jeudi 20 novembre 2014

Retro-Review : Les Etranges X-Men et les Jeunes Titans (LUG)

Au milieu des guerres intestines entre les deux gros plus éditeurs de comics du marché, une trêve s'installa à la fin des années 70 et au début des années 80. Vestiges du Flower Power ou des prises de LSD des 60's ? Nul ne le sait, mais DC et Marvel décidèrent de suivre un slogan qu'on aurait pu appeler "Faisons des crossovers, pas la guerre". C'est ainsi que naquirent des albums comme les deux Superman Vs. Spider-Man, l'excellent Batman Vs. Hulk ou encore l'album dont nous allons parler aujourd'hui : Les Etranges X-Men et les Jeunes Titans.
 
 
En 1982, Uncanny X-Men et The New Teen Titans étaient deux séries dont la popularité ne cessait de croître et il était alors logique de profiter de ce boost pour aller chercher quelques dollars supplémentaires dans la poche du jeune kid qui demandait chaque mois sa dose de mutants, d'adolescents à super-pouvoirs et de conflit on ne peut plus cosmique. Le projet arriva chez Marvel entre les mains expertes de Chris Claremont pour le scénario et Walt Simonson au dessin.
 
Serval affronte Terminator... et oui, les traducteurs ne chômaient pas à l'époque
 
La particularité des crossovers de cette époque (qui s'arrêtèrent d'ailleurs après les 4 titres cités plus haut parce que... ben, parce que la guerre a repris quoi...) était de ne donner aucune justification dimensionnelle aux rencontres entre les personnages. Comme si les personnages DC et Marvel avaient toujours partagé le même univers, mais qu'ils ne se fréquentaient pas. C'est donc ainsi avec une simplicité effarante que notre histoire se met en branle.
 
"Salut, on passait dans le coin"
 
L'ignoble Darkseid cherche à percer les secrets de "La Source", une... source d'énergie que nul n'a jamais pu atteindre car elle est protégée par un mur infranchissable composé des corps statufiés de tous ceux qui ont chercher à le franchir (et c'est un des concepts made in DC que j'apprécie le plus). A la recherche de ce qui lui permettra de franchir, l'horrible tyran d'Apokolips décide d'utiliser les résidus de la force Phénix associés aux souvenirs des X-Men pour ramener le Phénix Noir d'entre les morts.
 
 
Pendant ce temps, dans un univers qui est tout à fait le même, Raven - membre des Teen Titans fait un cauchemar à base d'oiseau de feu qui ravage toute la création. Plutôt perturbée par cette vision de fin du monde, elle en parlera à sa co-équipière Starfire. Cette dernière étant une extra-terrestre, elle a entendu parler de la légende de Phénix et décide de mener son équipe dans un affrontement contre les derniers associés connus de la déesse folle : les X-Men.
 
 
Comme vous pouvez vous en douter, les deux groupes décident de faire cause commune contre le Phénix Noir et un Darkseid qui, pour le coup a embauché Deathstroke le Terminator. Petit spoiler : le récit est l'occasion de voir Cyclope investi pour la première fois par la Force Phénix dans un affrontement souterrain juste en dessous d'un concert géant à Central Park.
Petite anecdocte : en 1982, c'était Simon & Garfunkel qui chantaient à Central Park
 
Bien qu'appréciable et plutôt bien dessiné, le récit n'est malheureusement pas exempt de défauts... Faire vivre autant de personnages en seulement 64 pages en laisse forcément plusieurs sur le tapis. Ainsi, Kid Flash, Wonder Girl, Diablo, Colossus et même Robin (le leader des Titans quand même) ne font guère plus que de la figuration.
 
 
Le scénario est également assez confus. Je parlais du dessein de Darkseid de s'emparer des pouvoirs de La Source, mais ce plan semble disparaître au milieu du récit pour être remplacé par un "Je vais faire de la Terre une nouvelle Apokolips" avant de revenir à sa... source dans les toutes dernières pages du récit. De même, la présence de Métron n'était pas indispensable... loin de là.
 
ET puis... ben le mur de La Source quoi...
 
Toutefois, n'allez pas dire ce que je n'ai pas dit. L'histoire est plaisante et pourvue d'instants humoristiques appréciables. Le moment le plus drôle ? Le baiser fougueux de Starfire à Colossus qui permet à la princesse de Tamaran d'apprendre le russe... avec Diablo qui se pointe derrière en disant "Sprechen Sie Deutsch ?".
 
 
Petite conclusion... En regardant mon album Lug de 1985, j'ai eu le cœur serré en apercevant son prix de... 25 francs.
Et comme disait Amandine du 38 "Ca fait 333 francs CFA"


samedi 15 novembre 2014

VO-Day : Django - Zorro #1 (Dynamite)

Un cavalier
Qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop
Son nom
Il le signe à la pointe du pistolet
D'un D qui veut dire Django
(le D est muet)
 
Django! Django
Re-noi rusé qui fait sa loi
Django ! Django !
Vainqueur tu l'es à chaque fois
 
Quoi de plus jouissif qu'un crossover que l'on attendait pas ? Spécialisé dans les adaptations de licences cinématographiques (avec Transformers, Ghostbusters ou encore Army of Darkness à leur catalogue), Dynamite nous offre une séquelle aux aventures de l'ancien esclave devenu chasseur de primes écrite par Matt Wagner en collaboration avec Quentin Tarantino himself.
 
Et une couv B par Francavilla
 
Situé quelques temps après la fin du meilleur film de l'année 2012, nous retrouvons l'ami Django alors qu'il traque quelques hors-la-loi dont la tête a été mise à prix. Il leur tendra un piège en prenant place dans la diligence d'un gentilhomme espagnol et de son serviteur muet.
 
Contournant d'emblée l'une des règles majeures du crossover, Django et Don Diego de la Vega (car il s'agit bien là du gentilhomme en question) ne s'affronteront point avant de devenir les meilleurs alliés du monde. Au contraire, les deux personnages sympathiseront assez rapidement, en faisant fi de leurs différences sociales et ethniques. Diego proposera alors à son nouvel ami de l'accompagner -en qualité de garde du corps - dans une mission devant les opposer à l'Archiduc d'Arizona.
Un état d'Amérique dans lequel Harry zona
 
Fasciné par ce vieil homme qui semble beaucoup plus mystérieux qu'il ne parait, Django accepte. C'est là que se termine ce premier numéro et force est de constater que la mayonnaise prend plutôt bien. L'ensemble est pêchu (merci aux dessins de Esteve Polls), bien rythmée et ne ressemble pas le moins du monde à un comics "opportuniste".
J'aime ta façon de mourir
 
En effet, si certains crossovers se plaisent à mélanger les personnages et les univers de manière à juste appâter le lecteur (je me souviens  tristement d'Infestation, un crossover alliant  les série G.I Joe, Transformers, Star Trek et Ghostbusters... déjà chez Dynamite), celui-ci ne se contente pas de jeter deux personnages connus et appréciés dans une seule et même aventure. Le justicier masqué est un héros vieillissant ici, il sait qu'il ne pourra plus faire la loi tout seul. Son comparse (Django, pas Bernardo... qui est d'ailleurs devenu Indien ?) est égal à ce qu'on a vu de lui dans le film.
 
Seul bémol ? Sachant que Tarentino est présent sur le projet, on pourrait s'attendre à des dialogues plus... tarentinesques ? En tous cas, Urban Comics nous ayant fait le plaisir de sortir l'adaptation de Django Unchained il y a quelques mois, croisons les doigts pour que cette suite aussi respectueuse qu'elle pourrait être officielle nous parvienne le plus tôt possible. Ou alors... rêvons un peu plus pour une adaptation cinématographique... avec Jamie Foxx et Alain Delon...


mercredi 5 novembre 2014

Top 5 : Les Films Comic-Book qui n'en sont pas

Qu'est ce qui peut se cacher derrière ce titre absurde ? Quand on voit l'avalanche d'adaptations de comics qui attaque de toutes parts nos écrans grands comme petits (avec plus ou moins de succès), on a tendance à oublier que ces films et séries ont pour matériau de base un média qui répond à toutes sortes de codes et à une imagerie qui est bien plus complexe qu'il n'y parait. Beaucoup de réalisateurs qui se retrouvent sur un film de super-héros aiment à clamer qu'ils sont les fans number one du personnage qu'ils adaptent, qu'ils ont grandi avec les comics, etc, etc...
 
 
D'autres réalisateurs ont été inspirés par l'imagerie comic-books sans pour autant s'être retrouvé aux commandes d'un de ces nouveaux blockbusters. Ils ont néanmoins réussi à injecter leur amour des pages quadrillés dans leurs films. Alors quels sont les 5 meilleurs films qui imposent un "comic-book style" sans pour autant être des adaptations ? Un bon de réponse ici :
 
#5 : Dark City
 
Déjà réalisateur d'un The Crow qui est, encore à l'heure d'aujourd'hui, l'une des meilleurs adaptations de comics de tous les temps, Alex Proyas nous proposa Dark City en 1998 : un projet plus personnel mais tout autant marqué par un grand héritage bédéphilique.
 
John Murdoch se réveille amnésique dans une ville perpétuellement plongé dans les ténèbres où tout le monde s'évanouit à minuit, l'heure où les Etrangers, des créatures dotées de pouvoirs mentaux, sortent de leur tanière. Heureusement, Murdoch réalise bien vite qu'il est lui aussi doté des mêmes pouvoirs. Esthétiquement très réussi avec ses décors très "bd franco-belges" et ses personnages de détectives et de pin-ups à la Betty Page, le long métrage baigne dans une ambiance très EC Comics, notamment dans le regard qu'il porte sur l'Amérique des années 40 et 50.
 
 
#4 : Chronicle
 
Celui-ci était facile... Je pourrais parler de la réalisation en "live-footage" ou de la narration qui dépend complètement du concept du film, mais d'autres l'ont fait avant moi. Le film de Josh Trank est à mes yeux la meilleure façon de raconter la naissance d'un super-vilain.
 
On aurait pu voir l'émergence d'un héros et de ses compagnons dans ce film : tous les éléments étaient là. Toutefois, les abus dont Andrew (excellent Dan DeHaan) est victime tous les jours le conduisent sur un chemin plus sombre. Le même chemin qu'aurait pu emprunter un Peter Parker ou un Clark Kent à la découverte de leurs pouvoirs...
 
 
#3 : Captain Sky et le Monde de Demain
 
Véritable OVNI cinéphilique lors de sa sortie en 2004, Captain Sky est l'hommage de Kerry Conran aux pulps de science-fiction, le film brasse un nombre impressionnant de références à différents comics, à l'animation japonaise (Laputa le Château dans le Ciel notamment), à Indiana Jones et au dessin animé Superman des frères Fleischer (datant de 1941).
 
 
L'histoire ? L'héroïque aviateur Sky Captain et la journaliste Polly Perkins enquêtent sur les machinations de l'infâme Docteur Totenkopf. Leur périple les mènera aux quatre coins du monde et leur ferons affronter robots géants, pirates des airs et autres cyborgs surnaturels. Le film nous balance même dans la tronche un Hélipoteur peuplé d'amazones et d'un Nick Fury au féminin. Un chef d'œuvre de technique et d'amour du média.
 
 
#2 : Action Mutante
 
En 1995, nous attendions l'adaptation de Judge Dredd avec impatience... et nos attentes furent largement déçues par un Stallone qu'on attendait plus martial et par un métrage qu'on attendait plus "sale gosse" dans la mesure où le comics original est un joli pamphlet anti-fasciste. Peu d'entre nous ont réalisé que la vraie adaptation de Judge Dredd existait depuis déjà deux ans et qu'elle nous venait du pays de la corrida.
 
 
Premier film d'Alex De La Iglesia, Action Mutante nous narre les péripéties d'un groupuscule terroriste qui enlève une riche héritière dans un futur totalitaire où les gens moches, laids ou difformes sont mis au ban de la société. Bien moins subtil que le comics de Carlos Ezquerra et John Wagner, le film arrive néanmoins à rendre avec fidélité le côté anar et transgressif de Judge Dredd et se paie même le luxe de nous offrir une réplique de la terre des cannibales bien plus authentique que celle du film de Danny Cannon.
 
 
#1 : Mad Max 2
 
Qu'est ce que vous aimez dans les comics ? Les personnages plus grands que nature ? Les plans qui seraient impossibles à tourner avec une caméra ? Vous avez vu (ou revu) Mad Max 2 dernièrement ?
 
La séquelle du film de George Miller a eu le talent de nous proposer une pléthore de personnages charismatiques, de plans hallucinés et de look de déglingués (la costumière avait eu l'excellente idée de se fournir dans les boutiques gay australiennes). Mel Gibson en guerrier de la route désabusé opposé à un bad guy idéaliste a d'ailleurs inspiré de nombreux comics (Tank Girl, Barbwire, Just a Pilgrim) autant qu'il a su emprunter aux personnages hard-boiled de Geoff Darrow ou Frank Miller. Que dire de plus ?
 
En effet, que dire de plus ? Peut-être vous dire que ce Top 5 a été le plus difficile que j'ai eu à faire jusqu'ici vu le nombre de films dont j'aurais aimé parler (et le nombre encore plus important de films que j'ai regardé). Il a cependant fallu faire un choix, mais voilà pêle-mêle quelques uns des malheureux nominés :
 
- Incassable
- Le Géant de Fer
- Tokyo Fist
- L'Aventure Intérieure
- Les Sorcières d'Eastwick
- Matrix
- Les Indestructibles
- Sucker Punch
- Robocop
- Les 5000 Doigts du Docteur T
- L'Epreuve de Force
- Baby Cart
- Demolition Man
- Wicked City
- Predator 2
- Aliens
- The One
- Dogma
- Stake Land

mardi 28 octobre 2014

Retro Review - Jonni Future (Editions Semic)

J'ai déjà clamé bien souvent mon amour des brocantes. Certains regardent Télé-Foot le dimanche matin, d'autres cuvent leur vin en se jurant qu'on ne les y reprendra plus, moi je prends ma besace et je pars à la découverte des patelins du Nord Pas de Calais et des trésors dont les gens veulent se débarrasser. C'est ainsi que j'ai mis la main sur l'album du jour : Jonni Future.
 
Alors que les brocantes, c'est plus souvent "Johnny Passé"
 
Publiée à l'origine en tant que back-up stories de 8 pages dans les pages de Tom Strong's Terrific Tales (une anthologie chez America's Best Comics, la ligne de comics Wildstorm "dirigée" par Alan Moore), l'album concentre l'intégralité des épisodes de la série scénarisée par Steve Moore (aucun lien de parenté avec le Dieu barbu des comics) et dessinée de main de maître par Arthur "Art" Adams.
 
 
La jeune Jonni Ray hérite du manoir de son oncle John - un auteur de romans pulp connu pour avoir écrit les aventures de Johnny Future, l'explorateur spatial - disparu sans laisser de traces. Alors qu'elle explore l'ancienne demeure, elle découvre un pont sur le toit qui ne mène nulle part. Elle n'aura pas le temps de se poser de questions, vu qu'elle rencontre un homme-léopard.
 
 
Ce dernier se nomme Jermal et était le serviteur dévoué de John qui était en réalité Johnny Future et se contentait de raconter ses propres aventures dans ses romans. Le pont sur le toit de la maison sert en fait à voyager jusqu'en l'an 4 milliards. Dans ce futur lointain, la Terre est devenue Le Grand Agrégat. Décédé en mission, John a désigné sa nièce pour reprendre son pistolet laser et sa combinaison moulante afin de devenir le nouveau Jonni Future.
 
Vous l'aurez compris, Jonni Future représente tout ce que j'adore dans les univers de science-fiction car c'est un hommage vibrant à d'anciens comics comme Adam Strange ou à toute un pan de la littérature de SF. Son vaisseau est un poisson. elle se retrouve piégée dans le harem d'un caïd cosmique. Elle affronte une secte nihiliste dédié à la Mort ou encore un collectionneur de lunes. Les titres des différents épisodes ont également un bon parfum de Pulp (Qu'est ce ça sent le pulp ? Le papier jauni) : "La Sorcière à la Fin du Monde", "Le Masque du Charparde-Lunes" ou "Le Pont au-dessus du Temps" sont autant de titres qu'on pourrait trouver dans les bibliographies de Philip K. Dick, Robert Heinlein ou Jack Vance.
 
 
De la même manière, certains concepts de science-fiction sont possible grâce aux dessins. Des aliens s'exprimant non pas avec des mots, mais avec des couleurs ou des Anges de la Mort armés de lances électriques peuplent des histoires où un humour coquin est omniprésent.
 
Art Adams a souvent dit qu'il considérait Jonni Future comme son meilleur travail. Il est en effet si facile de tomber sous le charme de l'héroïne ou de n'importe quelle femme (ou humanoïde de sexe féminin) que les auteurs ne se sont pas faits prier pour allez à fond dans l'exagération. Tout ici est prétexte à une allusion sexuelle allant des fantasmes les plus classiques jusqu'au sexe inter-espèces quand Jermal fantasme sur Jonni. Pourtant, il n'est jamais question à aucune seconde de tomber dans un racolage vulgaire. L'aspect adulte des histoires restent avant un élément plus sexy qu'autre chose.
Jamais vous ne verrez un téton ! C'est étonnant !
 
En résumé, je ne peux pas vous dire d'acheter Jonni Future car vous seriez bien en peine de le trouver dans vos librairies habituelles, mais vous pouvez... vous aussi... prendre votre besace et parcourir les bourses aux livres, les bouquinistes et les brocantes.

mardi 21 octobre 2014

VO-Day : Dr. Who - The Twelfth Doctor #1 (Titan Comics)

Je comprends que beaucoup de gens ait du mal à accrocher à la série Doctor Who... Des années de continuité, un casting qui change souvent, des imbroglios spatio-temporels et ça n'est là que la partie visible de l'iceberg. J'aimerais dire que les comics tirés de la série sont plus accessibles, mais la vérité c'est qu'ils le sont encore moins... Alors, accrochez-vous parce qu'on va aller faire un tour dans le Tardis de notre seigneur du temps préféré.
 
La première difficulté qu'on rencontre en se penchant sur les comics Doctor Who, c'est le nombre de maisons d'éditions qui se sont succédés sur les adaptations. Passons sur les comic-strips de Doctor Who Magazine et sur la flopée de mini-séries qu'avait proposée IDW à partir de 2007 (ce sont les histoires qu'on retrouve dans les albums publiés par French Eyes en France), pour nous intéresser à l'ambitieux projet lancé par Titan Comics il y a quelques mois : publier trois mini-séries chacune consacrée à un Docteur différent.
 
C'est là qu'intervient la deuxième difficulté à comprendre un comics Doctor Who : la continuité. Car contrairement à certaines séries, tout ce qui touche de près ou de loin à notre Gallifreyien d'amour est scrupuleusement analysé par une armée de censeurs qui vérifient que les récits ne contredisent pas le canon officiel. Du coup, si la série télé ne fait aucune référence à sa petite sœur sur papier, cette dernière ne se prive pas pour faire référence à des événements survenus sur le petit écran, sans doute pour que le Whovian acharné sache où placer ce qu'il est train de lire sur la frise chronologique et autres symboles cabalistiques qu'il a peint sur les murs de sa chambre.
 
Nous retrouvons donc Clara et le 12ème Docteur quelques temps après l'épisode The Caretaker et vraisemblablement avant Kill the Moon pour une visite sur la planète glacée de Isen-VI où Clara doit apprendre à skier. Malheureusement, un milliardaire du 25ème siècle a décidé de terraformer les lieux et de les transformer en une jungle tropicale. L'incident aurait pu être sans conséquence si le terrible Hyperios n'avait pas été prisonnier des glaces d'Isen-IV.
 
Le scénario est on ne peut plus classique pour un épisode de Doctor Who dans la mesure où le comics a toujours pu s'affranchir des difficultés budgétaires que peut connaitre la série. En effet, dessiner une jungle ou un monstre de lave coûte moins cher que des les produire dans un studio de télévision.
 
Là où l'écriture de Robbie Morrison est intelligente c'est dans son rendu de la personnalité du nouveau Docteur. Comme beaucoup d'entre vous, je n'avais pas été convaincu à l'annonce de l'arrivée de Peter Capaldi dans le rôle titre de la série... Qu'est ce que j'ai pu être sotte... Son Docteur hargneux et bougon est tout simplement génial. Comme il le dit si bien au milliardaire spatial dans cette histoire, il est "le Docteur qui arrive toujours à temps pour vous sauver mais qui se demande pourquoi il se dérange à le faire."
Parce que c'est la classe
 
Même les dessins de Dave Taylor reprennent bien les mimiques de Capaldi. Tout en sourcils froncés un instant, un regard de père désapprobateur celui d'après.
 
Hélas, si le tandem derrière le comics a su rendre justice à son héros, c'est loin d'être le cas pour les autres personnages. Silhouettes à peine esquissés, dialogues inconsistants, ils ne sont là que pour faire de la place pour le Docteur. Clara n'échappe à cette purge d'ailleurs. Elle ne sert que de prétexte au début du scénario et passe le reste de l'histoire bloqué soit sur la position "sourire" ou sur la position "moue dubitative". Un léger gâchis qui, on l'espère, devrait être réparé dans les numéros à venir.
 


mercredi 15 octobre 2014

Review : Velvet #1 - Avant le Crépuscule (Delcourt)

Je ne crois pas aux coïncidences... Le fait que la sortie du premier tome de Velvet chez Delcourt suive de si peu la sortie de Red Skin chez Glénat ne peut pas être du au hasard... En effet, c'est là un seul et même concept traité de deux façons clairement différentes : celui de la super-espionne sexy.
 
Si la BD de Dorison et Dodson proposait une ambiance "sexy pin-up" gentiment rétro- un genre de OSS 117 au pays des toisons pubiennes à rouflaquettes -, nous avons avec Velvet quelque chose de plus sombre, inspiré de Dashiell Hammett ou Raymond Chandler et du film noir. S'il fallait résumer le feeling à la lecture en un seul mot, je dirais...
 
 
L'auteur derrière Fatale, Incognito ou Criminal n'a jamais caché son amour pour une certaine littérature. Les romans de gare, Lovecraft ou encore Doc Savage ont très certainement leur place sur la table de chevet du scénariste. Une littérature soi-disant bon marché mais qui a le mérite de proposer de l'aventure, du dépaysement et du charme.
 
Tous ces ingrédients se mélangent à merveille dans l'histoire de Velvet Templeton. Secrétaire du directeur de l'Arc-7, une agence d'espionnage remontant à la deuxième guerre mondiale, elle se met à enquêter sur le meurtre d'un de ses anciens amants : le plus grand agent secret du monde. Piégée avant même de s'en rendre compte, la belle devra se battre pour survivre et découvrir la vérité. Heureusement pour elle, son passé de super-espionne lui a laissé de quoi se défendre.
De là à dire que Velvet était "underground", il n'y a qu'un pas
 
L'action se déroule principalement en 1973, même si de nombreux flashbacks dévoile la jeunesse de Velvet, et l'heure est à la guerre froide et tout ce qui fait son charme. Agents doubles, espions russes dissidents, goulags, rendez-vous secrets en plein carnaval, Monte-Carlo, les Bahamas... autant de mots et d'images qui allument à coup sur des souvenirs dans la tête de ceux qui - comme moi - aiment le cinéma tel qu'on le faisait il y a vingt ans.
 

 
D'ailleurs, notre Sean Connery au féminin est un mix glamour entre Emma Peel et La Contessa Valentina Allegra de Fontaine (l'adjointe de Nick Fury dans les comics incontournables de Steranko dans les années 70 NDLR : si vous aimez le pop art, vous DEVEZ lire ces épisodes de Nick Fury) à qui elle emprunte son look capillaire. Les dessins de Steve Epting font de Velvet une femme belle et dangereuse à l'extérieur autant qu'elle est humaine et fragile à l'intérieur. C'est là que le glamour s'arrête...
 
Un dernier shot de glamour pour la route...
 
Comme tous les comics de Brubaker, Velvet baigne dans une ambiance faite d'ombre et de violence. Chaque personnage cache une fêlure en lui et c'est cette blessure qui guide les actes aussi désespérés ou prémédités soient-ils. Une profondeur des personnages qui correspond à une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine. La révélation qui accompagne la fin de ce premier volume nous promet également de nouveaux dilemmes moraux pour notre héroïne.
 
Un nouveau chef d'œuvre à mettre à la liste des paris réussis de Brubaker, mais après tout... les coïncidences n'existent pas...

samedi 11 octobre 2014

En rouge et vert / Arrow Vs. The Flash

Une bonne série, c'est pas si facile à faire. Si les films de super-héros sont devenus de plus en plus ambitieux allant jusqu'à se faire rencontrer des dizaines de personnages et à créer un univers partagé, leurs petits frères télévisuels se lancent à leur tour dans la continuité télévisuelle. Annoncé depuis la 2ème saison de Arrow, The Flash - le spin-off consacré à l'Eclaire Ecarlate - débarque avec son pilote alors que sa série mère se lance dans sa troisième saison.
 
 
Qui de l'éclair ou de la flèche frappera sa cible en plein cœur ? Pour vous répondre, j'ai décidé de lancer une compétition entre les deux shows. Comme tout le monde le sait, une bonne série a énormément de points communs avec un bon shoot them up... Quoi ?... Non ? J'invente cette règle de manière complètement aléatoire... Vous croyez ? ... Tout ça pour pouvoir décerner des points Arrow Flash ? Vous me prenez pour qui ? ... Bon... Ok...
 
Par le pouvoir du placement de produit
 
Round #1 : L'histoire
 
Comme tout le monde le sait, un bon shoot a toujours une histoire intelligemment écrite... Bon ok, j'arrête...
 
Un season premiere, c'est l'occasion de prendre une nouvelle direction, de tester des choses qui n'ont pas encore faite. Oliver Queen démarre donc cette saison en se jetant dans les bras de Felicity (enfin...), heureux d'être devenu un héros reconnu. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un nouveau Comte Vertigo (parce que visiblement on n'avait pas le droit d'utiliser l'Epouvantail à cause de Gotham) et une menace aussi mystérieuse que mortelle plane sur Starling City, l'archer vert et ses amis.
En plus, ils avaient déjà piqué d'autres idées à Batman (ici un plan du film de Tim Burton)
 
Du côté de Central City, un serie premiere est un exercice bien plus délicat car il faut savoir donner envie. De plus, l'exercice est d'autant plus délicat que les concurrents pullulent cette année. Force est de constater que Barry Allen s'en tire avec les honneurs ici... ou presque. J'ai apprécié l'ambiance et le développement du personnage jusqu'à ce que je me rende compte que j'étais en train de revoir le début d'un Spider-Man, plateau de nourriture tombant au ralenti compris dans le package.
 
1 point Arrow Flash décerné à : Arrow
 
Round #2 : la réalisation
 
Ce round ira assez vite. En effet, Arrow ne nous propose pas grand chose de nouveau en ce qui concerne la mise en scène. En même temps, on ne change pas une formule qui gagne et les exploits d'un archer sont plus simples à montrer que ceux d'un bolide humain. D'ailleurs ces scènes ont beau être soignés, la bonne surprise reste ce moment où Barry examine une scène de crime en mode très "Sherlock".
On dirait trop qu'il regarde le logo de la chaine
 
1 point Arrow Flash décerné à : The Flash
 
Round #3 : l'atout charme
 
Désolé mais ni l'Iris-West-black-pour-montrer-qu'on-est-une-série-ouverte ni la geekette-qui-a-un-faux-air-de-Felicia-Day n'ont su supplanter les lunettes, l'air coincé mais surtout le charme discret et intense à la fois de ma chouchoute Felicity Smoak.
 
 
1 point Arrow Flash décerné à : Arrow
 
Round #4 : les références
 

C'est là le seul point où je peux faire un vrai parallèle entre les deux séries du jour et Arrow Flash le jeu. En effet, le shoot à scrolling horizontal contenait de nombreuses références à la série des Gundam et à Macross. Ici, ce sont les clins d'œil à l'univers DC qui sont légions. Ray Palmer (alias Atom) pointe le bout du nez de Brandon Routh (le Superman de Bryan Singer) à Starling City alors que ce ne sont pas moins que Vibe, Killer Frost, Gorilla Grodd, Reverse Flash, Ferris Air et pléthore d'autres personnages ou institutions connues qui font du pied au téléspectateur fan de comics. Cerise sur le gâteau : la présence de John Wesley Shipp (le papa de Dawson, mais surtout le Flash de la série des années 90) dans un rôle récurrent, celui de Henry Allen, le père du héros injustement emprisonné.

Point Arrow Flash décerné à : The Flash
 
Si vous saviez depuis combien de temps je voulais utiliser cette photo
 
Match nul donc entre les deux séries, mais c'est un peu logique. Un crossover devrait obliger les deux héros à unir leurs forces et on ne peut que se demander qui saura menacer en même temps le monde très "réaliste" de Arrow et celui de The Flash et de ces surhommes. En tous cas, on reste devant nos écrans les Sidekicks.