mercredi 15 octobre 2014

Review : Velvet #1 - Avant le Crépuscule (Delcourt)

Je ne crois pas aux coïncidences... Le fait que la sortie du premier tome de Velvet chez Delcourt suive de si peu la sortie de Red Skin chez Glénat ne peut pas être du au hasard... En effet, c'est là un seul et même concept traité de deux façons clairement différentes : celui de la super-espionne sexy.
 
Si la BD de Dorison et Dodson proposait une ambiance "sexy pin-up" gentiment rétro- un genre de OSS 117 au pays des toisons pubiennes à rouflaquettes -, nous avons avec Velvet quelque chose de plus sombre, inspiré de Dashiell Hammett ou Raymond Chandler et du film noir. S'il fallait résumer le feeling à la lecture en un seul mot, je dirais...
 
 
L'auteur derrière Fatale, Incognito ou Criminal n'a jamais caché son amour pour une certaine littérature. Les romans de gare, Lovecraft ou encore Doc Savage ont très certainement leur place sur la table de chevet du scénariste. Une littérature soi-disant bon marché mais qui a le mérite de proposer de l'aventure, du dépaysement et du charme.
 
Tous ces ingrédients se mélangent à merveille dans l'histoire de Velvet Templeton. Secrétaire du directeur de l'Arc-7, une agence d'espionnage remontant à la deuxième guerre mondiale, elle se met à enquêter sur le meurtre d'un de ses anciens amants : le plus grand agent secret du monde. Piégée avant même de s'en rendre compte, la belle devra se battre pour survivre et découvrir la vérité. Heureusement pour elle, son passé de super-espionne lui a laissé de quoi se défendre.
De là à dire que Velvet était "underground", il n'y a qu'un pas
 
L'action se déroule principalement en 1973, même si de nombreux flashbacks dévoile la jeunesse de Velvet, et l'heure est à la guerre froide et tout ce qui fait son charme. Agents doubles, espions russes dissidents, goulags, rendez-vous secrets en plein carnaval, Monte-Carlo, les Bahamas... autant de mots et d'images qui allument à coup sur des souvenirs dans la tête de ceux qui - comme moi - aiment le cinéma tel qu'on le faisait il y a vingt ans.
 

 
D'ailleurs, notre Sean Connery au féminin est un mix glamour entre Emma Peel et La Contessa Valentina Allegra de Fontaine (l'adjointe de Nick Fury dans les comics incontournables de Steranko dans les années 70 NDLR : si vous aimez le pop art, vous DEVEZ lire ces épisodes de Nick Fury) à qui elle emprunte son look capillaire. Les dessins de Steve Epting font de Velvet une femme belle et dangereuse à l'extérieur autant qu'elle est humaine et fragile à l'intérieur. C'est là que le glamour s'arrête...
 
Un dernier shot de glamour pour la route...
 
Comme tous les comics de Brubaker, Velvet baigne dans une ambiance faite d'ombre et de violence. Chaque personnage cache une fêlure en lui et c'est cette blessure qui guide les actes aussi désespérés ou prémédités soient-ils. Une profondeur des personnages qui correspond à une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine. La révélation qui accompagne la fin de ce premier volume nous promet également de nouveaux dilemmes moraux pour notre héroïne.
 
Un nouveau chef d'œuvre à mettre à la liste des paris réussis de Brubaker, mais après tout... les coïncidences n'existent pas...

samedi 11 octobre 2014

En rouge et vert / Arrow Vs. The Flash

Une bonne série, c'est pas si facile à faire. Si les films de super-héros sont devenus de plus en plus ambitieux allant jusqu'à se faire rencontrer des dizaines de personnages et à créer un univers partagé, leurs petits frères télévisuels se lancent à leur tour dans la continuité télévisuelle. Annoncé depuis la 2ème saison de Arrow, The Flash - le spin-off consacré à l'Eclaire Ecarlate - débarque avec son pilote alors que sa série mère se lance dans sa troisième saison.
 
 
Qui de l'éclair ou de la flèche frappera sa cible en plein cœur ? Pour vous répondre, j'ai décidé de lancer une compétition entre les deux shows. Comme tout le monde le sait, une bonne série a énormément de points communs avec un bon shoot them up... Quoi ?... Non ? J'invente cette règle de manière complètement aléatoire... Vous croyez ? ... Tout ça pour pouvoir décerner des points Arrow Flash ? Vous me prenez pour qui ? ... Bon... Ok...
 
Par le pouvoir du placement de produit
 
Round #1 : L'histoire
 
Comme tout le monde le sait, un bon shoot a toujours une histoire intelligemment écrite... Bon ok, j'arrête...
 
Un season premiere, c'est l'occasion de prendre une nouvelle direction, de tester des choses qui n'ont pas encore faite. Oliver Queen démarre donc cette saison en se jetant dans les bras de Felicity (enfin...), heureux d'être devenu un héros reconnu. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un nouveau Comte Vertigo (parce que visiblement on n'avait pas le droit d'utiliser l'Epouvantail à cause de Gotham) et une menace aussi mystérieuse que mortelle plane sur Starling City, l'archer vert et ses amis.
En plus, ils avaient déjà piqué d'autres idées à Batman (ici un plan du film de Tim Burton)
 
Du côté de Central City, un serie premiere est un exercice bien plus délicat car il faut savoir donner envie. De plus, l'exercice est d'autant plus délicat que les concurrents pullulent cette année. Force est de constater que Barry Allen s'en tire avec les honneurs ici... ou presque. J'ai apprécié l'ambiance et le développement du personnage jusqu'à ce que je me rende compte que j'étais en train de revoir le début d'un Spider-Man, plateau de nourriture tombant au ralenti compris dans le package.
 
1 point Arrow Flash décerné à : Arrow
 
Round #2 : la réalisation
 
Ce round ira assez vite. En effet, Arrow ne nous propose pas grand chose de nouveau en ce qui concerne la mise en scène. En même temps, on ne change pas une formule qui gagne et les exploits d'un archer sont plus simples à montrer que ceux d'un bolide humain. D'ailleurs ces scènes ont beau être soignés, la bonne surprise reste ce moment où Barry examine une scène de crime en mode très "Sherlock".
On dirait trop qu'il regarde le logo de la chaine
 
1 point Arrow Flash décerné à : The Flash
 
Round #3 : l'atout charme
 
Désolé mais ni l'Iris-West-black-pour-montrer-qu'on-est-une-série-ouverte ni la geekette-qui-a-un-faux-air-de-Felicia-Day n'ont su supplanter les lunettes, l'air coincé mais surtout le charme discret et intense à la fois de ma chouchoute Felicity Smoak.
 
 
1 point Arrow Flash décerné à : Arrow
 
Round #4 : les références
 

C'est là le seul point où je peux faire un vrai parallèle entre les deux séries du jour et Arrow Flash le jeu. En effet, le shoot à scrolling horizontal contenait de nombreuses références à la série des Gundam et à Macross. Ici, ce sont les clins d'œil à l'univers DC qui sont légions. Ray Palmer (alias Atom) pointe le bout du nez de Brandon Routh (le Superman de Bryan Singer) à Starling City alors que ce ne sont pas moins que Vibe, Killer Frost, Gorilla Grodd, Reverse Flash, Ferris Air et pléthore d'autres personnages ou institutions connues qui font du pied au téléspectateur fan de comics. Cerise sur le gâteau : la présence de John Wesley Shipp (le papa de Dawson, mais surtout le Flash de la série des années 90) dans un rôle récurrent, celui de Henry Allen, le père du héros injustement emprisonné.

Point Arrow Flash décerné à : The Flash
 
Si vous saviez depuis combien de temps je voulais utiliser cette photo
 
Match nul donc entre les deux séries, mais c'est un peu logique. Un crossover devrait obliger les deux héros à unir leurs forces et on ne peut que se demander qui saura menacer en même temps le monde très "réaliste" de Arrow et celui de The Flash et de ces surhommes. En tous cas, on reste devant nos écrans les Sidekicks.
 


samedi 4 octobre 2014

Review : Red Skin - Welcome to America (Glénat)

Cocoricooooooo....
Et 1, et 2, et 3... zé-ro...
Allons enfants de la patrie...
On paie trop d'impôts...
 
Vous l'aurez compris à la lecture de ces quelques grandes citations, aujourd'hui, je vais vous parler d'une production française ! Non pas que je sois soumis à des quotas ou que j'ai adhéré à une quelconque préférence nationale, mais quand la qualité est là, il est tout naturel de vous en parler.

 
A vrai dire, Red Skin n'est pas un ouvrage 100% français. C'est en vérité un habile métissage entre le scénario de Xavier Dorison (W.E.S.T, Long John Silver, le scénario du film Les Brigades du Tigre...) et les dessins de Terry Dodson (Generation X, Wonder Woman, Spider-Man/Black Cat : The Evil That Men Do et j'en passe...).

Si j'étais un marteau...
 
Parlons donc tout d'abord du scénario. 1970, Los Angeles : à l'époque où les mœurs légères, la pornographie et l'homosexualité commencent à se répandre dans la société américaine, un homme mystérieux appelé le Charpentier commence à châtier les pêcheurs dans la violence et dans le sang ! Adulé comme un super-héros, sa croisade est alors reprise par un groupuscule politique prônant un retour à des valeurs plus saines et euh... chrétiennes.
 
Pendant ce temps, en URSS, le Camarade Brejnev voit d'un mauvais œil ce frein à la décadence des U.S.A. Bien décidé à ce que cette bande de capitalistes "se prenne pour Bob Marley plutôt que pour John Wayne", il leur offre leur première super-héroïne en la personne de Red Skin, alias Véra Yelnikov, une militaire aussi sexy que surentrainée.

Qui dit "super-héros" dit "identité secrète" et notre espionne venue du froid deviendra la femme à tout faire d'un réalisateur de films coquins. Invitée à la soirée/orgie d'un producteur, elle commencera à se demander si elle n'a pas les qualités pour passer devant la caméra.

Bande de pervers...

Red Skin est un petit bijou d'humour au feeling délicieusement oldies. Véra est l'archétype de l'espionne sexy aux mœurs légères qui a fleuri dans les romans bon marché des années 60 et 70. D'ailleurs, toute la BD respire le vintage comme on l'aime. Avec un ton décalé à la Boogie Nights, le volume parvient à se trouver un charme certain tout en évitant de tomber dans une vulgarité qui serait pour le coup un peu gratuite.


Le mérite en revient énormément à Terry Dodson. Le dessinateur aime les femmes et leurs courbes et cela se ressentait très nettement quand il croquait des personnages comme Emma Frost, La Chatte Noire ou Wonder Woman. Sous son crayon, Red Skin prend des allures de pin-up, de Betty Page communiste et elle a beau être sur papier glacé, on ne peut s'empêcher de tomber sous le charme du sourire de la belle.


Ajoutez à cela de l'humour, des références aux autres super-héros (qui n'existent pas dans le monde de Red Skin ou alors au cinéma) et à la pop culture des 70's et vous obtiendrez quelque chose de décalé et avec une liberté de ton qu'on ne trouve plus guère que dans la production indé aux Etats-Unis. Un concentré détonnant d'action et d'espièglerie... une exception culturelle.

... qui vous donne envie d'enfiler un vieux slip



mardi 30 septembre 2014

VO-Day : A Town Called Dragon (Legendary)

J'adore les dragons. Depuis tout petit et la vision du Dragon du Lac de Feu, production Disney complètement atypique, j'éprouve une certaine fascination pour ces énormes lézards volants crachant le feu. Qu'ils soient d'affreux démons ailés comme ceux du Règne du Feu, qu'ils s'agrippent aux nénés de Daenerys Targaryen dans Game of Thrones ou qu'ils aient la voix très classe de Philippe Noiret dans Coeur de Dragon, ces monstres ont depuis longtemps acquis mon respect et ma sympathie. Bien entendu, on les aussi vus dans pas mal de nanars et de séries B qui étaient loin de leur rendre hommage (quelqu'un a dit Eragon ?... Ah bah oui, c'est moi), il n'empêche que la sortie d'une série baptisée A Town Called Dragon chez Legendary avait de quoi éveiller ma curiosité.


Après un rapide flashforward, l'histoire nous projette en pays Viking en 1002 après J.C alors qu'une armée de barbares en casques à cornes s'attaquent avec violence au dernier dragon vivant. L'affrontement est titanesque mais les humains finissent par l'emporter, débarrassant la Terre de cette infernale engeance.

J'en profite pour faire la promo du "Dragon du Lac de Feu" (le plus beau dragon de l'histoire du cinéma)

Enfin... "débarrassé" oui et non. Un dernier œuf subsiste et semble impossible à briser. Plutôt que de charger une bande de nabots et de gravures de mode d'aller jeter cet œuf maléfique dans les feux de la Montagne du Destin - ce qui leur aurait certainement valu un procès pour plagiat - le roi nordique décide de charger ses meilleurs marins de l'emmener par delà des mers inconnues et de le cacher à l'abri de la chaleur et de la lumière (comme une bouteille de lait Lactel donc) pour prévenir son éclosion. Car, comme chacun le sait, si tuer un dragon nécessite une armée, tuer un bébé dragon relève quasiment de l'impossible.

Parce qu'ils sont croooo mignons, on va pas leur faire du mal...
 
C'est ainsi qu'une troupe mené par le fier Leifr Eirikson (personnage qui a vraiment existé) se rend en Amérique (plus de 400 ans avant Christophe Colomb, mais ceci est depuis longtemps une vérité avérée) pour s'occuper de l'œuf.

Plus de 1000 ans plus tard, nous découvrons dans le Colorado la ville de Dragon - nommée ainsi car une légende prétend que des guerriers seraient venus chasser le dragon à cet endroit - qui profite de son nom pour se goinfrer à fond sur le merchandising. Seul un gentil illuminé fan de sports extrêmes comprendra que quelque chose ne tourne pas rond lorsqu'il découvrira une bande d'Allemands avec des sismographes qui déterre quelque chose en haut du Pic du Démon.

(Voix de Philippe Noiret) : Mais je ne suis donc pas le dernier...

Avec A Town Called Dragon, Judd Winick signe un pur scénario de série B... en comics. Les personnages sont de la trempe de ceux qu'on a vus dans un bon milliard de films qui sortent directement en DVD : le héros qui tient le diner local en refusant qu'on lui parle de son ancienne carrière de quaterback, le maire qui ne pense qu'à transformer sa ville en piège à touristes, le vétéran du Viêt-Nam un peu barré... On pense à Cliffhanger, aux Dents de la Mer, au Pic de Dante et à tous ces longs-métrages qu'on regarde un dimanche soir ou un après-midi de jours fériés quand on a pas envie qu'on nous fasse réfléchir.

De son côté, le style de Geoff Shaw donne aux dessins une certaine énergie. Certaines cases sont d'ailleurs bien gore et je retiendrais ce "plan" en vue subjective à travers les yeux du dragonnet qui sort de son œuf comme l'une des meilleures idées de mise en scène qu'il m'ait été donné de voir dans un comics ces dernières années.

Ce plan là

Comme d'habitude dans VO-Day, on croise les doigts pour que la série (qui ne devrait pas être une ongoing vu son concept) continue sur la lancée de ce numéro 1 et qu'elle trouve un jour le chemin de nos libraires.

mardi 23 septembre 2014

Review : Gotham : l'épisode pilote

On le sait tous, l'automne va être chargé en nouvelles séries TV inspirées par l'univers des comics. La première à atteindre nos écrans est donc Gotham diffusée sur la FOX. L'occasion d'un trip dans le passé de la mégalopole avant l'arrivée de la chauve-souris et de sa cohorte d'ennemis plus "freaks" les uns que les autres. Une ville encore sous la domination d'une mafia plus traditionnelle dans laquelle le bleu James Gordon doit faire équipe avec le vétéran Harvey Bullock pour une enquête des plus sordides : l'assassinat de Thomas et Martha Wayne dans une ruelle... derrière un cinéma... sous les yeux de leur fils... Bruce...
 
Il était une fois un flic au téléphone
Peut être un p'tit appelait Lisbonne...
 
L'idée de la série est des plus louables, raconter "l'entre deux". On a tous vu les parents du petit Bruce mourir avant un jump cut quelconque sur son retour à Wayne's Manor. Pourtant, il se passe facilement dix ans entre ces deux scènes. Comme le dirait si bien Bonnie Tyler, on a affaire à une "Total Ellipse of the Heart".
 
Il était une fois, une femme déformée
Peut être un p'tit peu trop photoshoppée
 
C'est facile de s'en prendre à une série après la sortie de son premier épisode. Malheureusement, ça va à l'encontre du principe même de série. Pourquoi s'attaquer aux 50 premières minutes d'un film qui va durer plus de vingt heures ? Bien sur, la réalisation laisse à désirer - passant de séquences bien plan-plan à des petites trouvailles de mise en scène qui aurait pu être intelligentes (le montage des différents interrogatoires au rythme d'une lampe qui se balance) si elles avaient été bien utilisées - mais Danny Cannon avait réalisé le Judge Dredd de Stallone et Souviens-toi l'Eté Dernier 2... On peut pas trop lui en demander, non ?
 
Il était une fois un couple assassiné
Peut être un p'tit peu de perles sur un collier
 
Pour moi, la série est avant tout l'occasion de mettre en avant un personnage pour qui j'ai énormément de respect depuis ma première lecture de Year One : James Gordon. Les Batgirls vont et viennent, les Robins meurent et ressuscitent, mais Gordon a toujours été là (ou presque). Flic intègre et obéissant aux règles peu importe les circonstances, il a toujours été une pierre angulaire de l'univers du Dark Knight. Beaucoup d'adaptations de l'univers de Batman avait tendance à l'ignorer ou à lui donner un rôle mineur et j'attendais avec impatience de voir comment il serait traité ici.
 
Il était une fois un Commissaire Gordon
Peut être un p'tit peu trop oublié par Tim Burton
 
Force est de constater que la production et les scénaristes ont vraiment un Gordon "by the book". Ben McKenzie campe un flic honnête qui cherche à résoudre un meurtre alors que son co-équipier (Donald Logue interprète un Bullock plus qu'honorable... façon de parler) cherche à se débarrasser d'un problème qu'il aurait préféré refourguer à quelqu'un d'autre. Ajoutez à cela une Renée Montoya et un Crispus Allen (deux personnages bien connus des lecteurs des séries de la Bat-Family, notamment l'excellente Gotham Central) et une pléthore de noms connus et vous obtiendrez... une petite indigestion quand même.
 
Il était une fois mon Gordon préféré
Peut être un p'tit peu trop animé
 
Car là est le problème de ce pilote. On nous balance déjà trop de personnages et d'intrigues. Le Pingouin, Edward Nygma (plus un clin d'œil qu'autre chose), Catwoman (complètement inutile dans cet épisode), le Joker (du moins, c'est que tout le monde pense), une relation mystérieuse entre Montoya et Barbara la fiancée de Jim (pas si mystérieuse que ça si vous connaissez le comics) et surtout... le meurtre de Papa et Maman Wayne qui ne serait plus un simple braquage qui a mal tourné. On a l'impression que le show cherche désespérément à accrocher ses spectateurs de peur qu'ils boudent le deuxième épisode. Attention à ne pas griller trop de cartouches d'un coup.
 
Il était une fois une gamine inutile
Peut être un p'tit peu trop fan service
(ouais, ça ne rime pas mais on peut pas faire perfect à chaque fois)
 
Mon ressenti général reste toutefois assez bon et soyez assurés que je vous tiendrais au courant de la suite des aventures du très sympathique James Gordon.
 
Oh... et...
Il était une fois une scène très intense
Peut être un p'tit peu trop "bromance"
 

jeudi 18 septembre 2014

Sin City 2 : J'ai Tué pour... Moins que Ca - Raging Bulles

La nuit est chaude et étouffante et c'est pas les éclairs et la pluie qui vont pouvoir y changer quelque chose... J'ai un gout amer dans la bouche que même un Pepsi Max arrive pas à faire passer. J'ai envie de parler de passion ce soir, et j'ai envie d'en parler avec passion. D'ailleurs il y a plus de passion dans cette phrase que dans le dernier film de Robert Rodriguez.

 
La passion c'est ce qui m'a donné envie d'écrire cet article à chaud, avec la sensation de m'être enflé le prix de ma place de ciné chevillé aux boyaux. Sans elle, je serais accro aux émissions de Cyril Hanouna, je porterais des polos Eden Park et j'aurais, balancé mes disques de Marvin Gaye, de Rickie Lee Jones et de Bowie pour me passer en boucle les derniers albums de Ben l'Oncle Soul, Shaka Ponk ou Selah Sue.

Cyril Hanouna en mode Sin City
C'est quelque chose qu'il ne fait pas bon avouer en public dans les cercles où je traine ma vieille carcasse, mais j'avais plutôt apprécié le premier Sin City. Je criais pas au chef d'œuvre bien sur, mais le film avait eu le mérite de m'intéresser. Son identité visuelle, son rythme et sa narration en intrigues croisées était comme une baraque à l'architecture novatrice posée entre deux taudis de la Vieille Ville. J'avais entendu les ragots, les "on dits", les bruits de la rue qui m'annonçait cette séquelle comme un sombre navet, mais je me devais - et je devais au film qui m'avait plu il y a de ça neuf ans - d'aller me faire mon propre avis.

Et j'aurais du emmener une boutanche, ça aurait pas fait de mal
J'ai utilisé le terme séquelle, mais c'était une bourde. Comme son prédécesseur, le film nous raconte plusieurs histoires qui se croisent et croisent même celles du premier opus. On retrouve Dwight (maintenant interprété par Josh Brolin) dans le segment qui donne son titre au métrage. Situé plusieurs années avant The Big Fat Kill, le chevalier servant de ces dames retrouve son ancien amour Ava qui s'est mise dans une merde pas possible.

Merci qui ? La CMU pardi
 
On retrouve également Nancy (Jessica Alba qui est tout simplement torride) la danseuse amoureuse du fantôme de son flic d'amour John Hartigan. La belle se désespère depuis quatre ans maintenant et fantasme sur l'assassinat du puissant autant que corrompu Sénateur Roarke, responsable du suicide de son amant.

Et elle danse, danse, danse...
Une troisième histoire, nous fait suivre les pas de Johnny, joueur surdoué et frimeur qui a l'intention de faire payer au même Roarke une dette de son passé. Qui a envie de gagner contre un homme qui déteste perdre et a le pouvoir de vous pourrir la vie ?

 
Marv est aussi de retour avec un Mickey Rourke fidèle au poste. Ses apparitions dans l'histoire sont difficiles à situer pour la simple et bonne raison que certaines d'entre elles ne peuvent avoir eu lieu qu'après sa mort à la fin de The Hard Goodbye.

Du coup, on a Thanos et Whiplash dans le même film...
Cette narration éclatée est le premier problème du film. Si on pouvait situer les récits du premier Sin City dans un même "secteur temporelle" (c'est à dire qu'on pouvait très bien imaginer qu'ils se passaient la même semaine), ces nouvelles tranches de vie percutent de plein fouet la continuité telle qu'on la désirait. Cela n'est pas forcément un mal en soi, sauf quand ça occasionne des incohérences... comme LA PUTAIN DE RESURRECTION DE MARV !
 
Le casting s'enrichit et c'est l'un des rares points que je ne critiquerais pas trop. Les anciens se glissent à nouveau dans la peau de leurs personnages comme s'ils en étaient sortis hier. La plupart des nouveaux venus sont plus qu'acceptables. Josh Brolin avait la gueule de l'emploi et même si je trouvais que Joseph Gordon-Levitt faisait trop "minet beau gosse" pour l'enfer de la Cité du Vice, force est de reconnaitre qu'il est suffisamment bon acteur pour s'en tirer. Certains seconds rôles comme mes chouchous Ray Liotta et Christopher Lloyd sont impeccables.

 
C'est au niveau d'Eva Green que le bat blesse. Je veux bien que son personnage soit un cliché de femme fatale mais quand ton jeu d'actrice fait sentir au public que tu vas tourner ta veste dix minutes avant que tu le fasses, y'a comme un souci, non ? Je pense que la seule direction que Rodriguez lui ait donné a été "Ouvre grand les yeux comme si tu étais une folle"... C'est réussi.

Je te rappelle que tu es la fille de Marlène Jobert. Rien que pour ça, tu devrais pas trop la ramener...
 
Je passerais sous silence l'apparition de Lady Gaga (elle couche avec qui sérieux pour se retrouver là ?) pour m'attaquer à la réalisation. Robert Rodriguez est incapable de faire une suite. J'avais autant aimé Desperado que Il était une fois au Mexique m'avait déçu. Machete était aussi fun que Machete Kills était gonflant. Un écran affichait les films et les horaires des séances devant le cinéma. Je me suis étonné de voir un "Tout public" inscrit en lettres blafardes sous Sin City 2. On a quand même droit à une bonne dose de sexe, de sang, de têtes tranchées et d'yeux énucléés.

C'est à la quinzième amputation que j'ai compris. Il n'y avait pas une once de passion ou d'enjeux là dedans. On aurait pu faire défiler un bandeau pendant le film avec les mots :
Ce que vous avez dans le premier, je vous le ressers puissance 1000 dans le deuxième.


Autrement dit, Miho va avoir du pain sur la planche...

C'est comme ça qu'on arrive à l'écoeurement. La violence n'est qu'un prétexte à des gerbes de sang blanchâtres. Un personnage ne se suicide plus parce que c'est la seule solution à une situation inextricable, mais parce que c'est "stylé". La narration en voix-off se contente de balancer des punchlines dont seulement un faible pourcentage ont un tant soit peu de dégaine. Cela n'apporte plus rien à l'intrigue ou à l'univers.


Même la réalisation se contente de rebalancer les mêmes effets de style qu'il y a neuf ans et tombe rapidement dans l'outrance ou le ridicule. On dirait que la technologie n'a pas évolué pendant toutes ces années et on atteint le comble de la pitrerie quand les acteurs font semblant de courir devant le fond vert. Les apparitions de Frank Miller et de Roberto Rodriguez sont même pas des clins d'œil... à peine un petit coup de coude asthmatique.

Croyez le ou non, mais Miller se tire une balle dans le pied là

On raconte que si tu prends la bonne ruelle à Sin City, tu peux trouver ce que tu veux. Quelqu'un connait le moyen de trouver un bon film ?
Hé ho, tu n'as pas parler de moi !