mercredi 29 mai 2013

VO-Day : The Bounce (Image Comics)

Il est des comics dont on ne sait pas quoi penser. Cette impression peut d'autant plus s'accroître quand le-dit comics en est à son premier numéro. S'essayer à les reviewer peut dès lors devenir un exercice particulièrement casse-gueule tant on ne comprend pas encore les tenants et les aboutissants de l'histoire. L'auteur va-t-il suivre l'idée qu'il élabore dès les premières pages ou va-t-il nous entourlouper comme une bande de mexicains qui vous invitent à une fiesta dans leur chambre d'hôtel et vous laisse au petit matin dans une baignoire remplie de glace, un rein en moins ?
 
 
The Bounce dont le premier numéro est sorti chez Image la semaine dernière fait partie de ces œuvres indéchiffrables au premier abord. Donc autant vous prévenir, vous allez droit à une présentation mi-figue mi-raisin (et n'hésitez pas à me laisser un commentaire si vous comprenez le sens de cette expression).
 
 
Scénarisé par Joe Casey (actuellement auteur de la série Haunt, toujours chez Image) et mis en images par David Messina (qui a œuvré sur différentes séries Angel et Star Trek), The Bounce part avec une note d'intention aussi énigmatique qu'alléchante. Casey ayant bossé pour le dessin animé Ultimate Spider-Man pour Disney XD, il dit avoir trouvé ce qui a fait "tiqué" les comics Spider-Man. Un élément qui a disparu et qui, dans le cœur des fans, nous fait dire "C'était mieux avant".
 
Surtout à chaque fois que Tante May mourrait...
 
C'est ce qui m'a donné envie de lire The Bounce. Et le résultat me laisse dubitatif, pour l'instant.
 
 
Jasper Jenkins est un jeune glandeur accro à la fumette qui s'évade de temps à autre de ses différents tripes pour revêtir un costume donnant franchement dans le SM et sauver la veuve et l'orphelin. La première page du récit nous le présente une pipe à crack dans la bouche... on est bien loin du microscope du timide Peter Parker.
 
Sans doute un cadeau de son oncle Juan
 
C'est là que l'histoire s'embrouille. Voilà un bref résumé des différents éléments de l'intrigue, du moins si j'ai bien tout compris :
 
C'est à peu près ce que j'ai ressenti en essayant de démêler cette histoire
 
- Les "supers" sont plus ou moins proscrits
 
- Le frère de Jasper est un assistant du district attorney qui veut la tête des "supers" sur des piques.
 
- Un énigmatique personnage mangeur de lézards discutent avec l'armée de l'existence de mondes parallèles.
 
- Après avoir inhalé une drogue produite par le corps d'un type trop stylé qui se fait appeler The Fog, Jasper se réveille en costume dans un monde différent de celui qu'il connait.
 
 
Où est le lien avec Spider-Man dans tout ça ? Peut être dans l'allure du héros, sa façon de se battre. Les dessins de Messina ne cassent pas des briques, mais ils font leur boulot et nous rappellent sans problème . Ou alors la filiation est à chercher dans le style d'univers qui est dépeint ici : un héros qui passe pour une menace et des personnages secondaires qui vont jouer des rôles diamétralement opposés dans les deux aspects de sa vie (comme Jameson qui calomnie le tisseur tout en permettant à Parker de gagner sa vie, ou Gwen Stacy qui haïssait l'homme araignée autant qu'elle aimait Peter).
Que plus personne ne bouge ! Il parait qu'il y aurait de la contrefaçon de plans méchamment stylé ici !
 
Bien entendu, tout cela ne restent que conjectures. La série débute à peine et Casey dit qu'il ne la lâchera pas tant qu'il aura des choses à dire. Si seulement plus d'auteurs pouvaient faire de même.
 
 
A la prochaine, les Sidekicks ! Restez à la page.
 


lundi 27 mai 2013

Batman : Arkham Origins - Le Trailer

Comme promis dans la dernière émission, voilà le trailer de Batman : Arkham Origins. Prévu pour Octobre 2013, le jeu sera dispo sur toutes les plateformes. L'histoire retracera un réveillon de Noel au cours duquel le justicier de Gotham sera la cible d'un concours entre tueurs à gages organisé par Black Mask. Situé avant les événements d'Arkham Asylum, le jeu nous présentera un Batman plus jeune, plus inexpérimenté et pas encore à la colle avec la police.
 
 
En plus des retours de Bane, du Pingouin et du Joker, la storyline incluera de nouveaux ennemis pour le Dark Knight dont Deathstroke, le pire assassin du DC-verse. C'est d'ailleurs celui-ci qu'on peut voir dans le trailer que voici.
 
 
Mon avis ? Les précédents jeux Arkham n'avait déçu personne. Malgré l'absence d'images de gameplay (il faut bien se faire désirer un peu, non ?), je pense qu'on peut s'attendre à une excellente nouvelle aventure.
 
A la prochaine les sidekicks.

 


jeudi 9 mai 2013

VO-Day : Jupiter's Legacy #1 (Image Comics)

 

Tout comme je n'oublierai jamais ton nom, il ait des noms dans le monde du comics qui sont bien souvent associés à un "label de qualité", un gage de bonne lecture. Que ce soit, Alan Moore, Frank Miller, Grant Morrison ou encore Neil Gaiman, on est presque assuré de se retrouver avec un volume intéressant (car les trois gaillards n'ont pas fait que des chefs d'œuvre). A cette liste restreinte de noms, on peut ajouter celui de Mark Millar. Cet écossais frappadingue n'est ni plus ni moins que le papa des séries et idées qui ont secoués le monde du comics ces dernières années.

Et parait que des éclairs lui sortent des fesses

 

Juge plutôt :

- Superman : Red Son

- Civil War

- Old Man Logan

- Kick-Ass...

 

J'en passe et de meilleurs (de toutes façons, fan comme tu es tu as déjà vu ou entendu mes reviews de la bibliographie du mec).

 

J'entends déjà ta question "Mais pourquoi est il si bon ?". C'est un peu stupide venant de toi, sachant que tu m'as habitué à mieux, mais je vais te répondre : La formule Millar c'est simple et compliqué à la fois. Un déferlement de violence et de questions existentielles du moment qu'on a le recul nécessaire pour analyser une histoire de super-héros au même titre que certains vont disserter sur Madame de Bovary. Tu comprendras donc que chaque nouvelle série du quidam est attendue la bave aux lèvres. Un peu déçu à titre perso de son Supercrooks en 2012, l'annonce et les premiers visuels de Jupiter's Legacy m'ont donné envie. Pourquoi ? Justement parce que ni le titre ni ces images ne donnaient le moindre indice sur l'intrigue que l'Ecossais Fou nous avait concocté.

Les nanas en collant ? La Millar Touch

 

Et gardons encore cette intrigue de côté pour te parler du visuel justement. J'avais gardé de côté un élément de plus en plus récurrent dans la formule Millar : un dessinateur de talent. Que ce soit John Romita Jr sur Kick-Ass, Steve MacNiven sur Némésis ou Dave Gibbons sur Secret Service, le bougre a toujours le talent pour trouver le trait qui colle à ce qu'il a envie de nous raconter. Que les connaisseurs essaient pendant quelques secondes d'intervertir mentalement les styles graphiques de Wanted et Superior... C'est un coup à faire passer le hoquet ça.

 

Ici, c'est Frank Quitely qui dessine. J'ai toujours eu une impression partagée sur l'artiste. Il a ce défaut (ou cette qualité, ça dépend de quel point de vue on se place) d'avoir besoin d'histoires qui lui correspondent pour exprimer son talent. J'ai par exemple détesté ses épisodes de New X-Men, mais je ne peux pas imaginer All-Star Superman ou The Authority sans son trait caractéristique. Jupiter's Legacy était écrit pour ses doigts et sa vision. Je ne te spoile pas, mais une scène se déroulant dans un paysage mental en pleine construction renvoie directement à l'Art avec un grand A. 

Clique pour voir en grand espèce de bêta
 

Mais, ami lecteur, je sais que tu n'es pas là pour me voir déblatérer sur mes opinions (et arrête de faire l'innocent depuis le début de cet article, c'est à toi que je parle... si si... toi là...Non ne te retourne pas, c'est à toi que je parle... je suis toujours super content quand tu passes sur ma page ou mon blog et c'est un peu pour TOI que je fais tout ça, mon sidekick préféré. Je suis parfois un peu dur, mais tu sais que ce ne sont que des mots et c'est pour ton bien), alors passons à ce qui t'intéresse : la review de l'histoire.

Cette image n'a rien à voir avec ton problème d'alcool

En 1932, les Etats Unis sont sous le coup de la crise économique et l'Europe succombe à la montée des extrémismes. Ancien homme d'affaire ruiné, mais profondément persuadé que le concept d'Amérique est la plus belle chose qui soit, Sheldon Sampson est tout à coup habité par les visions d'une île qui l'appelle... Une île qui n'apparait sur aucune carte mais où réside ce qui permettra de sauvegarder l'American Way of Life. Ni une ni deux, il embarque son frère et une bande de potes pour trouver cette île merveilleuse sans même savoir ce qu'ils vont y trouver.

 
Mais j'ai ma théorie (si tu as saisi cette référence, tu as tout à fait le droit d'être ici)

L'histoire bondit ensuite en 2013. Sheldon et ses amis sont devenus des super-héros sur cette île et protègent les Etats-Unis et le monde depuis lors, mais leurs enfants qui ont hérité de leurs dons commencent à se laisser charmer par les sirènes de la gloire, de la publicité et de l'argent facile. Dans le même temps, la vieille génération commence à se diviser. Pourquoi avoir sauvé les U.S.A de la crise et de la guerre si c'est pour que tout recommence alors qu'il leur suffirait de saisir le pouvoir et d'utiliser leur pouvoir pour créer une utopie ?

 

Reprenant certains thèmes cher à Millar comme les effets négatifs de la gloire et la simplicité avec laquelle un surhomme pourrait s'emparer déstabiliser un gouvernement (pour le meilleur ou pour le pire), il est encore difficile de juger de la qualité de Jupiter's Legacy à l'heure où la série débute à peine aux U.S. Pourtant, il est raisonnablement permis d'en attendre quelque chose de bien... peut être pas un chef d'œuvre, mais un bon moment. Et c'est bien ça que les puristes recherchent : On n'en prendra peut-être pas plein les mirettes, mais l'univers qui se pose ici et les questions éthiques qu'il soulève laisse augurer du meilleur.

Gros débat éthique : C'est DSK au milieu là ?
 

Toi même tu sais mon Sidekick préféré. Reste à la page.

 

 
 



vendredi 3 mai 2013

Review : Les Seigneurs de Bagdad (Urban Comics)

Passé relativement inaperçu (pour moi du moins) lors de sa ressortie chez Urban Comics (après un album chez Panini en 2006), il m'aura fallu une conversation et un peu de chance chez un bouquiniste pour mettre la main sur Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad en VO). Un graphic-novel qui m'avait été fortement recommandé après ma review de NOU3.

Initialement publié par Vertigo et scénarisé par Brian K.Vaughan, Les Seigneurs de Bagdad relate les faits survenus dans la capitale irakienne en avril 2003 : lors de l'attaque américaine sur la ville, le bombardement du zoo a libéré plusieurs animaux dont 4 lions qui ont erré dans la ville. C'est du point de vue de ces quatre animaux que Vaughan choisit de nous donner sa vision du conflit. LE point de vue ? Que dis-je ? Les points de vues. Chacun des nobles félins de la bande semble refléter un avis, une opinion différente sur la liberté, la guerre et l'absurdité de cette dernière.

 

De Safa, la vieille lionne qui a peur des dangers inconnus au point de ne pas souhaiter cette liberté à Noor, la jeune femelle qui est prête à tous les compromis pour sortir de sa cage mais n'a aucune idée de ce qu'il faut faire une fois les barreaux franchis, chacun de ces animaux pose les yeux sur le monde qu'il découvre ou redécouvre et pointe ses problèmes sans même sans douter.

 

Les critiques ont reproché à l'intrigue d'être prévisible (en même temps c'est tiré d'une histoire vraie) et elle l'est. Bizarrement, cela est ici une force. Le lecteur humain comprend bien que cette évasion ne saura être que temporaire, mais pas les protagonistes. C'est de ce décalage que nait l'émotion et le questionnement. En effet, on a envie de dire à ces pauvres évadés "La liberté, ça se gagne, ça ne s'offre pas"... C'est un peu ce qu'on aurait pu dire au peuple Irakien, non ?

En parlant du peuple Irakien... L'autre force des Seigneurs est de renverser les rôles. Ici ce sont les hommes qui n'ont pas droit à la parole. Un avion par ci, un tank par là une statue familière sur une place... La trace de leur présence est visible tout au long de l'histoire, mais toujours de manière assez fuyante (à l'instar des gardiens du zoo que l'on ne voit que de dos au moment de s'enfuir). D'ailleurs ni leurs actes, ni leurs paroles (parole qu'ils ne trouveront que dans les dernières cases d'ailleurs) ne leur donnent le statut d'espèce dominante et ce sont bien eux qui se comportent comme des bêtes ici.

 

Du point de vue graphique, le dessin de Niko Henrichon rend magnifiquement hommage à ce paysage des Mille et Une Nuits de Cauchemar. La violence y est crue mais de cette beauté crue... Vous voyez ce que je veux dire ? C'est pas un Disney quoi. Je vous sens dubitatif... Comparons.

Hakuna Matata
Hétami Tatétou ?

 

En conclusion, Les Seigneurs de Bagdad est... à lire. Je ne le conseillerais peut être pas autant que NOU3 (qu'il faut lire, acheter, relire et racheter pour l'offrir à vos amis) mais si l'occasion vous en est donnée, il serait dommage de se passer de la lecture de ce conte philosophique à la réflexion certes simple, mais touchante.

A la prochaine les Sidekicks.

dimanche 28 avril 2013

Agent L7 - Episode 4 : L'Ile du Docteur Bourreau



On nous avait parachutés au-dessus d’une île minuscule de la mer de Chine, une chiure de mouche infime sur une carte, quelque part entre Hong-Kong et Manille. Un îlot de paix et de verdure avec ses plages minées, ses kilomètres de grillage électrifié, de fils barbelés et ses miradors. Une carte postale pittoresque du Club Med. Et attendez de voir la gueule des Gentils Organisateurs ! Bref…

            On nous avait donc parachutés sur cette île de merde. Quand je dis « on », j’veux dire Killdare et les huiles du DEAD et quand je dis « nous », j’parle de moi et de Peters et Sellers, les agents qu’on m’avait adjoints pour cette mission. Des mecs sympas, ex-repris de justice qui avaient préféré servir leur pays plutôt que de vider leur vessie sur la chaise électrique… J’aime les gens motivés ! J’ai passé quelques temps dans différentes taules aux quatre coins du monde et les taulards sont bien plus dignes de confiance que la plupart des gens avec qui j’ai bossé… sauf quand ils essaient de vous enculer sous les douches. Mais bon, ici l’ordre de mission ne faisait pas mention de savonettes, alors…


 


            Tiens, vu qu’on parle de la mission, autant vous mettre de suite au parfum. L’île paradisiaque que nous avions sous les pieds était en fait le laboratoire, le repaire secret et le terrain d’expérimentation d’un génialissime savant fou nord-coréen qui se faisait appeler – excusez du peu – le Docteur Bourreau. Généticien de talent, bon mis à part pour son côté savant fou, il bossait sans relâche à la confection d’armes biologiques qu’il vendait au plus offrant. Et comme en ce moment, nous n’étions pas les plus offrants, quoi de plus naturel alors que d’aller le calmer en lui envoyant l’arme biologique ultime ? C’est pour ça que j’étais là.

            J’vous passe les détails. On a atterri sans se faire remarquer, on s’est passé de l’autobronzant dans le dos, on a fait un barbecue sur la plage et on a joué au beach-volley.

 

 Nan, je déconne. On a crapahuté pendant quatorze heures dans la jungle, en maudissant les moustiques, mais sans voir la queue d’un apprenti Fu Manchu ou le moindre petit mutant tueur.  La nuit commençait à tomber. Je jetais mon sac à terre.

- On va monter le camp, on le trouvera demain.

            C’est là que ça s’est barré en couille.

            J’avais pris le premier quart pendant que les deux autres dormaient. C’est là que je l’ai entendu. Un rugissement bizarre, à mi-chemin entre le loup en rut et un ado pré pubère qu’aurait les bijoux de famille coincés dans un mixeur. Et c’était pas loin ! J’ai pris Shana – le petit nom que j’ai donné à mon Magnum – et j’ai été faire un tour dans la jungle. Et en avant pour le remake de Predator.

            Ma patrouille n’avait rien donné. Je dis pas que c’était le calme, mais la jungle c’est comme la back room d’un club de San Francisco : il se passe toujours quelque chose et on entend toujours couiner. Cette mission commençait sévèrement à me gaver. J’suis un homme d’action moi, pas un randonneur ! Du coup, j’ai quand même descendu quelques lézards, histoire de pas m’être déplacé pour rien. Putain, quel con j’ai été !

            J’étais revenu à même pas cent mètres du camp quand j’ai entendu la voix de Sellers. Ce mec avait été l’un des meilleurs hommes de main de la Mafia, il avait fendu des crânes et buté des mecs sans jamais sourciller et voilà qu’il gueulait comme une pucelle qu’on déflorait avec un marteau-piqueur. J’ai commencé à cavaler comme un damné et j’ai encore accéléré quand j’ai plus entendu ses cris. A mon retour au camp, je savais plus si j’étais en mission ou devant la bande annonce du dernier Disney.

            La tête de Sellers avait été arrachée du reste de son corps et un orang-outang –ouais, ouais, vous avez pas la berlue – était en train de jongler avec. Merde, c’était le singe de Clint Eastwood ou quoi ? Et je vous parle même pas de Peters ! Sa dépouille traînait face contre terre et un capucin lardait son cadavre de coups de couteau. Je pouvais pas m’empêcher de sourire. La lame était plus grande que le macaque lui-même.


            C’étaient donc ça les fameuses armes biologiques ? Des singes tueurs ? D’un coup j’aurais préféré avoir Charlton Heston comme équipier. Les deux singes s’étaient rendu compte de ma présence et me reluquaient déjà comme si j’étais une banane qu’ils allaient s’empresser d’éplucher. Déjà, l’orang-outang balançait son joujou et avançait vers moi, les poils collés par le sang de Sellers. Comment mes gars avaient pu se laisser avoir par un truc aussi lent ? J’avais largement le temps de dégainer Shana et de viser. Brigitte Bardot allait pas être contente.


 

- Hey Clyde, tu passeras le bonjour à King Kong ! dis-je avant de lui mettre trois bastos dans le crâne.

            Le gros corps gras du singe était pas encore tombé par terre que le capucin passait déjà à l’attaque et là ce fut une autre paire de manches. Ce petit enfoiré bondissait entre les arbres comme un Viêt-Cong dans une rizière. J’avais pas le temps de viser. Qu’importe… une grenade dans les gencives n’allait pas en laisser grand-chose.

- Babouche, appelai-je. Viens chercher ça !

            Adieu boule de poil ! Les morceaux fumaient encore quand j’entendis un bruit derrière moi. J’avais pas besoin de me retourner pour savoir qu’ils étaient trois et que deux d’entre eux étaient sacrement balèzes. Une petite voix nasillarde émit un petit cri apeuré en voyant le massacre.

 

- Cornelius ! Zira ! Vous les avez tués !

            Je me retournais. Mesdames et messieurs, je vous présente le sinistre Docteur Bourreau, son crâne chauve, ses petites lunettes et ses cinquante kilos tout mouillé. Pas vraiment l’idée qu’on se fait d’un génie du mal. Ses gardes du corps par contre… des vrais gorilles, et je parle pas métaphoriquement. Des fichus primates dont l’un tenait un Ak-47 et l’autre une tronçonneuse. De mieux en mieux… Je savais pas encore comment j’allais m’y prendre pour m’en tirer, mais au moins la cible avait fini par se dévoiler d’elle-même.

- Docteur Bourreau, je présume ?

- Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait à Cornelius et Zira ?

- Vous voulez dire que ces « choses » ont des noms ?

            Il ne répondit pas, trop occupé à ramasser les morceaux de Cornelius ou de Zira… le capucin. J’avais pas vraiment regardé lequel des deux avait des baloches. Le gorille avec l’Ak-47 le pointa vers moi. Vous avez déjà vu une situation plus zarbi vous ? Moi, non et croyez moi, le zarbi ça me connaît.

- Mes bébés… mes pauvres bébés… Espèce de monstre !

            Toujours les mêmes noms d’oiseaux quand vous vous en prenez aux enfants de quelqu’un. Ça commençait à puer sévère pour mon cul. Il allait falloir gagner du temps et improviser.

- On m’a envoyé ici pour vous tuer, dis-je.

            Ouais… j’aurais pu faire mieux mais j’étais pas en forme. Au moins j’avais gagné trois secondes. La voix du Docteur déraillait quand il se mit à hurler.

- Joe ! Amy ! Tuez-le !


            Vu la paire de noix de coco du gorille qui tenait la tronçonneuse, Amy était celle qui portait l’AK. L’avantage c’est qu’avec ses grosses pattes, elle avait quelques problèmes pour viser. De la première rafale, seule une balle m’atteignit à l’épaule. Une égratignure ! Elle n’eut pas le temps de tirer une deuxième fois que j’étais déjà sur elle. J’aurais du y réfléchir à deux fois. Petit rappel de cours de sciences naturelles : un gorille, même femelle, est plus fort qu’un homme ! Elle m’envoya la crosse de son arme dans le menton et j’ai cru que ma tête allait se détacher de mon cas. Je crachais du sang et quelques morceaux de dents pendant que la guenon s’apprêtait à m’en remettre une rafale dans la tronche. J’allais pas me laisser avoir.

            Derrière moi, j’entendis le vrombissement caractéristique d’une tronçonneuse. Croyez-moi, je connais ce doux ronron depuis mes treize ans. Si vous trouvez que c’est une jolie mélodie, attendez de l’entendre monter dans les aigus quand elle commence à découper l’os. Le mâle avait l’air de savoir s’en servir en plus. Je me tenais à distance, tout en veillant à ce qu’il reste entre moi et sa copine au cas où elle déciderait soudainement de me remettre quelques bastos dans le buffet. Pourtant, il allait bien falloir en finir à un moment ou à un autre.

            Joe se jeta sur moi, la lame de la tronçonneuse en avant. En me penchant pour esquiver, je me saisis du couteau planqué dans ma botte. Les deux primates et leur papounet ne le savaient pas encore, mais c’était fini pour eux. Je connaissais pas bien l’anatomie d’un singe, mais j’avais une espèce de don pour savoir ce qui faisait mal aux gens. Le gorille n’eut pas le temps de se redresser que déjà, il s’effondrait la gorge tranchée. Deux secondes. Sa femelle n’eut même pas le temps de comprendre que son jules venait d’y passer que déjà j’avais ramassé la tronçonneuse et la lui balançait droit dans la face. Quatre secondes. Agent L7 : 1 – La Planète des Singes : 0.

- T’avais déjà pas une gueule de porte bonheur à la base, déplorais-je en retirant l’instrument de jardinage de la masse écarlate qui lui avait servi de visage.

            Il ne restait plus que moi et le gentil Docteur. Ce génie du Mal d’opérette était en train de pleurnicher en rampant misérablement le plus loin possible. Son cerveau, autrefois brillant, avait du se faire la malle devant tant de violence gratuite. J’avais déjà vu ça avant… souvent. Il marmonnait des choses incompréhensibles. Je fis vrombir une nouvelle fois la tronçonneuse. Quitte à le buter, autant que ça soit fun. Il se tourna vers moi, se mit à genoux et me lança des poignées de terre.

- Ne me touchez pas avec vos sales pattes, maudit humain !

            Comme si j’avais ramassé la tronçonneuse pour faire ça à la main.



lundi 22 avril 2013

En mode Super-Castor : Jason Todd, le deuxième Robin

A l'occasion de la sortie en TPB de "A Death in the Family" chez Urban Comics dans quelques jours, repenchons nous sur la vie et la carrière de Jason Todd, le second Boy Wonder.

 
Devinez ce qui arrive à Robin ! Cette image est l'indice 1

Apparu dans les comics dès Batman #408 (en fait depuis le #357, mais Crisis on Infinite Earths a effacé cette première rencontre), Jason Todd est un orphelin qui a eu la malchance de tomber dans le seul orphelinat de Gotham où l'on apprend aux pensionnaires à devenir de vrais criminels endurcis. Qu'à cela ne tienne ! Quitte à être un jeune voyou, autant taper fort pour asseoir sa réputation. Le jeune homme essaie alors de voler les pneus de la Batmobile et fera équipe avec le Chevalier Noir pour fermer l'établissement. Impressionné par les capacités de l'adolescent, Bruce Wayne en fera son pupille et son allié contre le crime.

Au sommaire de 90mn Enquête Exclusive :
Gotham City : Prostitution et vols de pneus

Là où Jason se démarque de Dick Grayson (le premier Robin) c'est dans son attitude. Il fume, jure, conteste les ordres et n'en fait qu'à sa tête. Dans un épisode marquant, il va même complètement à l'encontre de la philosophie de Batman en "tuant" un violeur en série. La responsabilité de Jason dans la mort de ce sinistre personnage n'a jamais été prouvée mais le doute lié à cette affaire subsitera longtemps et sera l'une des raisons pour lesquelles le lectorat commencera à détester le personnage.

Indice 2

Arrive alors l'époque de Death in the Family. Sans vouloir vous spoiler (mais bon, vous avez vu le titre et les images) DC avait mis en place à l'époque un numéro de téléphone payant et c'était aux lecteurs de décider si Jason devait survivre au story-arc ou pas. Le vote fut serré, mais Robin fut alors condamné à mort, passé à tabac par le Joker et abandonné à côté d'une bombe à retardement. Batman restera longtemps traumatisé par cette mort. Il refusera de prendre un nouvel assistant pendant des années et gardera le costume de Jason dans une vitrine comme un hommage au plus rebelle de ses ouailles. Tombé de rideaux, passons au deuxième acte.

Indice 3 mais je ne spoilerais pas

Après s'être rappelé au bon souvenir de tout le monde avec une apparition dans la saga Silence (que Urban nous ressort aussi, ces mecs ont de la suite dans les idées, moi je vous le dis) alors que le vilain Clayface (Gueule d'Argile) se fait passer pour lui dans un plan de déstabilisation émotionel du Caped Crusader.

- Bah, il est pas vraiment revenu alors ? me direz-vous.

Non, fidèles sidekicks, il n'est pas vraiment revenu d'entre les morts à cette occasion vu que ça s'était passé AVANT ! Et ouais ! L'imposture de Clayface nous a surtout permis de voir que le cerceuil du jeune homme était aussi vide qu'un dancing de la Meuse un jeudi soir. Alors où était Robin pendant ce temps.

Vous expliquez les causes de sa résurrection impliquerait de trop grandes considérations scientifiques alors tenons-nous en à : il y a eu une faille et un chamboulement de la réalité provoqué par le Superboy d'une réalité alternative. Jason revient à la vie, sort de sa tombe et - amnésique - commence à errer de par le monde. Il est alors receuilli par Talia Al'Ghul qui lui rend sa mémoire et un but : se venger du Joker et prendre sa revanche sur Batman qui n'a pas bougé le petit doigt pour le sauver.

Ah et accessoirement, elle l'a fait boire !

Dans un revirement de situation innattendu, on apprend alors que ce n'était pas Clayface qui avait affronté Batman lors de Silence, mais bel et bien Jason (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). Le jeune homme (bah oui, il a vieilli pendant qu'il était... mort) assume alors l'identité de Red Hood et devient tour à tour un ennemi puis un allié de la Bat-Family. Il luttera contre le crime de manière bien plus expéditive que son mentor (n'hésitant à utiliser des armes et à tuer) et fera finalement la paix avec son passé et les héros de Gotham.

A noter qu'une version simplifiée et plus accessible de cette histoire est disponible en film d'animation sous le titre Batman : Under the Red Hood. La chance d'en savoir plus sur un personnage complexe et attachant qui a marqué Batman de sa marque (la violence de Damian, 4ème Robin n'est elle pas semblable à celle de Jason ?) et qui aurait mérité bien mieux que la fin "téléphonée" qu'il a connu il y a quelques années.


- Allo ? Nan, mais t'es Batman, t'as pas de Robin. Nan mais allo quoi...

 

lundi 15 avril 2013

Raging Bulles : Les Profs

Sujet de philo du bac "Fun en Bulle": A-t-on vraiment besoin de voir un film pour savoir que c'est un navet ? Vous avez une bande annonce et quatre heures.

 
 

Quatre heures ? Il m'en faudra pas autant. A l'heure où les States adaptent The Avengers, Man of Steel ou Guardians of the Galaxy, la France - exception culturelle - contre-attaque avec du lourd... et même du très lourd... Les Profs ! Pour gagner du temps, je vais commencer ma dissertation sans faire de brouillon, ça rendra un bel hommage à la technique employée par les scénaristes du film.

Autre exemple de film écrit avec les pieds par un chien
 

Notre analyse se dévellopera en plusieurs temps. Nous essayerons d'abord de comprendre POURQUOI des gens ont fait ça avant de nous pencher sur POURQUOI il ne faut pas aller voir cet immonde boulet cinématographique.

Observation : quel acteur essaie déjà d'occuper plus de place que les autres sur l'affiche ?
Nous y reviendrons plus tard

Exercice 1 (épreuve de français) : Le matériau d'origine

Vous essayerez de répondre en vers pour un bonus de points.

 

France... terre de clichés

Tu t'acharnes sur les métiers

Pour en faire de la bande dessinée

Qui fait rire gras dans les foyers

Infirmières, profs, blondes

Tu n'épargnes personne en ce monde

Tes blagues faciles et éculées

Sont autant de raisons pour que tu ailles te faire....

 

La poésie c'est bien gentil, mais vous l'aurez compris, je ne suis pas un fanatique de toutes ces BD qui stigmatisent un corps de métier ou un groupe éthnique ou une couleur de cheveux (citons pêle mêle : Les Geeks, Les Blondes, Les Rugbymen... à quand Les auteurs de BD pourri ?). On a l'impression de lire du Laurent Gerra. Pour ne parler que de ce qui est des Profs, on a droit à tout l'éventail habituel de préjugés : ils sont fainéants, dépressifs, ils aiment pas les enfants, ils boivent du café et n'attendent que les prochaines vacances...

Je suis prof d'anglais. Vous trouvez que ça me ressemble ?

L'autre particularité de la BD les profs c'est qu'elle est l'exemple typique du "Une page, un gag". Comme beaucoup d'autres BD, il n'y a aucun développement du personnage car il revient toujours jouer la même chose : le cancre reste un cancre, la dépressive reste dépressive... Comment faire un film d'1h40 à partir de quelque chose qui se lit en 30 secondes ? On ne peut pas... c'est aussi simple que ça. Alors on va cantonner le film à une succession de blagues potaches inspirées de la BD avant de nous sortir une intrigue et une morale dans la dernière demie heure... De toutes façons, les gosses dans la cour de récré, ils parlent de quoi ?

- de l'épiphanie carrement messianique que le perso de Boulard a connu et qui lui a fait prendre conscience qu'avoir son bac, c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie

- ou la prof d'anglais qui découpe une table à la tronçonneuse ?

Certains gags sont tellement peu recherchés qu'un strip suffit
 

En conclusion... on est d'accord.

Exercice 2 : Mathématiques

Expliquez mathématiquement pourquoi ce film est un navet en vous appuyant sur sa bande annonce

Sachant que, de par le théorème du 118 218, aucun ancien membre de la troupe des Robins des Bois ne peut rien faire de bien quand il n'est pas avec ses camarades, nous ne pouvons que souhaiter à PEF de s'écraser avec autant de classe que son personnage de Pouf le cascadeur.

C'est exactement ce que je voulais faire...

Problème :

Mettez dans une même scène l'un des acteurs les plus horripilants du cinéma français et celui qui est en passe de le remplacer. Lequel des deux essaiera le plus de tirer la couverture à lui lors de la promo ?

Soyons honnêtes : Christian Clavier est quand même un lourd hors compétition. Ce mec ne peut pas jouer dans un film sans penser qu'il en est la vedette, le réalisateur, le producteur et un ami personnel de Nicolas Sarkozy. Regardez bien la bande annonce et dites moi qu'une seule de ses interventions vous a fait sourire (faites très attention, il sort la même vanne dans deux de ses apparitions, mais ça compte pour deux interventions).

Si seulement ça pouvait être un cerceuil

D'un autre côté, s'il y a bien une chose qui m'a réjouit quand j'ai vu l'affiche du film à l'arrière d'un magazine gratuit qu'on trouve dans les fast-foods, c'est qu'il est l'occasion pour moi de vous dire à quel point j'ai Kev Adams en horreur. Cet humoriste "jeune et beau gosse" qui va essayer desespérement de tenir 10ans sur le même concept et sur les mêmes blagues. Ca fait déjà au moins 3ans qu'il a 18ans... Il n'a aucun talent d'acteur vu qu'il joue toujours le même personne et surtout, il fait croire que la médiocrité intellectuelle c'est cool... Merci monsieur Adams...

A ne jouer que les lycéens, il est pas près de tirer son coup à l'écran le petiot... Niak niak !
 

Je passe rapidement sur le reste du casting... Défilé de has-been télévisuels et d'acteurs au visage sympathique qui donne une caution du type "Nan, mais regardez c'est un vrai film, on a Isabelle Nanty qui joue dedans".

Exercice facultatif : Musique.

C'est moi ou y'avait une espèce de flash mob dans laquelle Kev chante du rap dans la bande annonce ? Ca vous donne vraiment envie ? C'est un coup à ce que si le film marche, il nous sorte un single, voir même un album... Vous imaginez ? La culture et l'intelligence n'ont peut être plus la côte, mais si vous voulez donner une bonne éducation aux générations futures, je pense que l'idée même d'un album de Kev Adams se rapproche de ce que les Mayas appellent la fin du monde.

Vous aurez été prévenus les Sidekicks.

Un bon film avec des profs dedans si jamais vous avez envie d'être moins con