tout simplement avec un changement d'éditeur ! Alors que les deux premiers albums étaient sortis chez Delcourt, celui-ci est publié dans la ligne "Fusion" de Panini Comics. Changement ponctuel ou durable ? Mes meilleurs espions galariens sont sur le coup.

 

Les habitués du blog et des émissions savent ce que j'ai toujours reproché aux adaptations du jeu vidéo de Bioware en bandes dessinées : elles sont réservées aux fans hardcore de la série ! Ce troisième album n'échappe pas à la règle mais a au moins le mérite de faire intervenir des personnages jouables de Mass Effect 1 et 2, notamment son héroïne : le docteur-archéologue-biotique-asari-informatrice-bi curieuse Liara T'Soni !

Située entre l'intro et le début de Mass Effect 2 (nan c'est pas la même chose), l'intrigue est centrée sur la recherche menée par Liara pour retrouver la dépouille du Commandant Sheppard. Sa quête la mènera à négocier avec Cerberus, l'Homme Trouble et donne plus de background au DLC de Mass Effect 2 : Le Courtier de l'Ombre. Sa rencontre avec Feron, sa haine du Courtier et son envie de les retrouver tous deux apparaissent moins "factice" que dans l'add-on du jeu.

Miranda Lawson : la seule femme avec qui j'ai couché deux fois.... dans Mass Effect

Dans le domaine des "petits nouveaux au casting" : Feron débarque après son apparition prétexte dans ME2 et on découvre enfin ce personnage et ses motivations. Toutefois, la palme du charisme revient à Tazzik, le tueur-homme de main du Courtier de l'Ombre qui nous montre que les Galariens peuvent vraiment avoir l'air badass !

Il a pas une gueule de porte-bonheur

Oui, je continue à dire "Galariens"... tout comme je continuerais à dire "Butariens". Les petits soucis de traduction que j'avais notés dans "Invasion" se retrouvent dans "Rédemption", mais ça commence à ne plus avoir vraiment d'importance. Par contre, petit point négatif : les références aux Récolteurs qui sont deviennent les Collecteurs dans une seule et unique bulle... Je sais que je pinaille, mais le fan de comics, de Mass Effect et diplômé en traduction que je suis se devait de la noter.

Essai de traduction foireuse :
"Attention Fernand, nous sommes poursuivis par des chasseurs de Cerbère"
 

Et pour finir sur une note plus sympathique : j'ai seulement compris avec ce tome pourquoi les comics proposaient toujours des histoires sur des persos secondaires et jamais sur le Commandant Sheppard : IL/ELLE N'A PAS DE VISAGE ! Bah oui, dans la bd, deux mercenaires discutent en regardant les restes de Sheppard et l'un d'eux dit "Il en reste si peu, on sait même pas si c'est un homme ou une femme !". Tout l'album est adressé de la série, mais là... on atteint quelque chose d'autre : tous les joueurs ont eu leur version de Sheppard (et je suppose que beaucoup d'entre vous lui ont claqué une moustache-guidon parce que c'est cool) et on peut se projeter dans la page en se disant "Bah oui, c'est MON Sheppard qui est dans ce cercueil !"

L'essence du perso de Sheppard, c'est la moustache guidon
Tout les Sheppard-lovers du monde s'accordent à le dire

"Plus ça change plus c'est la même chose" dit un vieux dicton... Les comics Mass Effect se suivent et ne se ressemblent pas, mais je me sens incapable de les conseiller à des noobs de l'univers concilien. A reserver aux fans - hardcores ou pas - en définitive.