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lundi 21 avril 2014

Review : Locke and Key - Alpha et Omega

Cher livre,
 
Oui, c'est bien à toi que je parle
 
Je me suis demandé à qui je devais adresser cette lettre ouverte. A tes auteurs Joe Hill et Gabriel Rodriguez ? J'aurais pu les féliciter pour le travail accompli et les invectiver pour ne pas avoir continué ton histoire. J'aurais pu aussi écrire à tes personnages ? Depuis un an que je fréquente Tyler, Kinsey et Bode Locke, je me sens un peu comme un membre de la famille... sauf que je ne suis ni alcoolique, ni homosexuel... Et puis j'ai réfléchi... La réponse était évidente en fait. C'est de toi que je me souviens. De la première fois que je t'ai tenu dans mes mains, de la première fois que je t'ai lu... des autres lectures et relectures qui ont suivi. C'est avec toi que j'ai eu cette relation alors c'est à toi que je veux parler aujourd'hui.
 
Pas alcoolique à ce point-là en tous cas
 
C'est jamais facile une histoire qui se termine. Surtout quand l'histoire est bonne. La tienne l'était. On guettait l'arrivée de chaque nouvelle clé, on se demandait quel serait le pouvoir de la prochaine, on croisait les doigts pour que Dodge ne s'en empare pas. Tout ça était d'une intelligence folle. Des supers-pouvoirs... mais pas de super-héros... De la magie... mais pas de magiciens... De l'horreur, de la tension, du drame, de l'émotion... mais bien souvent des moments de plaisir, d'humour, du bon délire. Locke and Key... tu es un tourbillon, une relation qui se renouvelait sans cesse. Qu'attendre alors de ton dernier tome, celui qui devait conclure et ne plus changer la donne ? Un cataclysme... Une lutte farouche entre le Bien et le Mal. La vérité qui éclate et balancent des éclats de franchise comme des shrapnels. Des héros qui n'en sont pas mais qui savent se dresser quand l'heure est venue. Des mises à morts d'autant plus macabres qu'elles affectent... Non, je vais les laisser découvrir par eux-mêmes. Oui, voilà exactement ce que tu m'as donné pour cet ultime voyage à Key House.
 
 
Et tu étais beau ! Je ne sais pas quelle tête a ton père - Gabrielle Rodriguez - mais ce que je sais, c'est que c'était un voleur. Il a pris toutes les couleurs du monde pour les mettre dans tes pages. Comment un conte (oui, je parle de conte quand je parle de toi) aussi sombre peut-il être aussi coloré ? Comment des personnages si parfaits - parfaits dans le sens où on peut tous les comprendre pas pour leur cirer les pompes - peuvent dissimuler des fissures si profondes ?
 
Oh mais pour dissimuler une fissure, rien ne vaut une jolie Couronne des Ombres
 
Oh bien sur, on a nos moments de désaccords. J'avais reproché à tes tomes 3 et 4 d'être "en dessous" du reste narrativement parlant. J'ai été bien sot et je le reconnais aujourd'hui. Ces moments difficiles étaient nécessaires. Ils avaient leur rôle à jouer dans ton histoire. Je le vois maintenant. Tu avais un plan depuis le début. Bravo, tu m'as complétement dupé. Par contre - et ne le prends pas mal - je ne comprends toujours pas pourquoi le tome 4 est blanc. Traite-moi de maniaque si tu veux, mais je trouve que ça dépareille dans la collection. Je te pardonne quand même.
 
Non, mais sérieux...
 
Quelle va être la suite maintenant ? Il reste bien une espèce de hors-série inédit en France, mais ça m'étonnerait que ça soit suffisant pour compenser l'absence... La série TV est restée à l'état de projet... On parle d'une trilogie de films, mais tu sais aussi bien que moi ce qu'Hollywood a fait à ceux de ton espèce. On en reste là alors ?
 
En plus, il pourrait te refiler à Zack Snyder
 
NON ! Tu ne pars pas ! Non mais regarde-toi. On aime la même musique, les mêmes films, les mêmes auteurs. Tu me l'as souvent montré via quelques subtiles allusions au fil des pages. Tu m'as redonné l'envie d'écrire aussi. Tu m'as montré que toutes les bonnes idées n'avaient pas encore été trouvées et que les idées les plus folles ne l'étaient peut être pas tant que ça. Et puis je t'ai présenté à mes amis et à ma famille et ça, ce n'est pas rien. Tout ça pour dire que quand on change les gens, on a une dette envers eux et vice versa.
Et on les garde gravés en soi
 
Je me posais la question "Qu'est ce qu'on fait quand une histoire est finie ?", mais les histoires ça ne se finit pas... jamais... On les reprend du début et on les regarde pour ce qu'elles sont. On cherche le détail qu'on n'avait pas vu la fois d'avant parce qu'on est forcément passé à côté de quelque chose, sinon on ne te relirait pas. Locke and Key, tu resteras dans ma bibliothèque. Si la civilisation s'écroule demain, je te fous dans un bunker parce que les générations futures auront besoin de te lire. Tu ne prendras pas la poussière... Il y aura toujours des moments où je me plongerais dans tes mots, dans tes images. Tu seras là pour le voir, j'en suis convaincu.
"Amen"...
 
J'ai une dernière question. Qu'est ce qu'on fait quand un article est fini ? On relit Locke and Key bien sur.
 


jeudi 12 septembre 2013

Review : Locke and Key (Milady Graphics)

Avant-propos : cette review a été rédigée suite à la lecture des deux premiers tomes de Locke and Key. Je me suis souvent amusé à spoiler dans la bonne humeur, mais ici je vais tenter d'en révéler le moins possible afin de ne gâcher le plaisir de lecture de personne.
 
 
J'ai honte... Profondément honte... Comment ai-je pu passer à côté de ce petit bijou si longtemps ? Car oui, Locke and Key est un bijou. Une façon de faire du neuf avec du vieux et si Stephen King a su mettre en ébullition l'imaginaire des fans de fantastique dans les années 90, son fils Joe Hill, scénariste de la saga, va surement enflammer celles des aficionados de l'étrange contemporains. Lancée en 2008 chez IDW Publishing, la série a déjà remporté une demi-douzaine de prix dont deux Eisner Awards (récompense correspondant aux Oscars pour le comics).
 
Et ça, encore c'est soft !
 
 
Parlons de l'histoire. La famille Locke emménage à Keyhouse, la demeure ancestralement familiale suite à une tragédie qui a couté la vie au patriarche Rendell Locke, conseiller d'orientation abattu par un élève dérangé à qui il a voulu venir en aide. Ce drame initial, d'une violence et d'une perversité aussi malsaine que peu révélée, a laissé de profondes cicatrices émotionnelles chez les survivants Locke : Nina et ses trois enfants Ty, Kinsey et Bode.
 
Et quand je parle de tragédie, je devrais dire "Motherfuckin' trauma"
 
Tentant péniblement de remettre les morceaux brisés de leur vie en place et suivant la dernière volonté de Rendell, l'emménagement à Keyhouse sera l'occasion pour le jeune Bode de découvrir une clé étrange qui, dans la bonne serrure, lui confère le pouvoir de se transformer en fantôme. Et ce n'est là que le début de l'aventure. d'autres clés ayant toute un pouvoir différent sont disséminées dans le manoir et de sombres forces aimeraient s'en emparer dans un but qu'on ne peut que s'imaginer comme étant des plus funestes.
 
Contemplez le Mal à l'état pur !
 
Clé fantôme, clé téléporteuse, clé permettant d'ouvrir les esprits ou de changer de sexe, les trouvailles s'enchainent et chacune d'entre elles amènent un peu plus de magie. Car c'est de cela que nous parlons, de magie ! Basé sur un canevas ultra-convenu : la découverte d'un objet/endroit magique dans une demeure dans laquelle on emménage (les Narnia, Chroniques de Spiderwick et autres Coraline en sont autant d'exemples), Hill a le coup de génie d'insuffler une touche foutrement glauque et adulte dans cette atmosphère de conte de fée. Viols, meurtres, alcoolisme, sexe, folie sont autant d'éléments qui viennent nous rappeler qu'il n'y a ni prince, ni bonne fée qui viendront sauver la situation et qu'au vu des progrès de "l'ennemi" dans les deux premiers volumes, les "bons" vont rapidement avoir chaud aux fesses.
 
Mais garderons la tête froide !
 
Les dessins de Gabriel Rodriguez se font alors le reflet de cet état d'esprit. Mi-enfantin, mi-dark, l'artiste a su s'approprier l'univers qu'on lui a demandé de dépeindre et la plus-value que cela ajoute est des plus réjouissante. Sa gestion des flashbacks est en outre hyper classieuse (mais ça je vous laisse le découvrir).
 
Souvenez-vous de ce que je disais sur les fées quelques lignes plus haut
 
La narration est aussi intéressante et s'appuie sur une technique digne des séries TV (notamment American Horror Story : Murder House). Dans le premier tome, chaque épisode se concentre sur un personnage en particulier avec moult flashbacks et changement de point de vue sur une même scène. Il n'est du coup pas étonnant de savoir qu'un pilote (réunissant quand même Miranda Otto et Nick Stahl au casting ainsi que Steven Spielberg à la production) a été diffusé au Comic-Con de San Diego en 2011, bien qu'on soit encore sans nouvelle d'une potentielle suite.
 
- Mais qu'est ce qui t'arrive Bode ? Pourquoi tu pleures ? Tu veux plus passer à la télé ?
- Si mais tu crois que si on devient une série, je deviendrais aussi pénible que Carl ?
 
Je pourrais encore vous parler des personnages qui sont tous attachants (même l'antagoniste principal a cet espèce de charme maléfique), ou vous dire qu'il ne faut pas attendre que la série soit achevée ou devienne un nouveau phénomène télévisuel à la Walking Dead pour vous y intéresser. Je pourrais vous expliquer les mystères qui vous obséderont tant que vous n'aurez pas toutes les réponses. Je pourrais citer les références à Lovecraft, à Shakespeare à la pop des années 80... Pourtant je ne dirais rien de tout ça. J'ai parlé à quelqu'un de mes impressions à la fin de la lecture du premier tome et je pense que le texto que j'ai envoyé résumera en 6 mots ce que j'essaie de vous comprendre depuis le début de cette review.
 
Et aussi des références à Jurassic Park
 
 
Locke and Key : Love and Kiff !